Sur le chemin avec Jésus
Publié le 19 Mai 2013
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Lecture biblique : Marc 10.32-52
Nous revoilà en chemin avec Jésus. Mais les disciples n'y sont pas vraiment le coeur léger. Au début de notre texte, tout le monde a peur...
Pourquoi ? Parce qu'ils vont à Jérusalem ? Parce qu'ils sentent une tension monter ? On a l'impression que Jésus lui-même est préoccupé... Il faudra deux événements pour le sortir de ses pensées : une dispute entre ses disciples et les cris insistants de l'aveugle Bartimée.
Préoccupés...
Jésus est préoccupé et lorsqu'il brise le silence, ce n'est pas vraiment pour rassurer ses disciples. Il leur annonce une nouvelle fois qu'il va être livré et condamné, qu'il va au-devant de la mort, d'une mort humiliante. Même s'il annonce aussi sa résurrection...
Et quand Jacques et Jean adressent leur requête à Jésus, ça aurait pu provoquer une réaction assez forte de la part de Jésus. Mais il répond de façon étonnamment détachée. Ils lui parlent de la gloire, il leur répond en parlant de souffrances. Et quant à la question des places d'honneur dans la gloire, Jésus dit simplement qu'il ne peut pas décider qui sera à sa droite et à sa gauche...
On a l'impression que Jésus élude la question. Qu'il avait les idées ailleurs et sans l'indignation des autres disciples qui ont entendu la question de Jacques et Jean, il serait sans doute passé à autre chose.
Et pourquoi ne pas admettre que Jésus, lui aussi, pouvait être inquiet et préoccupé ? Il le sera bien dans le jardin de Gethsémané, peu de temps après notre épisode. Bien plus fortement qu'ici. Sans parler de son angoisse sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »
C'est vrai qu'on a l'impression que ce n'est plus tout à fait le même Jésus que celui qui dormait dans la barque, au milieu de la tempête. Mais le moment est différent. Jésus est en marche vers Jérusalem et il sait ce qui l'y attend. Quoi de plus humain que d'avoir peur ?
Et c'est justement cette marque d'humanité qui est touchante. Bien que plein de foi et de confiance en Dieu son Père, Jésus a connu aussi l'angoisse, la peur. Jésus nous est proche, particulièrement dans de tels épisodes. Il n'est pas un super-héros intouchable. C'est un homme sensible. On le voit rire et pleurer. On le voit ici préoccupé, il sera même angoissé.
Il est bien notre frère ! Un frère qui comprend nos doutes, nos angoisses et nos craintes. Un frère qui du coup ne nous juge pas mais nous accompagne sur notre chemin. Il est là, à nos côtés, aussi dans les jours plus sombres de nos chemins de foi.
Mais venons-en aux deux événements qui vont faire sortir Jésus de ses préoccupations : la dispute entre ses disciples et les cris insistants de l'aveugle Bartimée.
L'humilité : le contre-exemple des disciples
La demande de Jacques et Jean ne pouvait que provoquer la colère des autres disciples... Ils cherchaient discrètement à se réserver les meilleurs places dans le Royaume ! Je ne suis pas sûr que la colère des disciples étaient exempte de toute motivation personnelle... Étaient-ils en colère parce que ce qu'ils demandaient était contraire aux valeurs de l’Évangile ? Ou parce qu'ils craignaient que Jacques et Jean leur volent des places qu'ils convoitaient ? Le fait que Jésus réponde à tous ses disciples, et pas seulement à Jacques et Jean, est peut-être un indice...
Et ce qu'il leur dit est on ne peut plus clair. En général parmi les hommes, ceux qui sont en position d'autorité le font clairement sentir aux autres. C'est une place privilégiée, ils entendent bien en profiter. « Mais entre vous, cela ne se passe pas ainsi ! » (v.43). Entre vous, dans la communauté des disciples, dans le Royaume de Dieu, ça ne doit pas fonctionner comme ça.
Pour devenir grand, il faut se faire serviteur. Pour être le premier, il faut se faire le serviteur de tous. Dans l’Église, ça ne devrait pas fonctionner comme dans le monde. Malheureusement, c'était mal parti avec les disciples, et la tendance s'est confirmée dans l'histoire de l’Église, jusqu'à aujourd'hui. Malheureusement, les Églises sont toujours témoins de luttes de pouvoir, de rivalités, d'abus d'autorité.
Le modèle dans l’Église doit être le serviteur. A l'image de Jésus lui-même qui n'est pas venu pour être servi mais pour servir... L'idéal du chrétien n'est pas dans la recherche de privilège ou l'accession à des positions d'autorité mais l'esprit de service, dans l'humilité. Si bien que ce ne sont pas forcément ceux qui sont le plus en vue dans les Églises qui sont les plus fidèles au Seigneur et aux valeurs du Royaume de Dieu. Dans l’Église aussi, il y a des premiers qui seront les derniers et des derniers qui seront les premiers !
La ténacité : l'exemple de Bartimée
Et puis il y a Bartimée, le mendiant aveugle. Aveugle mais pas muet ! Loin de là ! On essaye bien de le faire taire mais il insiste. On a presque l'impression que Jésus est le seul à ne pas l'entendre ! Peut-être, encore, perdu dans ses pensées...
L'enthousiasme de Bartimée est étonnante. Il crie de plus belle quand on veut le faire taire. Et quand Jésus l'appelle il se lève d'un bond et va vers Jésus. Souvenons-nous qu'il est aveugle !
Si la question de Jésus, « qu'est-ce que je peux faire pour toi ? », peut paraître étrange, tellement la réponse est évidente, il faut se souvenir que ce n'est pas la première fois qu'il agit de la sorte. Il ne veut pas simplement guérir, il veut que le malade soit acteur de sa guérison. Qu'il exprime sa foi en demandant à Jésus de le guérir.
Et les paroles de Jésus en témoignent : Bartimée est un homme de foi. « Va ! Ta foi t'a sauvé ! » Il se met alors à suivre Jésus sur le chemin. Bartimée ne s'est pas seulement joint à la foule de curieux. Ce jour-là, il est devenu disciple de Jésus : il s'est mis à le suivre.
La foi de Bartimée s'exprime par sa ténacité. Il continue de crier, d'en appeler à Jésus, malgré les obstacles. Car la foule est un vrai obstacle pour lui. Arrivé à ses fins, enfin devant Jésus, sa ténacité est récompensée. Il peut alors exprimer sa foi paisiblement, dans une confiance placée en Jésus qui peut le guérir. Une foi exprimée dans des mots tellement simples : « Maître, fais que je voie comme avant ! »
De la ténacité, nous en avons bien besoin pour suivre le Christ. Les obstacles ne manquent pas, et c'est aussi parfois la foule qui nous entoure qui voudrait nous faire taire, ou éteindre notre foi. Une foule faite parfois même de nos amis ou nos proches !
Conclusion
En ce dimanche de Pentecôte, nous commémorons la venue du Saint-Esprit sur les disciples. C'est l'accomplissement des promesses mais aussi l'assurance d'une présence du Seigneur non seulement auprès de nous mais bien en nous, par son Esprit. L'assurance que nous ne sommes jamais seuls sur le chemin de la foi.
Or ce chemin n'est pas toujours facile. Jésus lui-même y a connu l'angoisse et la crainte. Par son Esprit, il nous y accompagne aujourd'hui. Et il nous aidera à garder une foi tenace pour surmonter les obstacles sur notre route. Il nous rappellera aussi que l'humilité est essentielle pour continuer de cheminer ensemble.
Car, comme Bartimée, Jésus nous a sauvé. Et nous sommes, comme lui, sur le chemin pour le suivre.
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