Liberté, égalité, fraternité
Publié le 15 Juillet 2012
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En ce lendemain de 14 juillet, fête nationale, il est bien naturel de citer la devise de notre pays : liberté, égalité, fraternité.
Cette devise, née lors de la révolution de 1789, aujourd'hui présente sur tous les documents officiels, les bâtiments de l'Etat, les pièces de monnaie, etc... n'est pas sans écho avec l'Evangile.
Si les citoyens en France, les politiciens et les différents responsables, respectaient vraiment cette devise, nul doute que ça changerait pas mal de chose. C'est une belle devise, parfois battue en brèche même récemment.
La liberté, y compris religieuse, est un sujet de plus en plus brûlant dans le contexte de la compréhension moderne d'une laïcité "à la française". La loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, est de nouveau à l'ordre du jour...
L'égalité est-elle vraiment toujours respectée aujourd'hui ? Dans l'esprit de ses promoteurs, Rousseau disait à propos de l'égalité qu'il fallait que « nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre. » Intéressant quand on considère, en France et en Occident, l'écart de plus en plus grand entre les plus riches et les plus pauvres !!!
Quant à la fraternité, elle est bien écornée quand on entend certains discours électoraux aux dangereux relents xénophobes et racistes. Triste fraternité...
Liberté, égalité, fraternité. Trois valeurs sur lesquelles nous ne pouvons qu'être d'accord, d'un point de vue évangélique. Et nous pourrions aussi les considérer comme trois bons repères dans nos relations à l'intérieur de l'Eglise tout comme dans notre implication dans la société.
Liberté
D'après la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la liberté est définie ainsi : " La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui".
Dans le Nouveau Testament, la liberté, théologiquement, est d'abord celle qu'on reçoit de l'oeuvre du Christ. La liberté évangélique est une libération. Une libération de la loi, du péché et de la mort, pour parler à la manière de l'apôtre Paul.
Romains 8.2-3 2 Quand quelqu'un est uni au Christ Jésus, la loi pour lui, c'est l'Esprit Saint qui donne la vie. Cette loi m'a libéré de la loi du péché et de la mort. 3 La loi de Moïse ne pouvait pas faire cela, parce que la faiblesse des êtres humains l'a empêchée d'agir. Mais Dieu a pu le faire: il a envoyé son Fils dans un corps semblable à celui des pécheurs pour les libérer du péché. Par là, Dieu a condamné le péché qui agit dans les êtres humains.Cette liberté trouve sa source dans la justification par la foi. Elle découle de la grâce : nous n'avons rien à faire, rien à prouver, rien à mériter. Juste recevoir par la foi ce que le Christ a accompli pour nous...
Mais cette liberté dans la relation à Dieu impacte nos relations les uns avec les autres, appelées aussi à être caractérisées par la grâce... et la liberté. Une liberté qui respecte l'autre, dans ses convictions et son cheminement.
Pourquoi si souvent la libération de l'Evangile a-t-elle conduit, en pratique, à des visions si légalistes de la vie chrétienne, à une volonté de formatage de l'expérience chrétienne, de clonage de "bons chrétiens évangéliques" ?
Egalité
La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dans sa version de 1793, affirme que "tous les hommes sont égaux par nature et devant la loi."
D'un point de vue biblique, il y a une affirmation forte de l'égalité fondamentale, par nature, de tout être humain, puisque tous sont issus d'un seul et même couple. C'est le récit de la Genèse qui fait d'Eve "la mère de tous les vivants" (Gn 3.20). Mais il y a aussi l'affirmation très forte dans la Nouveau Testament, de l'apôtre Paul en Galates 3.28 :
"Il n'y a donc plus de différence entre les Juifs et les non-Juifs, entre les esclaves et les personnes libres, entre les hommes et les femmes. En effet, vous êtes tous un dans le Christ Jésus."On peut donc dire que l'égalité fondamentale de tout être humain, mise à mal par le péché, le mal entré dans l'humanité, est appelée à être pleinement restaurée dans l'Eglise.
Quel dommage que dans bon nombre d'Eglises évangéliques, la troisième partie de l'affirmation de Paul reste inappliquée : il n'y a plus ni hommes ni femmes... tu parles ! Avec la limitation de certains ministères dans l'Eglise aux seuls hommes, ce n'est pas encore ça.
L'affirmation de Paul nous invite à relever le défi d'une Eglise où règne une véritable égalité, multiculturelle, multiethnique, où tous, quelle que soit leur origine et leur histoire, peuvent trouver leur place ! Pour que dans ce domaine, l'Eglise soit un exemple dans la société ! Ce n'est pas encore gagné...
Fraternité
Des trois termes de la devise républicaine, la fraternité est celui qui a le plus clairement une couleur chrétienne. D'ailleurs, la fraternité est ainsi décrite dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen : "Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir."
C'est très proche du langage biblique ! Proche du commandement fondamental : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" ! Sans parler de l'impératif spécifique pour l'Eglise rappelé par Jésus :
Jean 13.34-35 34 Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Oui, aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. 35 Ayez de l'amour les uns pour les autres. Alors tout le monde saura que vous êtes mes disciples.La fraternité entre chrétiens est évidente. C'est même une richesse incroyable. Ceux qui ont eu la chance de voyager un peu et de visiter des Eglises dans d'autres pays, d'autres cultures, peuvent témoigner de ce sentiment extraordinaire : l'impression d'être en famille. Immédiatement.
Cette fraternité est à entretenir sur le plan local, en vivant l'Eglise non pas seulement une fois par semaine lors du culte mais au quotidien, dans des relations authentiques et vraies, dans un esprit de service mutuel, dans la prière les uns pour les autres...
Mais qu'en est-il de notre fraternité humaine ? Qu'en est-il de notre solidarité avec nos frères et soeurs en humanité ? Y compris d'autres cultures, d'autres religions... Il faut arriver à ne pas les considérer seulement comme des mauvaises influences potentielles à éviter ou des cibles à atteindre. Mais comme des prochains, des frères et des soeurs en humanité, simplement à aimer.
Conclusion
Liberté, égalité, fraternité... Belle devise pour un pays ! Beau programme pour une Eglise !
Un défi, aussi. Celui de vivre dans l'Eglise :
- une vraie liberté, vécue dans des relations marquées par la grâce.
- une vraie égalité, qui permet à chacun de trouver sa place.
- une vraie fraternité, authentique et non seulement de façade.
Si le défi est relevé, alors l'Eglise sera un vrai feu d'artifice à la gloire de Dieu !
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