Un hymne qui nous interpelle

Publié le 21 Novembre 2010

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Avec joie, rendez grâce au Père qui vous a rendus capables d'accéder à la part d'héritage des saints dans la lumière.

 Il nous a délivrés de l'autorité des ténèbres pour nous transporter dans le royaume de son Fils bien-aimé, en qui nous avons la rédemption, le pardon des péchés.

Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute création ;

car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre,

le visible et l'invisible, trônes, seigneuries, principats, autorités ;

tout a été créé par lui et pour lui ;

lui, il est avant tout, et c'est en lui que tout se tient ;

lui, il est la tête du corps – qui est l'Eglise.

Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier.

Car il a plu à Dieu de faire habiter en lui toute plénitude et, par lui, de tout réconcilier avec lui-même,

aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux,

en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix.

 

(Colossiens 1.12-20)

 

Voilà un hymne christologique très dense et riche. Un peu complexe... En grec, ce n'est même qu'une seule phrase !  Mais avec comme but premier de nous pousser à la  louange : « Avec joie, rendez-grâce au Père... »

Sans faire une étude biblique, quelques mots d'éclaircissement seront utiles :

Je me contenterai de souligner deux expression clés, autour desquelles l'hymne s'organise :

  • v.15 : « Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute création... »
  • v.18 : « Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, afin d'être en tout le premier... »

Deux titres qui affirment la double nature, humaine et divine, de Jésus-Christ.

 

Le premier-né de toute création

L'expression ne signifie pas qu'il ait été créé... puisqu'il est Créateur ! C'est en lui que tout a été créé. C'est en lui que tout a commencé. Et c'est même en lui que tout subsiste... « Il est avant tout, et c'est en lui que tout se tient... »

Premier-né signifie ici « né avant que quiconque naisse » parce qu'il est Celui par lequel tout a été créé. Il est Créateur, il est Dieu ! Il est l'image du Dieu invisible... Il rend Dieu visible ! Affirmation qui prend toute son ampleur avec l'incarnation... Il est la tête du corps, de l'Eglise : c'est lui qui en est le chef, le créateur : « Je bâtirai mon Eglise... »

 

Le premier-né d'entre les morts

L'expression est sans doute plus facile à comprendre, elle se réfère clairement à la résurrection du Christ.

Du coup, elle affirme plutôt son humanité. Dieu ne peut pas mourir... le Fils devenu homme, oui ! Mais né d'entre les morts, il est ressuscité.

Il n'est pas ressuscité pour lui seulement, mais en tant que premier représentant d'une humanité nouvelle. Premier-né d'entre les morts, il nous a précédé dans la résurrection. C'est à partir de sa mort et résurrection qu'un nouveau commencement est possible pour nous : il restaure, il réconcilie, il apporte la paix.

En un mot, on pourrait résumer la portée de cet hymne ainsi : tout a commencé dans le Fils... et tout peut recommencer avec lui. 

 

Premier-né dans ta vie ?

Affirmer que le Fils est au commencement de tout : du monde, de l'humanité nouvelle, de l'Eglise... c'est affirmer que sa place, sa seule place, c'est la première ! 

Le salut n'est-il pas décrit ici comme le fait d'être transporté dans le royaume du Fils ? S'il y a un Royaume, il y a un roi. Et un roi règne...

Le premier-né de la création et le premier-né d'entre les morts peut-il se contenter d'un strapontin dans notre vie ? Ne mérite-t-il pas le trône ? Est-il le « premier-né » dans ta vie ?

Ici on pense à une expression bien « évangélique » : avoir Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur... Au-delà de la formule, qu'est-ce que ça signifie ?

 

Quel Sauveur et quel Seigneur ?

Quel Seigneur est Jésus-Christ pour vous ?

Pour certains, c'est un Seigneur despote et dictatorial. Avoir Jésus-Christ comme Seigneur, c'est renoncer à toute liberté, à tout plaisir, à toutes joies. C'est porter un joug d'obligations et de contraintes... Un Seigneur esclavagiste qui donne des chrétiens esclaves, légalistes...

Pour d'autres, c'est un Seigneur de pacotille. Il n'a de roi que le titre mais n'a aucun pouvoir, sinon honorifique. Juste une étiquette... mais on se fiche bien de son avis. Un Seigneur de pacotille qui donne des chrétiens de pacotille... avec juste une étiquette.

La meilleure image du Roi, Sauveur et Seigneur, me semble être donnée par Jésus lui-même : le roi berger. Il nous connaît, nous aime, nous protège et nous dirige. Dans notre texte, il délivre, il pardonne, il dirige (la tête), il réconcilie et fait la paix.

Ce n'est ni un roi qui contraint ni un roi qui ne fait que de la figuration. C'est un roi qui délivre et qui conduit.

Un tel Roi  « premier-né » dans ma vie :

  • Ce n'est pas un despote qui me rend esclave d'obligations et de contraintes.
  • Ce n'est pas un roi de pacotille qui n'a aucune influence sur ma vie.
  • C'est un roi berger qui demande ma confiance, en toutes circonstances.

Il me demande d'écouter sa voix, tant pour me conduire dans de bons pâturages que pour me mettre en garde contre les dangers. Et si je tombe malgré tout, il me relève. Si je m'éloigne, il vient me chercher. Le « premier-né d'entre les morts » est Celui avec qui une résurrection un recommencement est toujours possible !

 

Conclusion

Oui, c'est un texte riche, dense... et difficile. Nous ne l'avons qu'effleuré mais nous percevons bien toute la portée qu'il peut avoir. 

Si cet hymne nous pousse à l'adoration, parce qu'il nous décrit le Fils de Dieu, notre Sauveur, dans toute sa grandeur, parce qu'il évoque le salut que nous trouvons en lui, il nous interpelle aussi.

On n'affirme pas que Jésus-Christ est le « premier-né » de toute création et le « premier-né » d'entre les morts sans se laisser interpeller. L'est-il aussi dans ma vie ? Et qu'est-ce que cela implique ? 

Car si nous avons été « transporté dans le Royaume du Fils », c'est que nous sommes sujets du Roi. Il est notre Sauveur et notre Seigneur. Il est notre berger, en qui faire confiance et dont nous voulons écouter la voix...

 

questionPour aller plus loin...

Pour prolonger la réflexion, quelques questions bibliques et personnelles

 


Questions bibliques et théologiques

Comparez Colossiens 1.12-20 avec Hébreux 1.1-4. 

  • Relevez les expressions que l'on peut mettre en parallèle dans les deux textes.
  • Quel éclairage le texte d'Hébreux apporte-t-il sur celui de Colossiens ? 

Questions personnelles

Dans ma vie de tous les jours, ma façon de vivre ma foi et de prendre des décisions, quel genre de « Seigneur » est Jésus-Christ pour moi ? 

  • Un despote ? Un souverain de pacotille ? Un Roi-berger ?
  • Puis-je dire qu'il a la première place dans ma vie ? 

 

 

 

Rédigé par Vincent

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