Vivre "l'absence" de Dieu...
Publié le 16 Mai 2010
Lecture biblique : Jn 16.5-7
« Je m'en vais... » Voilà ce que Jésus est en train de dire à ses disciples. Et l'Ascension, c'est quand même bien le rappel que Jésus n'est plus là, sur terre !
Le Fils de Dieu a, par l'incarnation, rendu visible le Dieu invisible. Il a rendu présent, de façon tangible, le Dieu infini. Mais la durée de la présence de Dieu, visible, sur terre a été extrêmement courte. Une trentaine d'année, et encore pour l'essentiel, en incognito. A peine 3 ans au grand jour !
L'Ascension nous rappelle que le Seigneur est un Dieu « absent »... du moins dans un certain sens. Comment vivons-nous cette « absence » de Dieu ?
L'absence vécue comme une épreuve
On peut comprendre « épreuve » dans les deux sens du terme : comme une souffrance ou comme un test.
Une épreuve – souffrance
Les disciples ont d'abord vécu l'absence de Jésus comme une souffrance : ils sont tristes quand Jésus leur dit qu'il va s'en aller !
Nous pouvons aussi vivre « l'absence » de Dieu comme une souffrance... surtout quand elle s'accompagne de son silence. De telles souffrances parcourent la Bible, chez les prophètes, dans certains psaumes. Quand on a l'impression que Dieu n'est pas là, qu'il ne répond pas, qu'il est absent et silencieux... C'est sans doute une expérience douloureuse à laquelle tout croyant fait face un jour ou l'autre... « Ah si seulement Jésus était là ! »
Une épreuve – test
En réalité, cette « absence » de Dieu est nécessaire et peut être vécue comme un « test » pour éprouver notre foi. C'est la foi qui doit gouverner notre relation à Dieu. Et la foi ne peut s'exercer que dans une certaine « absence » de Dieu. Comme le dit l'épître aux Hébreux, la foi concerne ce qu'on espère et ce qu'on ne voit pas...
Le risque, c'est de chercher à combler cette absence par le spectaculaire, le miraculeux, etc... Bref, à chercher à voir et non à croire !
L'absence vécue comme une autre présence
En réalité, l'absence de Dieu n'est qu'apparente. Il est présent partout. Sans lui, le monde ne serait plus, et cela depuis l'origine des temps...
Plus encore, on peut même dire que Dieu n'a jamais autant été aussi présent que depuis que Jésus a quitté cette terre ! Par une présence invisible.
C'est aussi le sens de l'Ascension. Jésus est monté au ciel pour envoyer son Esprit. L'Ascension rend possible la Pentecôte, le départ de Jésus rend possible la venue du Saint-Esprit. La présence visible du Fils de Dieu en Jésus devient la présence invisible mais intime du Saint-Esprit, en chacun de nous.
La perspective change puisque Jésus dit même qu'il est avantageux pour nous qu'il soit parti. N'ayons pas la nostalgie du temps de Jésus ! C'est mieux maintenant ! C'est Jésus lui-même qui le dit : « il est avantageux pour vous que je m'en aille... »
Le défi, c'est de développer une autre façon de voir Dieu, celle qui passe par la foi. Cette présence est invisible, par le Saint-Esprit.
L'absence vécue comme une attente
L'Ascension, et même la Pentecôte, n'est pas le point final de l'oeuvre de salut de Dieu. Il reste encore une étape, et l'Ascension crée l'attente de cette ultime étape : Jésus reviendra !
L'absence de Jésus souligne que le plan de Dieu n'est pas encore arrivé à son accomplissement. Nous pouvons donc vivre cette absence comme une attente.
Ailleurs dans le Nouveau Testament, la présence en nous du Saint-Esprit est présenté non comme un aboutissement mais comme un avant-goût de ce qui nous attend au jour du plein accomplissement de Royaume de Dieu. L'apôtre Paul parle des « arrhes de l'Esprit ». On ne va pas s'arrêter aux arrhes !
Ce serait comme interrompre un repas après l'entrée ! Surtout que l'entrée aiguise notre appétit ! Et on attend la suite ! Avec l'Ascension, on s'est mis à table. Avec la Pentecôte, et le don de l'Esprit, Dieu nous a servi une entrée succulente. Le meilleur est encore à venir...
L'absence de Jésus crée cette attente de son retour. Il nous faut donc vivre dans une attente confiante et active. Le risque serait de scruter l'avenir comme on regarde dans une boule de cristal. Ou d'attendre béatement, alors qu'il y a tant de choses à faire ! Nous sommes porteurs de la Bonne Nouvelle !
Conclusion
Jésus-Christ a bien quitté cette terre... Mais il n'en est pas pour autant absent ! Son absence n'est qu'apparente. Sa présence y est spirituelle et elle peut se manifester d'une multitude de façons.
S'il était avantageux que Jésus parte, pour pouvoir envoyer son Esprit et être présent non seulement avec nous mais en nous, notre attente est aussi celle de son retour. Car il est ressuscité avant de remonter au Ciel, et c'est pourquoi il reviendra.
Dans l'attente de ce retour, entraînons-nous à voir la présence de Dieu différemment. Avec les yeux de la foi, dans notre quotidien, même lorsqu'il nous semble que Dieu reste silencieux... Car n'en doutons pas : il est là, selon ses promesses. Et il reviendra !
Pour aller plus loin
Quelques questions bibliques et/ou personnelles, pour prolonger la réflexion...
Question biblique et théologique
Depuis l'Ascension, on peut parler de l'absence de Jésus sur terre. Mais peut-on parler de l'absence du Fils au Ciel, au moment de l'incarnation ? Lisez Philippiens 2.5-11.
- De quoi Jésus s'est-il "vidé" ? Qu'a-t-il quitté ?
- Qu'a-t-il retrouvé au moment de son ascension ?
Question personnelle
Vivez-vous, ou avez-vous vécu des temps "d'absence" de Dieu dans votre vie, l'impression d'un silence pesant de Dieu ?
- Comment avez-vous fait (ou faites-vous) pour discerner la présence de Dieu malgré tout ?
- Qu'est-ce qui vous aide (ou vous a aidé) ?
- A quoi peuvent bien servir les silence de Dieu dans ma vie ?
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