L'autorité de Jésus

Publié le 16 Décembre 2012

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Lecture biblique : Marc 4.35-5.20

Quelle histoire ! La petite escapade de Jésus et ses disciples chez les Géraséniens n'a rien d'une sinécure... 

Un beau jour, Jésus décide d'aller faire un tour en terre païenne : "Allons de l'autre côté du lac !" Il ne donne pas d'explication, mais tout le monde se met en route.

La traversée est mouvementée. Les embarcations se retrouvent en pleine tempête et le voyage tourne au cauchemar pour les disciples qui croient voir arriver leur dernière heure ! Et pourtant plusieurs d'entre eux sont des pêcheurs, ce n'était pas leur première tempête... Mais d'une seule parole Jésus calme la tempête !

La traversée terminée, ils débarquent dans le pays des Géraséniens. Et ils sont reçus par un drôle de comité d'accueil : un homme, sans doute hirsute et au corps meurtri, court vers eux en sortant du cimetière ! Un démoniaque... Et quel démoniaque ! Possédé par une armée de démons... Mais les démons sont soumis à Jésus et ils négocient avec lui pour être envoyé dans un troupeau de cochons. Et c'est bien ce qui arrive, avec tout le troupeau des 2000 cochons qui se jettent dans la mer... 

On ne peut pas dire que Jésus et ses disciples soient restés en villégiature puisque la population locale, effrayé par ce qui s'est passé, lui demande avec insistance de quitter le pays et retourner chez lui. 

Ainsi se termine la "petite escapade" de Jésus chez les Géraséniens...

 

L'autorité de Jésus 

Les deux récits sont liés. La tempête apaisée et la guérison du démoniaque témoignent de l'autorité absolue de Jésus-Christ. Par son aspect incontrôlable, parfois terrifiant, la mer est associée aux puissances maléfiques. Les embarcations du temps biblique n'était pas aussi sûres que les paquebots actuels (et encore...). Combien de marins ont péri en mer ! 

Dans le symbolisme biblique, la mer est perçue comme le refuge des esprits mauvais. Dans l'Apocalypse, la première bête sort de la mer. Et ici, dans notre récit, c'est dans la mer que se précipitent les cochons possédés par les démons. 

Autrement dit, Jésus apaisant la tempête et Jésus délivrant le démoniaque sont deux faces de la même pièce. Il est Celui qui détient l'autorité absolue, le vainqueur des forces du mal. Ce double récit affirme la suprématie de Jésus-Christ sur le monde des esprits mauvais. 

Ce double récit est l'occasion d'une affirmation forte sur la divinité du Christ. Une autorité divine que les démons eux-mêmes reconnaissent. Alors que le démoniaque est incontrôlable et dangereux, pour lui-même et pour ceux qui s'approchent de lui, il vient se jeter aux pieds de Jésus. Les démons reconnaissent l'autorité de Jésus et l'affirment par la bouche du démoniaque : "Jésus, Fils du Dieu Très-Haut, qu'est-ce que tu me veux ?" (v.7). 

Mais les disciples, eux, n'ont pas encore vraiment compris. Pour preuve, leur interrogation après l'épisode de la tempête apaisée : "Qui donc est cet homme ? Même le vent et l'eau lui obéissent !" (v.41)

Même en côtoyant Jésus, même en étant auditeurs privilégié de son enseignement et témoins de ses miracles, les disciples n'arrivaient pas à comprendre qui il était. Nous ne valons pas mieux qu'eux... et malgré peut-être nos années de vie chrétienne, nos expériences avec le Seigneur et notre connaissance de la Bible, savons-nous vraiment qui il est ? Partiellement, au moins, je l'espère ! Mais n'est-il pas toujours plus que ce que nous pouvons comprendre ? Plus grand, plus mystérieux, insaisissable... Il est Dieu !

 

La peur des hommes

Ce double récit est fait de contrastes. Face à l'autorité absolue de Jésus, les hommes sont marqués par la peur. Il est beaucoup question de peur dans ces récits. Celle des disciples au coeur de la tempête et celle des Géraséniens devant le démoniaque guéri. Sans compter celle présente aussi dans l'interrogation sur Jésus dans la barque : "Qui est cet homme ?". Ou celle qui accompagnait sans doute le démoniaque partout où il se rendait, vivant dans le cimetière et doté d'une force surpuissante. 

De quoi les hommes ont-ils peur ? De ce qu'il ne comprennent pas ou ne maîtrisent pas.

Ils ont peur de la tempête, parce qu'il ne peuvent pas l'arrêter et qu'elle menace de les engloutir. Ils ont peur du démoniaque parce que même avec des chaînes ils n'arrivent pas à le maîtriser. Et parce que son mal est lié à des puissances surnaturelles qui échappent à leur contrôle. Ils ont peur devant la puissance et l'autorité manifestée de Jésus-Christ, parce qu'ils n'ont jamais vu ça. Ils ont peur parce que le démoniaque est redevenu normal ! Parce qu'ils ne s'y attendaient pas !

Nous avons peur de ce que nous ne connaissons pas, de ce qui échappe à notre contrôle. Nous avons peur de ce qui nous est étranger. Jésus est un étranger pour les Géraséniens. "Quitte notre pays !" On ne veut plus de toi...

Quelles sont nos peurs ? Notre vie n'est-elle pas parfois comme cette tempête : agitée, angoissante, hors de contrôle ? Ou comme celle de ce démoniaque : enchaînée, dans l'autodestruction ?

Mais Jésus le dit à ses disciples affolés qui le réveillent au milieu de la tempête : 

« Pourquoi est-ce que vous avez peur ? Vous n'avez donc pas encore de foi ? » (v.40)

Nos peurs, légitimes ou irrationnelles, trouvent leur réponse dans la foi. La confiance en Dieu au milieu de la tempête, la confiance en Celui qui détient l'autorité absolue et à qui tout esprit est soumis. 

 

La paix du Christ

Si la peur des hommes, sous différentes formes, est très présente dans ce double récit, quel contraste avec la paix du Christ ! A la fois la paix qu'il manifeste et la paix qu'il donne. 

La paix de sa confiance au sein de la tempête : il dort. La paix de la tempête apaisée, par une seule parole du Christ. La paix retrouvée du démoniaque délivré, véritable mort-vivant habitant parmi les tombes, il est revenu à la vie normale. 

La paix du Christ est plus forte que toute l'agitation du monde. Aucun adversaire, naturel ou surnaturel, ne peut s'opposer à lui. Jésus ne craint aucun danger. Ni la mer démontée ni une armée de démons. Et nous n'avons aucune crainte à avoir non plus, si nous sommes avec le Christ ! Ce sont les démons qui ont peur. 

Le monde spirituel existe. Aujourd'hui encore. Il faut être vigilant et ne pas jouer avec le feu. Mais nous n'avons pas à en avoir peur. Jésus-Christ est plus fort ! Si nous sommes dans la barque avec Jésus-Christ, nous n'avons rien à craindre ! Même si la tempête se déchaîne autour de nous... Ne manquons pas de foi !

Les démons sont soumis au Christ. Ce n'est pas à nous de les chasser ou de les combattre. C'est au Christ de le faire. La lumière chasse les ténèbres. Si nous vivons dans la lumière du Christ, les ténèbres ne peuvent pas nous atteindre !

 

Conclusion

L'escapade de Jésus et ses disciples dans le pays des Géraséniens a réservé bien des surprises ! Les disciples ont été confronté à un aspect de Jésus qu'ils ne connaissaient pas encore. Un démoniaque, craint de tous, a fait son retour parmi les hommes. Mieux encore : il est désormais un témoin vivant de la puissance du Christ. C'est sa mission reçu de Jésus lui-même : « Retourne chez toi, dans ta famille. Raconte tout ce que le Seigneur a fait pour toi et comment il a eu pitié de toi. » (v.19)

Malgré les tempêtes de la vie, les adversaires naturels ou surnaturels sur votre route, n'hésitez pas à monter dans la barque avec Jésus-Christ. Vous n'avez rien à craindre : sa paix est plus forte que toute l'agitation du monde !

Rédigé par Vincent

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