La vraie vigne
Publié le 6 Mai 2012
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Lecture biblique : Jean 15.1-8
Dans cette métaphore de Jésus, on s'intéresse souvent aux sarments. Et c'est normal : c'est nous ! On insiste, comme le fait aussi Jésus dans la deuxième partie de sa métaphore, sur l'importance de rester attachés au cep qu'est le Christ pour porter du fruit. Et c'est très juste.
Mais ce n'est que partiellement rendre justice à la métaphore. Parce que dans un premier temps, Jésus se focalise sur la vigne, ou le cep. Et il faut bien comprendre en quoi Jésus est la vraie vigne. Car il ne dit pas seulement qu'il est une vigne, ou qu'il se compare à un cep. Il affirme : "je suis la vraie vigne".
Y en aurait-il des fausses ? Il y en a en tout cas des mauvaises...
La vraie vigne
En utilisant cette métaphore, Jésus avait sans doute à l'esprit quelques textes de l'Ancien Testament qui utilisent cette image de la vigne. En particulier Esaïe 5. C'est un chant, une lamentation du Seigneur sur sa vigne qui produit du mauvais fruit. Un texte poignant où le prophète évoque l'infidélité du peuple d'Israël, qui a failli à sa vocation :
Esaïe 5.7 La vigne du SEIGNEUR de l'univers, c'est Israël, oui, la plantation qu'il aimait tant, c'est le peuple de Juda. Le SEIGNEUR attendait de lui qu'il respecte le droit. Mais partout, c'est l'injustice. Il attendait de lui la justice. Mais partout, ce sont les cris des gens sans défense.Israël a failli à sa vocation. Non pas parce que c'était un peuple pire que les autres... simplement un peuple comme les autres. Ni pire ni meilleur. Simplement humain. Aucun peuple n'aurait pu accomplir pleinement la volonté de Dieu. Tout comme aucun être humain ne peut par lui-même accomplir la volonté de Dieu. C'est ce qu'affirme le verset 4 : les sarments ne produisent du fruit que parce qu'ils sont attachés au cep. Et ce que Jésus redit au verset 5 : "sans moi vous ne pouvez rien faire."
Nous ne sommes pas des ceps de vigne... nous ne sommes que des sarments. Nous ne sommes pas appelés à produire du fruit mais à en porter ! Ce sont les sarments qui portent les raisins, pas le cep. Mais sans le cep, les sarments sont morts et ne peuvent donc pas porter de fruit !
Les fruits que le Seigneur nous donne de porter, c'est une vie marquée par l'amour, la joie, la paix, le service, l'humilité, la générosité, la justice, etc... Mais cela n'est possible que parce que Jésus-Christ est la vraie vigne. C'est lui qui a su manifester tous ces fruits au cours de sa vie terrestre. Et c'est lui qui peut les produire en nous aujourd'hui par son Esprit.
A partir de cette métaphore, je vous propose trois exhortations :
N'ayons pas d'autre cep que le Christ seul
Ici, il faut comprendre le cep comme ce qui permet aux sarments que nous sommes de porter du fruit... Cette exhortation découle de l'avertissement de Jésus dans notre texte : "sans moi, vous ne pouvez rien faire."
Le Christ seul doit être notre cep, notre seule source de vie, celui qui nous inspire, qui nous fait vivre, qui est la sève de notre quotidien. Nul homme, même un homme de Dieu, consacré au Seigneur, ne doit prendre cette place. Aucune tradition, aucune théologie, aucune Eglise...
Alors vous me direz que ça, ce n'est pas pour des chrétiens évangéliques, quand même ! On laisse ça aux sectes ou aux autres Eglises... Mais est-ce si sûr que cela ?
Sans même tomber dans les pires excès sectaires (et il y en a... il y a de véritables gourous dans certaines Eglises évangéliques !), examinons nos motivations, ce qui oriente notre vie, nos décisions et nos choix...
Ne se déplace-t-on pas parfois pour entendre certains prédicateurs plus que pour entendre l'Evangile ? Ne cherchons-nous pas parfois à vivre une expérience forte plus que de rencontrer le Christ ? Ne rêvons-nous pas parfois de ressembler à tel ou tel chrétien plus qu'à laisser le Christ faire de nous ce qu'il veut ?
Ne nous coupons pas nous-mêmes du cep
La métaphore est particulièrement parlante. Coupez les sarments du cep et ils sèchent très vite. Coupez-vous du Christ et vous vous dessécherez très vite. Et une fois coupé, il est bien difficile de retrouver la sève ! Ne lisez plus la Bible, ne priez plus, n'allez plus à l'Eglise... vous verrez, c'est radical.
Accordez-vous une pause de quelques semaines pour faire autre chose que d'aller au culte le dimanche matin... et vous verrez qu'il sera difficile d'y retourner et que l'appel de la couette ou de la plage sera plus fort !
Ne faites plus l'effort d'ouvrir votre Bible régulièrement pour la lire ne serait-ce que quelques minutes... et vous verrez que l'envie de la rouvrir disparaîtra facilement !
Arrêtez de vous discipliner à prier... et vous verrez que le Christ vous semblera loin et silencieux rapidement !
Acceptons d'être taillés, pour porter plus de fruit
Si nous ne devons pas nous couper nous-même de la vigne, il faut toutefois accepter que le vignerons taille sa vigne, pour que nous portions encore plus de fruits. Il ne s'agit pas de se réjouir de la taille en elle-même, mais de ce qu'elle nous donne l'occasion de porter encore plus de fruit, de progresser dans la foi, l'espérance et l'amour.
Il est d'ailleurs intéressant de noter que Jésus mentionne qu'une taille a déjà eu lieu pour ses disciples : "les paroles que je vous ai dites vous ont déjà taillés" (v.3) Pour les disciples, la proximité avec Jésus, le fait de le suivre, de le voir vivre et d'entendre son enseignement a déjà été l'occasion d'une taille.
Les paroles du Christ sont parfois tranchantes, et nous en sortons meurtris... Elles sont exigeantes, elles nous interpellent, nous bousculent, nous dérangent. On les prend parfois en pleine face, elles touchent notre coeur et peuvent même nous faire mal, en révélant la réalité de notre coeur. Elles nous taillent... et nous permettent de progresser, de réajuster nos priorités, de corriger nos fautes, de repartir sur de nouvelles bases.
C'est le cas aussi pour certaines expériences, des épreuves, des circonstances douloureuses. Si on les considère comme des occasions de taille effectuées par notre divin vigneron, si on a la conviction que Dieu peut changer, dans notre vie, le mal en bien, alors nous porterons plus de fruits, pour la gloire de Dieu.
Conclusion
Jésus-Christ est la vrai vigne. Il est Celui qui a pleinement accompli ce que nul homme, pas même le peuple de Dieu, n'a pu accomplir. Il est le seul à n'avoir porter que du fruit qui glorifiait Dieu. Il est aujourd'hui le seul a pouvoir produire en nous du fruit pour le Seigneur.
Nous ne sommes que des sarments. Vitalement attachés à la vigne du Christ. Sans lui, nous ne pouvons rien faire. Détachés de lui, nous nous desséchons. Mais attachés à lui, sa sève de vie nous remplit et produit en nous l'amour, la joie, la paix, et toutes sortes d'autres fruits qui plaisent à Dieu. Même s'il faut accepter, parfois, d'être taillés par les paroles du Christ ou les circonstances de la vie.
C'est le chemin par lequel notre vie pourra montrer, par la grâce de Dieu, la gloire du Seigneur.
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