Elisée et la Shounamite – 2e épisode
Publié le 11 Juillet 2010
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Résumé de l'épisode précédent : Elisée était un grand prophète. Dans ses déplacements, il avait coutume de loger toujours chez la même femme lorsqu'il passait par Shounem, au nord de la Samarie. Cette femme s'était montrée généreuse envers lui et avait même demandé à son mari de construire un chambre exprès pour le prophète, pour qu'il ait un lieu calme où se retirer. C'était sa façon de participer au ministère du prophète.
Elisée appréciait cette générosité et il a proposé à la Shounamite de lui faire profiter de son influence auprès du roi en sa faveur. Mais sa générosité était désintéressée et elle refusa. Apprenant alors qu'elle n'avait pas eu d'enfant, et que son mari était vieux, le prophète lui promit, au nom du Seigneur, qu'elle aurait un fils l'année suivante.
La Shounamite n'osait pas y croire... mais une année plus tard, à la même époque, elle donna bien naissance à un fils.
Lecture : 2 R 4.18-37
Quelques années ont passé depuis le miracle de la naissance de l'enfant. C'est un jour banal, l'enfant est sorti pour accompagner son père qui est allé superviser le travail des moissonneurs dans les champs.
Il fait sans doute chaud et l'enfant a mal à la tête. Il vaut mieux le faire rentrer et le père demande à un serviteur de ramener l'enfant à la maison, auprès de sa mère. Mais l'enfant ne va pas mieux... il va même de plus en plus mal. Allongé sur les genoux de sa mort, à midi, finalement, il meurt !
Cet enfant qu'elle n'osait plus espérer. Cet enfant qui lui a été donné miraculeusement suite aux paroles du prophète. Cet enfant qu'elle aimait d'autant plus qu'il était inespéré. Cet enfant est mort, dans ses bras.
C'est sur la parole du prophète que la Shounamite a eu cet enfant, c'est auprès de lui qu'elle doit se rendre maintenant qu'il est mort. Elle va coucher le corps de l'enfant sur le lit qu'elle avait elle-même fait aménager pour le prophète et elle part voir Elisée. Son mari s'en étonne : ce n'est ni la nouvelle lune ni le sabbat. Sans doute les jours où le prophète recevait des audiences... Mais ce n'est pas cela qui retiendra la Shounamite !
Elisée la voit arriver de loin et envoie Guéhazi, son fidèle serviteur, auprès d'elle pour prendre de ses nouvelles. Il doit se douter qu'elle ne fait pas le déplacement par hasard. Quelque chose a dû se passer : va-t-elle bien ? Est-il arrivé quelque chose à son mari, ou à son fils ? Mais la Shounamite ne dit rien à Guéhazi. « Tout va bien... ». Un peu comme quand nous répondons « ça va » à quelqu'un, juste parce qu'on n'a pas envie de lui dire qu'en fait ça ne va pas du tout. C'est au prophète que la femme voulait parler !
Toute la détresse de la femme se manifeste lorsqu'elle arrive enfin auprès du prophète : « T'ai-je demandé un fils ? Ne t'ai-je pas dit : Ne me trompe pas ! » Je savais que ça allait mal finir...
Elisée envoie alors sur le champ Guéhazi, avec son bâton. « Tu mettras mon bâton sur le visage de l'enfant ». Mais pour la Shounamite, ça ne suffit pas. Elle est persuadé qu'il faut que le prophète se déplace lui-même. Elle insiste... elle ne quittera pas le prophète tant qu'il ne l'accompagnera pas ! Et finalement Elisée cède.
Entre temps, Guéhazi a fait ce que le prophète lui a demandé... mais ça n'a pas marché. Elisée se résout alors à voir l'enfant. Il se couche sur lui, lui transmet un nouveau souffle vital... et l'enfant reprend vie.
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Des questions sans réponse
Voilà un récit qui pose bien des questions...
- Pourquoi Dieu reprend-il l'enfant qu'il a donné cette femme ? Surtout en tenant compte des circonstances dans lesquelles sa naissance s'est passée !
- Pourquoi la Shounamite dit-elle à Guéhazi que tout va bien alors que son fils est mort ?
- Pourquoi Elisée ne va-t-il pas lui-même auprès de l'enfant mort ?
- Pourquoi Guéhazi, même en respectant scrupuleusement les instructions de son maître, ne parvient pas à redonner vie à l'enfant ?
- Pourquoi, finalement, tant de péripéties pour que finalement, l'enfant retrouve vie ?
D'autant qu'on peut se dire que tout aurait pu être plus simple...
- Si Elisée n'avait pas insisté pour donner une récompense à la Shounamite...
- Si Dieu n'avait pas donné finalement un enfant à cette femme... surtout si c'est pour le reprendre quelques années plus tard...
- Et une fois l'enfant mort, si Elisée s'était tout de suite déplacé au lieu d'envoyer son serviteur... et d'ajouter un espoir déçu à la souffrance de la Shounamite.
N'avez-vous jamais l'impression que la vie et bien compliquée parfois ? A se demander si Dieu sait bien ce qu'il fait ! Combien de pourquoi dans nos vies ? Des questions qui, si souvent, restent sans réponse... Combien d'injustices subissons-nous, de péripéties apparemment inutiles où on a l'impression que le plan de Dieu suit des méandres incompréhensibles...
Une fois de plus, les récits bibliques offrent un écho à nos expériences, même les plus douloureuses.
Un exemple de foi
Au-delà des questions, dont beaucoup restent sans réponse, on peut voir dans cet épisode biblique un exemple...
L'exemple d'une femme qui ne perd pas espoir mais se bat pour son fils, même mort. Elle va voir le prophète alors que ce n'est pas le jour approprié. Elle insiste pour que le prophète lui-même se déplace, ne se contentant pas de l'envoi de son serviteur.
Oui elle est triste. Oui elle est en colère, contre le prophète, et même un peu contre Dieu. Mais elle ne baisse pas les bras ! Elle est prête à croire et espérer l'impossible : la résurrection de son fils.
Le fait est que cette femme aura vécu un nouveau miracle extraordinaire. Après la naissance miraculeuse de son fils, voici la résurrection de ce même fils.
Les épreuves les plus pénibles peuvent aussi être l'occasion de voir se manifester la puissance de Dieu. Elles donnent l'occasion de mettre en pratique notre foi, et de l'affermir. Elles peuvent aussi, bien-sûr, l'ébranler. La Shounamite ne reste pas de marbre dans cet épisode : elle fait des reproches au prophète... et donc d'une certaine manière à Dieu. Parce qu'elle souffre. Parce qu'elle ne comprend pas.
Mais à travers les doutes, les questions et la souffrance, la foi s'affermit. C'est aussi la prière que nous pouvons adresser à Dieu pour chacun de nous. Que toute circonstance, favorable ou non, bénédictions ou épreuves, servent à affermir notre foi.
Conclusion
La vie n'est pas un long fleuve tranquille... Il y a certes des moment de calme et de sérénité où le cours de notre vie s'écoule paisiblement. Mais la vie est aussi un torrent impétueux et tourmenté, fait de méandres, de cascades, voire de chutes.
La Shounamite pourrait en témoigner. Et je suis persuadé que nous tous aussi !
L'histoire nous rappelle aussi qu'on ne peut vivre de résurrection sans passer par la mort. On ne peut expérimenter la délivrance de Dieu sans passer par les épreuves. Et ça reste vrai pour nous aussi...
Alors si ce matin vous passez un temps d'obscurité, d'épreuve et de questions sans réponse, prenez exemple sur la femme Shounamite. Gardez espoir. Placez votre foi en Dieu. Il est le Dieu de la vie et de la résurrection.
Si le cours de votre vie est aujourd'hui paisible, profitez-en pour prendre des forces, affermir votre confiance en Dieu. Il se pourrait que vous en ayez besoin demain... et peut-être même dès aujourd'hui, pour aider ceux autour de vous qui ploient sous le fardeau de l'épreuve.
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