Un Dieu juste et bon (Prédication du 10 janvier 2010)

Publié le 10 Janvier 2010

berger-guerrier.jpgLecture biblique : Esaïe 40.1-11 

Quel lien y a-t-il entre ces deux personnages ? Un berger et un chef de guerre... Pourtant, le Seigneur est comparé aux deux dans ce texte !

Comment peut-il être les deux à la fois ? Est-ce un Dieu a double visage, imprévisible ? Ou y a-t-il là deux aspects essentiels, et complémentaire, de la nature de Dieu ?


Consolez mon peuple...

Le chapitre 40 marque le début de la deuxième grande section du livre d'Esaïe. A cause de ses premières parole, on l'appelle parfois le livre de la consolation d'Israël. « Consolez, consolez mon peuple... »

Il y a besoin de consolation parce que Juda est en exil. Privé de la terre promise, loin de Jérusalem et du temple, d'ailleurs détruit. La question pouvait même se poser : Dieu a-t-il abandonné son peuple ? 

Non, Dieu n'a pas abandonné son peuple. L'exil était nécessaire... parce que Dieu est juste et parce que le peuple doit bien un jour supporter les conséquences de sa désobéissance et de son infidélité... Mais Dieu aime son peuple, et ses promesses demeurent. Il ne l'abandonnera pas.

La fin de leur épreuve est pour bientôt, ils ont payé le prix de leur faute, le temps du retour est proche. S'il y a une consolation possible, ce n'est pas grâce aux hommes : ils ne valent pas plus que l'herbe qui se dessèche et la fleur qui se fane.
 
Mais c'est grâce à la parole du Seigneur qui, elle, subsiste à jamais. Et cette parole annonce le retour, la restauration, la fin de l'épreuve, des bonnes nouvelles, avec une promesse : votre Dieu est là !


Votre Dieu est là !

Et ce Dieu qui est là, Esaïe nous le décrit par deux images, aux versets 10-11 :
- Un puissant chef militaire qui assure la victoire sur les ennemis. 
- Un berger plein de bienveillance qui prend soin avec tendresse de ses brebis.

Paradoxales au premier abord, ces deux images se complètent. Dieu est à la foi saint, juste, puissant et patient, doux, bon.

Dieu n'est pas un père fouettard, exerçant une justice froide et implacable. Mais il n'est pas non plus un Dieu à l'eau de rose, le « bon Dieu » pour qui tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil...

Il est à la fois tout entier amour et parfaitement juste. Et nous avons besoin d'un Dieu juste et bon !

Un Dieu animé de bons sentiments ne servirait à rien ! Nous avons besoin d'un Dieu saint et juste pour combattre notre ennemi, pour vaincre le mal et nous assurer la victoire. Car il y a bien un ennemi redoutable. Si nous le laissons agir le mal détruit tout, en nous, autour de nous, par nous... 

Mais un Dieu qui ne serait qu'un grand justicier serait terrifiant. Car tous nous serions sous le coup de sa justice, nul n'en échapperait, aucune issue ne serait possible. Nous serions perdus. 

« Votre Dieu est là ! » C'est lui, le Dieu qui sauve ! Le Dieu saint, juste et puissant, le Dieu patient, doux et bon.


Jusqu'à la croix

Alors oui, ces paroles s'appliquent d'abord au contexte des auditeurs d'Esaïe. L'exil touche à sa fin, le Seigneur interviendra et ramènera son peuple dans le pays promis. 

Mais la perspective est plus large. On ne peut s'empêcher de voir des prolongements dans le Nouveau Testament...
 
On invite Sion a proclamer la bonne nouvelle. En grec, la langue du Nouveau Testament, ça se dira Evangile... « Votre Dieu est là... », c'est Emmanuel, Dieu avec nous, pleinement accompli avec l'incarnation du Fils de Dieu. 

La double image du chef de guerre victorieux et du berger nous conduit jusqu'à la croix du Christ
Le Nouveau Testament nous présente le Christ comme celui qui a triomphé du mal par sa mort sur la croix et il est le bon berger qui donne sa vie pour ses brebis...

La croix du Christ est le lieu de rencontre ultime de l'amour et de la justice de Dieu. L'amour parce que Dieu a donné son Fils, parce que le Fils a accepté de donner sa vie pour nous. La justice parce que la mort du Christ est un sacrifice expiatoire, qui porte notre péché, qui satisfait à la justice de Dieu. Le salaire du péché c'est la mort. 

Parce que Dieu est amour et justice, il y a eu la croix. Et parce que Dieu est amour et justice, le salut est possible. Dieu peut déclarer juste ceux qu'il aime tout en restant juste. Le Christ, parfait, innocent, a payé pour nous, pécheurs. 


Conclusion

Nous avons besoin d'un Dieu juste et bon, un Dieu à la main de fer dans un gant de velours. 

Un Dieu qui allie la force d'un chef de guerre puissant à la douceur d'un berger qui prend soin de ses brebis. Un Dieu qui délivre et qui protège, qui remporte la victoire et qui prend soin de nous.

Voilà notre Dieu. Celui qui a délivré son peuple de l'exil. Celui qui a donné son Fils pour nous. Celui dont la Parole subsiste toujours.


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question.jpgPour aller plus loin...
Désormais, je proposerai à la suite de mes prédications, une ou deux questions pour vous permettre de prolonger la réflexion, soit individuellement, soit en petit groupe. Une question pour un approfondissement biblique ou théologique, une autre pour une réflexion personnelle.
 
Question biblique
Au début de ce passage, Dieu veut consoler son peuple, il veut parler à son coeur. On pourrait s'attendre à ce qu'il parle avec douceur, presque en chuchotant à l'oreille. Or, partout dans ce texte on crie (v.2,3,6,9). 
Qui crie ? A qui ? Et pourquoi ? 
Parcourez le livre d'Esaïe et relevez les différents cris qu'on y trouve. Que pensez-vous de tous ces cris par rapport à ceux que l'on rencontre ici ?

Question personnelle
Parmi les deux images de Dieu aux v.10-11 laquelle se rapproche le plus de votre vision de Dieu ? Dans quel domaine de votre vie avez-vous besoin du Seigneur décrit par l'image du v.10 ? Et celle du v.11 ?


Rédigé par Vincent

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