Dur dur d'être prophète !
Publié le 30 Décembre 2012
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Lecture biblique : Marc 6.1-29
Le point commun à ces trois récits, c'est la figure du prophète. Tour à tour Jésus, les apôtres et Jean sont présentés comme tel. Jésus à Nazareth se définit lui-même comme un prophète, qui d'ailleurs n'est pas reconnu par les siens. Les apôtres sont envoyés par Jésus, deux par deux, en tant que prophète puisque Jésus leur donne son autorité et qu'ils accomplissent la même chose que leur maître. Et la figure de Jean-Baptiste, dont les circonstances tragiques de la mort sont évoquées, est évidemment un prophète réputé et remarquable.
Or, dans deux cas au moins, ça se termine mal... Jésus n'est pas accueilli par les siens... sans compter la suite de son histoire que vous connaissez ! Jean-Baptiste est décapité ! Quant au apôtres, ils doivent s'attendre à ne pas toujours être bien accueillis...
Bref, dans tous les cas, c'est dur dur d'être prophète !
Jésus : nul n'est prophète en son pays
A Nazareth, la ville où il a grandi, Jésus n'est pas écouté. Il s'en plaint lui-même : comme il est difficile d'être prophète dans son pays ! Les gens sont incapables de le voir comme un prophète. Pour eux, c'est Jésus, le fils de Joseph et Marie. Ils le connaissent depuis tout petit... Ils connaissent ses parents, ses frères et soeurs. Ils sont du coup incapables de le voir autrement, en particulier comme un prophète.
Cette familiarité avec Jésus devient un piège pour les habitants de Nazareth. Trop de proximité avec le messager peut parasiter le message. Ils sont incapables d'accueillir le message parce qu'ils connaissent trop bien le messager.
Est-ce que ça ne rejoint pas un peu notre expérience ? Je pense à la difficulté spécifique du témoignage auprès de nos proches. Souvent, nous ne sommes pas les mieux placés pour témoigner de l'Evangile auprès de nos proches. Sinon par nos actes, par une vie consacrée à Dieu... Mais pour nos proches, il y a souvent besoin d'un messager extérieur.
Les apôtres : prophètes sur les traces du maître
Pour les apôtres, leurs premiers pas en tant que prophète sont sans doute enthousiasmant. Il peuvent accomplir les mêmes choses que Jésus : il chassent les esprits mauvais et ils guérissent les malades !
Mais Jésus les avertit : vous ne serez pas reçus partout... et vous serez dépendants de l'accueil ou non des gens. Ne prenez rien avec vous sinon un vêtement et un bâton. Là où on vous accueillera restez-y ! Là où on ne voudra pas de vous, partez en secouant la poussière de vos pieds ! S'ils ne veulent pas de vous, tant pis pour eux !
Tout le monde n'est pas prêt, ou disposé, à entendre la Bonne Nouvelle... Simplement, certains ne veulent pas écouter. Et il ne faut pas s'imposer... Car l'Evangile ne s'impose pas. Cette une offre. Une offre gratuite, accessible à tous. Mais on ne peut pas l'imposer par la force.
L'Evangile se reçoit ou se refuse. Il ne s'impose pas. Il appelle à une adhésion libre. Sinon, ce n'est plus l'Evangile. Ca peut, certes, être source de frustration pour nous qui aimerions tant que cette Bonne Nouvelle soit partagée et reçue par tous. Mais là où est l'Evangile, là doit se trouver la liberté.
Jean-Baptiste : prophète jusqu'au martyr
Quant à Jean-Baptiste, il a payé de sa vie sa fidélité à sa mission de prophète. Parce qu'il s'est attiré la haine de certaines personnes influentes. Hérode pourtant aimait bien l'écouter. Même si Jean lui disait parfois des choses désagréables... il savait que c'était un prophète et il le respectait. Il le craignait et le protégeait. Mais ce n'était pas le cas de tout le monde dans son entourage... et il s'est retrouvé piégé par Hérodiade qui haïssait Jean.
Ce qui a empêché Hérode de recevoir le message du prophète Jean-Baptiste, et ce qui a coûté la vie à ce dernier, c'est la compromission du pouvoir. Hérode, d'ailleurs, le portera toute sa vie sur la conscience. Quand il entend parler de Jésus, il est convaincu que c'est Jean-Baptiste, à qui pourtant il a fait couper la tête, qui est revenu d'entre les morts.
Parfois certains obstacles à l'Evangile n'ont rien à voir avec le contenu du message ou un quelconque blocage envers le messager... C'est les compromis de notre quotidien, voire nos compromissions, qui nous éloignent du message. Et qui nous poussent parfois à des décisions qui nous éloignent de l'Evangile...
Conclusion
La position inconfortable du prophète, nous pouvons aussi la connaître, à notre échelle. Bien-sûr nous ne nous comparons pas à Jésus, aux apôtres ou à Jean-Baptiste... Mais nous sommes aussi porteurs d'un message, et c'est aussi dur dur d'être témoins de l'Evangile ! C'est une source de frustration voire de souffrance. Nous nous heurtons aussi parfois à l'incompréhension de nos proches, au refus de ceux que nous croisons voire à la haine de certains.
Mais nous sommes aussi du côté des auditeurs. Et ces trois exemples nous rappellent que l'accueil de l'Evangile n'est jamais un acquis. C'est toujours un combat, une lutte, qui réclame notre vigilance. Nous avons tous des obstacles dans notre vie qui nous empêchent de recevoir l'Evangile ou qui freinent son expansion en nous. Parfois lié à des personnes, à notre histoire, aux circonstances que nous traversons.
Pour bien transmettre l'Evangile, il faut d'abord le recevoir. Et pour en être un témoin fidèle, il faut d'abord le vivre !
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