Se préparer à sa venue
Publié le 9 Décembre 2012
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Lecture biblique : Luc 3.1-9
Chaque année, en cette période de l'année, nous rappelons la venue du Fils de Dieu sur terre. Et Jean-Baptiste est un personnage incontournable du temps de l'Avent : son ministère était de préparer la venue du Christ.
Comment continuons-nous de percevoir l'appel de Jean-Baptiste ? Comment, chaque année, et peut-être même chaque jour, nous préparons-nous à accueillir celui qui est venu sur terre il y a 2000 ans ?
Se préparer aujourd'hui
L'appel de Jean-Baptiste a retenti pour la première fois il y a 2000 ans. Luc le situe précisément dans l'histoire. C'est d'ailleurs une spécificité de Luc. Dès le début de son évangile, il évoque ses recherches pour rédiger son ouvrage. Il fait à plusieurs reprises référence à des personnages historiques pour situer les faits qu'il relate.
Il a le souci de montrer que son récit n'est pas un mythe, une histoire inventée ou romancée. C'est même l'événement historique le plus important de toute l'histoire de l'humanité : la venue du Fils de Dieu sur terre, sa vie, son enseignement, ses souffrances, sa mort... et sa résurrection.
Chaque évangile le raconte à sa façon, portant des regards différents, décrivant de manière différente le même événement historique. C'est la même lumière de l’Évangile, vue par le prisme de quatre évangélistes.
Cet ancrage dans l'histoire est essentiel pour notre foi. Il témoigne d'un Dieu qui s'incarne dans notre histoire, un Dieu qui n'est pas un simple concept philosophique.
L’Évangile est ancré dans l'histoire pour pouvoir s'ancrer dans nos histoires ! La Bonne Nouvelle, c'est la mort et la résurrection du Christ... mais c'est aussi le Saint-Esprit qui vient habiter le croyant et transformer des vies ! Nos histoires de foi participent à l'histoire de l’Évangile.
Entendre Jean-Baptiste annoncer la venue du Messie, c'est entendre aujourd'hui encore une invitation à accueillir le Christ vivant dans notre vie.
Se préparer à une surprise
Jean-Baptiste est donc venu pour préparer la venue du Messie. Et la manière de Jean, c'est un peu la manière forte. Celle d'un prophète... aujourd'hui on dirait presque un illuminé (voyez la description que les autres évangile, en particulier Mathieu fait de lui...) ! Et puis il y a son langage direct, sans langue de bois ni fioritures ! Un appel radical.
Pour Luc, et les évangélistes, Jean-Baptiste est l'accomplissement de la prophétie d'Esaïe. Pourtant cette prophétie demandait-elle une telle radicalité ? Ça ne saute pas aux yeux à la première lecture...
Alors que le texte d'Esaïe se termine par "tous verront le salut de Dieu", Jean-Baptiste commence son discours par le cinglant : "Espèce de vipères ! La colère de Dieu va venir, et vous croyez que vous pouvez l'éviter ?"
Jean-Baptiste est dans l'urgence. Ses mots sont durs parce qu'il est persuadé d'annoncer un jugement imminent. On a presque l'impression qu'il annonce la fin du monde ! Regardez le verset 9 : "Déjà la hache est prête à attaquer les racines des arbres. Tous les arbres qui ne produisent pas de bons fruits, on va les couper et les jeter dans le feu !"
S'est-il trompé ? Oui et non ! Mais on ne peut pas lui en tenir rigueur. Pour lui comme pour n'importe quel autre croyant de son temps, la venue du Messie impliquait le jugement. La repentance, le retour à Dieu, était la seule façon de s'y préparer.
Jean-Baptiste avait raison d'annoncer la venue imminente du Messie et le jugement qui y était associé. Mais il ne pouvait imaginer la façon dont Dieu avait décidé d'exercer son jugement. Car le jugement est bien venu avec Jésus. Mais il a accepté d'endosser lui-même ce jugement. Pour nous. La hache était bien prête à couper l'arbre... mais c'était pour en faire une croix sur laquelle allait mourir, pour nous, le Fils de Dieu !
Mystérieux plan de Dieu... Son projet ne s'accomplit pas toujours comme on s'y attend. Il y a là une leçon pour nous, une invitation à l'humilité. Ne limitons pas le projet de Dieu à la vision que nous en avons !
Demain ne sera probablement pas comme on l'imagine... c'est vrai pour notre monde, pour votre Église, pour votre vie. Mais nous pouvons nous y engager avec confiance, prêts à nous laisser surprendre par le Seigneur.
Se préparer à changer
Il faut le souligner, Jean-Baptiste avait de toute façon raison d'appeler à la repentance. C'est toujours la bonne façon de se préparer à l’œuvre du Seigneur... si on comprend bien de quoi il s'agit !
Le mot repentance est désormais traduit dans les versions modernes par "changement de vie" ou "changement radical". Et c'est une bonne chose, parce que le terme grec, metanoia, implique beaucoup plus que le regret ou le remord. Il implique un changement de pensée, de perspective, de vie.
Pour accueillir la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ, il faut changer. La metanoia est la clé d'entrée dans le Royaume de Dieu. Elle est aussi le mode de pensée indispensable du disciple du Christ. Une ouverture d'esprit, une disponibilité pour le changement, la remise en question.
Il ne nous faut pas devenir comme tous ceux que Jean-Baptiste fustigeait, ceux qui se croyaient hors d'atteinte parce qu'ils avaient Abraham pour ancêtre. Ne soyons pas de ceux qui se croient hors d'atteinte, ou qui pensent toujours avoir raison, parce qu'ils sont chrétiens, parce qu'ils sont baptisés ou parce qu'ils vont au culte tous les dimanches !
Dieu veut continuer de changer votre vie ! Il veut continuer de changer votre Église. Car son Royaume n'est pas une réalité statique mais en mouvement, en croissance. Et pour que cela soit possible, nous devons garder cet état d'esprit de repentance, de changement de vie... pour nous laisser interpeler par le Seigneur.
Conclusion
Il est probable que Jean-Baptiste n'ait pas pleinement perçu combien ce qu'il annonçait était une bonne nouvelle. Il préparait la venue du Messie. Cela, il avait dû le comprendre... mais il pensait précéder un terrible jugement. Le jugement est bien venu avec Jésus-Christ mais il est retombé sur lui, à notre place.
Qui peut savoir ce que le Seigneur nous réserve demain ? Mais nous savons que nous sommes dans la main du Seigneur... Si nous restons ouverts au changement, prêts à nous laisser remettre en question, si nous nous laissons imprégner de l'esprit de repentance, la metanoia, alors il se pourrait bien que de belles surprises nous attendent !
Et ça, c'est une bonne nouvelle !
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