Deux signes d'universalité

Publié le 3 Février 2013

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Lecture : Marc 7.24-37

Jésus se rend en terre païenne. Comme s'il voulait souffler un peu, à l'écart. Le texte nous dit bien qu'il se retire dans une maison et qu'il ne veut pas qu'on le sache. Et après la guérison du sourd muet, il demande qu'on n'ébruite pas l'affaire... Mais ça ne marche pas. Même en terre païenne, Jésus ne peut pas être tranquille. 

On a d'ailleurs l'impression qu'il n'est pas de bonne humeur quand la femme syro-phénicienne s'approche de lui. Sa réponse n'est pas très courtoise : "Laisse d'abord les enfants se rassasier, car ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens." (v.27)

Mais la femme ne se vexe pas et sa réponse, pleine de sagesse et de malice, témoigne aussi d'une humilité et d'une foi remarquables. Les miettes lui suffiront... alors même que sa demande est importante : la délivrance de sa fille d'un esprit mauvais. Dans la version de Matthieu, Jésus reconnaît explicitement que cette femme fait preuve d'une grande foi. C'est sous-entendu chez Marc par le fait que Jésus dise : "A cause de cette parole, l'esprit mauvais est sorti de ta fille."

Notez que la femme croit Jésus sur parole. Et que nous devons nous aussi le croire sur parole puisque nous ne suivons pas cette femme chez elle retrouver sa fille. Rien ne nous dit du reste que Jésus et les disciples y soient allés ! Tout est bien une question de foi...

Quant au sourd muet, sa guérison peut rappeler un peu celle de l'homme paralysé, porté par ses amis auprès de Jésus. Elle rappelle aussi celle de la femme atteinte d'une perte de sang par le souci personnalisé de Jésus envers le malade. Il l'emmène à l'écart de la foule. Il ne veut pas simplement le guérir en lui imposant les mains. Il veut nouer une relation avec lui. Mais comment faire pour un sourd-muet ? En faisant appel à ses autres sens : la vue et le toucher en particulier. Il touche ses oreilles et sa langue. Il lève les yeux au ciel. Même sourd, l'homme comprend ce que Jésus veut faire !

Alors que Jésus voulait souffler un peu, en terre païenne, il rencontre la foi. Une foi au moins aussi forte que parmi les Juifs. Ces rencontres inopinées sont une aubaine pour nous. Parce que ces deux guérisons deviennent deux signes d'universalité : un des plus étonnants exemples de foi et un des plus touchants récits de guérison. 

Là-bas, en terre païenne aussi, Jésus a rencontré la foi, l'espérance et l'amour.

 

La foi

La foi tout d'abord. Celle des amis du sourd-muet qui le portent jusqu'à Jésus. Celle de la femme syro-phénicienne surtout. Une foi pleine d'audace et d'humilité à la fois. Deux qualités qu'on n'associerait pas forcément de façon naturelle...

Et pourtant ! On peut se demander si une bonne définition de la foi ne devrait pas intégrer les deux : l'audace et l'humilité...

Il y a de l'audace dans la foi, du courage. Il en faut pour choisir de croire, envers et contre tout. Parfois contre toute apparence. C'est plus facile d'être agnostique, de ne pas se prononcer, de ne pas s'impliquer. 

Mais cette audace doit être empreinte d'humilité. L'orgueil se marie mal avec la foi, du moins celle que Jésus attend... La foi n'exige rien, elle ne revendique rien... Elle fait confiance. Simplement. L'exemple de la femme syro-phénicienne est remarquable à cet égard : les miettes suffiront !

 

L'espérance

L'espérance ensuite. C'est elle qui pousse la femme et les amis de l'homme sourd-muet à demander à Jésus d'agir. Parce qu'ils espèrent que tout n'est pas fini, que les choses peuvent encore changer.

L'espérance, c'est le contraire de la résignation. Il n'y a pas de fatalité dans l'espérance. Tout peut encore changer ! 

L'espérance chrétienne n'est jamais résignation. Parce qu'elle n'est pas la soumission à un destin aveugle, à une volonté inflexible d'un Dieu insaisissable. L'espérance nous met en relation avec un Dieu aimant et proche, elle nous fait entrer dans un projet bienveillant de Dieu pour nous. 

L'espérance, c'est la foi qui regarde vers l'avenir avec confiance, parce que cet avenir est dans les mains de Dieu. 

 

L'amour

L'amour enfin. Celui de la femme pour sa fille. Celui des amis pour l'homme sourd-muet. Un amour qui les pousse à agir en faveur de ceux qu'ils aiment. Prendre soin d'eux en demandant à Jésus de guérir.

Ce que font la femme syro-phénicienne et les amis de l'homme sourd-muet rappelle ce que nous pouvons faire dans la prière d'intercession : demander et porter auprès de Jésus... 

Ne peut-on pas considérer dès lors la prière comme un témoignage d'amour ? Prier pour quelqu'un c'est l'aimer. Prier avec quelqu'un c'est l'aimer. Une façon toute simple d'aimer dont nous sommes tous capables !

 

Conclusion

Voilà une femme et des hommes païens qui nous donnent une leçon de foi, d'espérance et d'amour. Ils sont pour nous des exemples qui nous invitent à vivre et incarner ces vertus dans notre quotidien :

  • Avoir une foi pleine d'audace et d'humilité à la fois. 
  • Être animé d'une espérance grâce à laquelle nous ne renonçons jamais. 
  • Manifester un amour qui se traduit de façon concrète et pratique, souvent par des moyens tout simples. 

C'est bien à chacun de nous de suivre ces exemples et de relever le défi d'être des croyants vraiment animés de foi, d'espérance et d'amour. 

 

Rédigé par Vincent

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