Elisée et la Shounamite - 1er épisode
Publié le 4 Juillet 2010
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2 Rois 4.8-17
Un jour Élisée passait par Sunem. Il y avait là une femme de distinction, qui le pressa d'accepter à manger. Et toutes les fois qu'il passait, il se rendait chez elle pour manger. Elle dit à son mari : Voici, je sais que cet homme qui passe toujours chez nous est un saint homme de Dieu. Faisons une petite chambre haute avec des murs, et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et un chandÉlier, afin qu'il s'y retire quand il viendra chez nous.
Élisée, étant revenu à Sunem, se retira dans la chambre haute et y coucha. Il dit à Guéhazi, son serviteur : Appelle cette Sunamite. Guéhazi l'appela, et elle se présenta devant lui. Et Élisée dit à Guéhazi : Dis-lui : Voici, tu nous as montré tout cet empressement ; que peut-on faire pour toi ? Faut-il parler pour toi au roi ou au chef de l'armée ? Elle répondit : J'hab
Et il dit : Que faire pour elle? Guéhazi répondit : Mais, elle n'a point de fils, et son mari est vieux. Et il dit : Appelle-la. Guéhazi l'appela, et elle se présenta à la porte. Élisée lui dit : A cette même époque, l'année prochaine, tu embrasseras un fils. Et elle dit : Non ! mon seigneur, homme de Dieu, ne trompe pas ta servante !
Cette femme devint enceinte, et elle enfanta un fils à la même époque, l'année suivante, comme Élisée lui avait dit.
Elisée était un grand prophète, disciple et successeur d'Elie. Il se déplaçait par toute la Samarie, en parfois même au-delà, et apportait des messages de la part du Seigneur. Souvent, le Seigneur accomplissait aussi des miracles par sa main. Sa réputation était grande. Son influence aussi. Il avait ses entrées auprès du roi. Il était écouté... et même redouté.
Ayant un ministère itinérant, il était dépendant de l'hospitalité des gens qu'il rencontrait. Un jour qu'il passait par Shounem, dans la vallée de Jizréel, au nord de la Samarie, il fut hébergé chez une femme de haut rang. Et il a visiblement bien été accueilli puisqu'il logera chez cette femme chaque fois qu'il repassera dans la région. On va même lui construire une chambre exprès pour lui.
Elisée était reconnaissant et voulait, en retour, offrir un cadeau à cette femme. Peut-être pourra-t-il lui faire profiter de l'influence qu'il a auprès du roi... Mais elle refuse. Il faut comprendre sa réponse : « J'habite au milieu de mon peuple » comme une expression de contentement : « j'ai tout ce qu'il me faut » ou peut-être d'humilité « qui suis-je pour qu'on sollicite le roi à mon sujet ? ».
La Shounamite ne demande rien. Et Elisée lui offre ce qu'elle n'ose même pas demander : un enfant, elle qui n'a jamais pu en avoir. Sa réaction laisse clairement entendre que c'était une souffrance pour elle. « Ne me mens pas ! » Ne me laisse pas de faux espoirs... En ce temps-là, la stérilité était considérée comme une malédiction ! Elle avait sans doute prié depuis de longues années, sans avoir reçu de réponse positive. Elle n'ose plus y croire.
Elisée agit en prophète. Ce n'est pas lui qui décide qu'elle sera enceinte... il n'est pas magicien ! Elisée ne peut sans doute comprendre qu'une telle femme, généreuse et désintéressée, puisse être sous une quelconque malédiction. En tant que prophète, il parle au nom du Seigneur. D'ailleurs, ce qu'il annonce se produit : elle tombe enceinte et, une année plus tard, elle met au monde un fils.
*****
Elisée, bien-sûr, est un serviteur de Dieu. C'est un prophète ! Mais la Shounamite aussi, à sa façon, est une servante du Seigneur.
Servante par son hospitalité
L'hospitalité est une façon pour elle de servir le Seigneur. Elle met à disposition d'Elisée ses moyens, et elle aménage même exprès une chambre pour lui. Visiblement, elle le fait d'une façon particulière parce que c'est un « saint homme de Dieu ». Elle fait tout pour faciliter son ministère, lui permettre de se reposer. Et de ce fait, elle participe au ministère du prophète !
Il n'y a pas que les prophètes qui servent le Seigneur ! Et aujourd'hui, pourquoi faudrait-il être pasteur ou missionnaire pour servir Dieu ?
C'est un tout où chacun peut avoir son rôle à jouer. Y compris les travailleurs de l'ombre. Ceux qui soutiennent matériellement et financièrement. Ceux qui combattent dans la prière.
On ne sert pas le Seigneur seulement en proclamant l'Evangile... Mais aussi en servant son prochain. La Shounamite l'avait compris... et cela reste vrai pour nous aujourd'hui !
Servante par son humilité
Elle est servante du Seigneur par ce qu'elle fait mais aussi par l'humilité dont elle témoigne. Elle ne recherche pas son intérêt personnel, elle ne veut aucune récompense pour ce qu'elle fait. Elle ne cherche pas les honneurs, elle ne demande rien en retour.
Bref, c'est bien le prophète du Seigneur qu'elle sert et pas elle-même. Elle ne poursuit pas ses propres intérêts, mais ceux d'Elisée.
Il y a des manières de servir, intéressées, en attendant une récompense, ici ou dans l'au-delà. Mais servir par intérêt c'est perdre la joie du service.
Car le service n'est pas seulement affaire de renoncement et de souffrance. Il y a une joie dans le service. Celui qui donne dans le service reçoit aussi... mais pas forcément ce qu'il attendait. Parfois même bien plus qu'il n'aurait pu espérer. C'est le cas de la Shounamite. Elle reçoit ce qu'elle n'osait même plus espérer : un enfant. Qui connaît les joies et les bénédictions que Dieu garde en réserve pour ceux qui le servent ?
On reçoit bien plus dans un service désintéressé, parce qu'on reçoit l'inattendu.
Conclusion
Si Elisée était un grand prophète, un serviteur de Dieu renommé, la femme Shounamite a été aussi, humblement et simplement, une servante du Seigneur. Bien-sûr elle n'avait pas la renommée du prophète. Elle n'était pas prophétesse... Mais par son service dévoué, son hospitalité, elle a contribué au ministère du prophète.
Aujourd'hui encore, certains sont appelés à servir le Seigneur comme pasteur ou missionnaire. Mais ce n'est pas la seule façon de servir Dieu ! Tous peuvent être associés à leur ministère, par un service concret, par un soutien matériel, par la prière... et devenir ainsi, aussi, servantes et serviteurs du Seigneur.
Dans l'Eglise, dans nos familles, parmi nos proches et ceux qui croisent notre route, nous pouvons aussi être serviteurs. Mais souvenons-nous de la Shounamite et de son service désintéressé. Souvenons-nous que la joie du service est possible, mais seulement pour ceux qui savent servir non par intérêt personnel mais de façon désintéressée. Et alors nous pourrions bien être surpris des bénédictions que Dieu garde en réserve pour ceux qui le servent !
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