Sauvés une fois pour toutes (Prédication du 15 novembre 2009)

Publié le 15 Novembre 2009

Lecture biblique : Hébreux 10.11-18

Le message de l'Evangile, c'est que Jésus-Christ est mort et ressuscité. C'est affirmer que le salut se trouve dans son sacrifice, unique et valable une fois pour toutes.

Jésus-Christ est mort et ressuscité, une fois pour toutes. Nous sommes sauvés, une fois pour toutes. Nous l'affirmons. Mais le croyons-nous vraiment ?

Sauvés une fois pour toutes

Dans le culte de l'Ancienne Alliance, le simple fait de répéter les mêmes sacrifices chaque jour était le signe que les sacrifices ne réglaient pas le problème du péché !

A l'inverse, Jésus-Christ s'est offert en sacrifice, une seule fois. Puis il s'est assis à la droite de Dieu. La résurrection et l'ascension apparaissent comme signe que Dieu a agréé le sacrifice de Jésus. Le simple fait qu'après son sacrifice Jésus est ressuscité et est monté au ciel est le signe que sa mort a été un sacrifice valable et pleinement efficace.

Le problème du péché, c'est la séparation d'avec Dieu. Une séparation qui conduit à la mort. Grâce au sacrifice de Jésus, ce problème est réglé. Une fois pour toutes !

Et ça ne concerne pas seulement le péché en général mais c'est pour tous ceux qui croient en lui : « Par une seule offrande, en effet, il a porté à leur accomplissement, à perpétuité, ceux qui sont consacrés. » (v.14) Aux yeux de Dieu, nous sommes saints, consacrés, sauvés... C'est fait, c'est un acquis sur lequel on ne revient pas.

Bref, en Jésus-Christ, le problème du péché est réglé ! « Là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus d'offrande pour le péché. » (v.18)

Ce passage souligne le « une fois pour toutes » du salut. C'est une affirmation théologique forte au coeur de l'Evangile. Le salut nous est acquis en J-C une fois pour toutes !


Pourquoi est-ce si difficile à accepter ?

Pourquoi a-t-on du mal à accepter ce « une fois pour toutes » ? Pourquoi vouloir toujours y mettre un peu du nôtre pour mériter un peu ce salut ? 

Pourquoi tant de chrétiens s'inquiètent encore pour leur salut ? "Après ce que j'ai fait, Dieu peut-il encore me pardonner ?" "Je ne fais pas assez de choses pour le Seigneur, ne va-t-il pas me retirer son salut ?" "Et si je suis infidèle demain ?"... Pourquoi est-ce si difficile à accepter qu'on n'ait rien à faire pour notre salut ?

Pourquoi si souvent on veut associer au salut non pas la foi seule mais aussi telle ou telle oeuvre, tel ou tel comportement ? C'est ici les dégâts d'une vision légaliste de la vie chrétienne. Où on en vient à mettre en doute la réalité de son salut, ou plus souvent le salut des autres, parce qu'on n'entre pas dans le moule du parfait chrétien. On en vient à mettre en doute la réalité de la conversion de tel ou  tel ! La profession de foi ne suffit pas... il faut faire ses preuves de bon chrétien !

Croit-on encore alors au « une fois pour toutes » du salut ?

Voilà qui pose toute la question de la conversion. N'y a-t-il pas un risque dans le milieu évangélique de faire croire que c'est la conversion, ou la foi, qui sauve. L'épître aux Hébreux le souligne : ce qui sauve, c'est le sacrifice unique de Jésus-Christ. La foi n'est que l'accueil du salut offert. Le moyen par lequel on reçoit le salut. 

Certains diront que c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! On va justifier n'importe quoi puisqu'on est sauvé... Non ! Voyez la citation du prophète Jérémie. La loi est inscrite dans le coeur, le coeur est changé, la vie est changée. Mais c'est la grâce de Dieu qui sauve, pas la conversion ou la foi.

Considérons une image : le chemin. Devenir chrétien, c'est se mettre en chemin à la suite du Christ. Etre sauvé, c'est être sur le bon chemin. On peut rester toute sa vie au début du chemin, ne pas avancer du tout. On est sauvé. Parce qu'on est sur le chemin. 

Mais au bout du chemin, il y a le Seigneur qui nous appelle à le suivre, à nous rapprocher de lui. La croissance spirituelle, la vie chrétienne, nous fait avancer sur ce chemin et nous rapproche du Seigneur. Le salut n'est pas seulement la promesse de nous faire échapper au jugement dernier. C'est aussi nous faire entrer aujourd'hui dans la communion avec Dieu. Avancer sur le chemin, c'est se rapprocher de Dieu. Et se rapprocher de Dieu, c'est approfondir sa communion avec lui et c'est avoir une vie chrétienne épanouie.

On est responsable de nos actes, de ce que nous faisons sur ce chemin... et on aura des comptes à rendre à Dieu. Mais jamais cela ne mettra en cause notre salut qui est un don de Dieu. 

Quand on considère la vision du Jugement Dernier en Ap 20.11-15, on se rend compte que les oeuvres de chacun sont symbolisées par des livres ouverts. Et chacun sera jugé pour cela. Mais le salut ne dépendra pas de ces oeuvres mais du fait d'être inscrit ou non dans l'autre livre ouvert, le livre de la vie. C'est par Jésus-Christ et son sacrifice que notre nom peut être inscrit dans ce livre de vie. Et cela, une fois pour toutes !


Sauvés pour se préoccuper des autres

Accepter vraiment ce salut par grâce a une conséquence majeure dans notre vie. Celle de nous libérer de la préoccupation de notre salut. En Jésus-Christ, c'est une affaire réglée ! On peut passer à autre chose ! Les promesses de Dieu sont suffisamment claires et nombreuses !
 
Délivré de la préoccupation de soi, on peut vraiment se préoccuper des autres et de Dieu. 

Car si notre préoccupation est notre salut, alors notre relation à Dieu et aux autres sera marquée par cette préoccupation. On priera, on lira la Bible, on fera du bien à notre prochain... pour mériter son salut, ou pour bien montrer qu'on est chrétien, pour se rassurer soi-même ou en convaincre les autres...

Le salut par grâce nous libère de cette préoccupation ! On ne va plus considérer notre relation à Dieu, nos prières et notre lecture de la Bible, le fait d'aller au culte, etc... comme des moyens de s'attirer sa faveur, ses bénédictions. On n'en a pas besoin, sa faveur nous est pleinement acquise grâce à Jésus-Christ. Tout ce que nous serons et ferons seront une réponse reconnaissante à la grâce de Dieu. Des occasions d'approfondir notre relation avec lui, de mieux le connaître pour mieux l'aimer.

On ne peut se préoccuper des autres et de Dieu de manière désintéressée que si on est libérés de cette préoccupation de notre salut. 

Jésus a dit à ses disciples : « je ne vous appelle plus serviteurs mais je vous appelle amis... » (cf. Jn 15.15)

Le serviteur fait ce qu'il doit pour satisfaire son maître. L'ami n'a rien à faire. Il est aimé. Nous n'avons plus à « faire » mais à « être ». Nous sommes libérés de la charge d'être serviteurs pour être des fils et des filles de Dieu. 


Conclusion

Jésus-Christ est mort et ressuscité. C'est le coeur de l'Evangile. Sa mort était une mort en sacrifice : il mourrait pour notre péché. Sa résurrection et son ascension sont le signe d'un sacrifice agréé. Oui, son sacrifice est valable et efficace, une fois pour toutes !

Par l'oeuvre de l'Esprit saint en nous, nous sommes mis au bénéfice de ce sacrifice, si bien que nous sommes sauvés une fois pour toutes. Si par la foi nous avons reçu le salut que Dieu nous offre, nous n'avons plus à nous préoccuper pour notre salut. L'affaire est réglée une fois pour toutes !

Il est temps pour nous de vivre en enfants de Dieu, reconnaissants pour l'amour et la grâce de notre Père, libérés de l'angoisse et de la crainte, ouverts sur les autres pour les aimer et leur témoigner l'amour de Dieu. 

Car Jésus-Christ est mort aussi pour eux, une fois pour toutes !

Rédigé par Vincent

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