« Il vit et il crut... »
Publié le 24 Avril 2011
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1 Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine vient au tombeau dès le matin, alors qu'il fait encore sombre, et elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau.
2 Elle court trouver Simon Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : On a enlevé le Seigneur du tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis !
3 Pierre et l'autre disciple sortirent donc pour venir au tombeau.
4 Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau;
5 il se baisse, voit les bandelettes qui gisent là; pourtant il n'entra pas.
6 Simon Pierre, qui le suivait, arrive. Entrant dans le tombeau, il voit les bandelettes qui gisent là
7 et le linge qui était sur la tête de Jésus; ce linge ne gisait pas avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre lieu.
8 Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au tombeau, entra aussi; il vit et il crut.
9 Car ils n'avaient pas encore compris l'Ecriture, selon laquelle il devait se relever d'entre les morts.
(Jean 20.1-9)
« Il vit et il crut »... Pourtant qu'est-ce que Jean (l'autre disciple, celui que Jésus aimait, c'est lui) a vu ? Rien. Un tombeau vide. Mais ça lui a suffi pour croire que Jésus était ressuscité.
Les récits suivants soulignent pourtant la difficulté à croire des premiers disciples. Marie-Madeleine ne reconnait pas Jésus ressuscité qui se présente à elle. Elle le confond avec le jardinier... Thomas ne croit pas le récit des autres apôtres et déclare ne vouloir croire que ce qu'il voit.
Jean, lui, a cru. Comment en est-il arrivé là ?
Tout part d'un fait difficilement contestable : le tombeau était vide. Ca me paraît un fait incontestable parce que sinon, franchement, il aurait été on ne peut plus facile de contrer les affirmations des disciples annonçant que Jésus était ressuscité. Il suffisait de montrer son corps dans le tombeau !
La question qui demeure est : comment expliquer le tombeau vide ? Spontanément, Marie-Madeleine pense que quelqu'un l'a emporté. L'évangile selon Matthieu parle d'une rumeur répandue par les chefs religieux Juifs selon laquelle les disciples ont emporté le corps pour faire croire à une résurrection.
Certes, par la suite, Jésus est apparu à ses disciples. Les évangiles relatent ces apparitions. On pourra toujours prétendre que ce sont de pures inventions ou des hallucinations. Mais le tombeau vide est un fait. Et les faits sont têtus.
D'autant qu'il y a un détail que l'évangile souligne : le tombeau n'était pas complètement vide puisqu'il y avait les bandelettes qui gisaient par terre et le linge qui couvrait la tête de Jésus, roulé à part.
Si la tombe avait été vandalisée, on n'aurait pas pris soin d'enlever les bandelettes, et encore moins de rouler le linge à part !
Jésus a laissé derrière lui une trace de sa résurrection. En laissant les bandelettes, il signale que personne n'a enlevé son corps et en laissant le linge bien roulé, à part, il souligne que son corps n'a pas été enlevé avec précipitation mais qu'il s'est réveillé paisiblement de la mort.
Jean l'a vu et il a cru... Même s'il n'a pas encore tout compris. Le texte de l'Evangile le précise : les disciples n'avaient pas encore compris l'Ecriture, selon laquelle Jésus devait se relever d'entre les morts... Devant le tombeau vide, Jean a cru. Plus tard, quand Jésus lui-même leur expliquera les Ecritures, il comprendra !
Croire sans avoir vu et comprendre par l'Ecriture, voilà à quoi ce récit nous invite aujourd'hui encore !
Croire sans avoir vu
« Il vit et il crut ». Cette simple phrase à propos de Jean fait de lui le premier croyant de la résurrection. Parce qu'il n'a pas vu le Christ ressuscité mais qu'il croit qu'il est vivant. Il croit sans avoir vu.
C'est une démarche de foi. Ce n'est pas « il vit et il comprit » mais « il crut ». La résurrection du Christ ne se démontre pas. Ce n'est pas une affirmation rationnelle mais une affirmation de foi.
Ce n'est pas pour autant une affirmation de foi coupée de la réalité, totalement irrationnelle. Puisque Jean a compris par les détails des bandelettes et du linge le message que Jésus ressuscité avait laissé à ses disciples.
Le tombeau vide appelle notre foi
Il n'y a pas besoin de voir le Christ pour croire qu'il est ressuscité. Le tombeau vide suffit !Vivre Pâques au quotidien, c'est voir le Christ ressuscité dans son absence. Arriver à discerner dans de petits détails de notre quotidien, la main du Seigneur.
Bien-sûr le Christ ressuscité s'est manifesté à plusieurs disciples. Les Evangile le relatent. Mais ces apparitions sont plutôt l'occasion de souligner l'incrédulité des disciples, leur difficulté à croire. Et dans l'Evangile de Jean, il y a bien cette phrase de Jésus, après l'épisode avec Thomas : « Parce que tu m'as vu tu es convaincu ? Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »
Faut-il, pour croire que Jésus est vivant, le voir de nos yeux ? Faut-il s'attendre à ce qu'il se manifeste de façon spectaculaire ? Pour croire en Dieu, faut-il demander des miracles, des guérisons, des phénomènes extraordinaires ?
« Heureux ceux qui croient sans voir... »
Jean ou Thomas ?
Or, paradoxalement, on a presque tendance à inverser les choses. On porte aux nues les chrétiens qui disent avoir vécu des choses extraordinaires avec le Seigneur, des miracles, et autres phénomènes spectaculaires... alors que dans les évangiles c'est souvent plus une marque d'incrédulité d'être dépendant de telles manifestations. Et si le Seigneur y consent c'est par égard pour la faiblesse de notre foi.
L'Evangile exalte Jean et égratigne Thomas. Nous faisons le contraire souvent... Nous négligeons les Jean et nous admirons les Thomas !
Non pas « Heureux ceux qui ont vu » mais « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! »
Pourquoi « Heureux » ? Parce qu'ils n'auront pas besoin de leur dose d'émotions fortes pour croire. Ils n'auront pas une foi qui dépend des circonstances. Ils seront capables de voir le Ressuscité même dans son absence. Comme Jean devant le tombeau vide...
Comprendre l'Ecriture
« Il vit et il crut. » Mais il ne comprenait pas encore que l'Ecriture avait annoncé la résurrection du Christ. Croire, c'est bien. C'est là que tout commence. Mais il faut aller plus loin et comprendre grâce à l'Ecriture.
L'Ecriture permet de comprendre ce que l'on croit
C'est l'étude sérieuse de la Bible qui nous permettra d'avoir une foi solide et informée. C'est l'Ecriture qui nous permettra de comprendre les silences et les absences du Christ.
N'oublions pas que quand l'Evangile parle de l'Ecriture ici, c'est ce que nous appelons l'AT ! Il ne s'agit donc pas seulement pour nous de lire les Evangiles, et encore les paroles écrites en rouge seulement dans certaines Bibles parce que ce seraient les paroles directes de Jésus !
Qui pourrait me citer, maintenant, spontanément, un texte de l'AT qui annonce la résurrection de Jésus ?
On peut s'inquiéter de la pauvreté de la connaissance biblique aujourd'hui, dans nos Eglises... Ne pas connaître l'Ecriture, c'est s'exposer au risque de ne pas comprendre, ou de mal comprendre.
On peut croire sans comprendre... Mais peut-on grandir dans la foi sans comprendre ? Peut-on efficacement témoigner de l'Evangile sans comprendre ?
Avoir soif de l'Ecriture
Quelle soif avez-vous de comprendre l'Ecriture et de la connaître ? Quel temps consacrez-vous à la lecture, la méditation, l'étude de la Bible ? Qu'avez-vu découvert récemment sur Dieu, sur sa Parole, sur le contenu de votre foi ? Ou vivez-vous seulement sur vos acquis... une foi routinière et pépère ?
Quand Jésus fait un bout de chemin avec les deux disciples sur le chemin d'Emaüs, que fait-il ? Il leur explique l'Ecriture ! Qu'a fait Jésus pendant les 40 jours qui ont suivi sa résurrection et où il apparaissait à ses disciples à Jérusalem ? Il leur parlait du Royaume de Dieu. Si bien que lorsqu'à la Pentecôte Pierre prend la parole devant la foule que fait-il ? Il explique l'événement par l'Ecriture et il cite abondamment l'AT pour annoncer la mort et la résurrection de Jésus !
C'est un grand risque pour le croyant de faire l'impasse de l'étude de l'Ecriture dans sa vie chrétienne. C'est prendre le risque d'une foi fragile, dépendante des circonstances et des expériences.
Conclusion
« Il vit et il crut... » L'exemple de Jean nous invite à la foi, seule capable de voir le Christ ressuscité dans le tombeau vide. Seule capable de voir le Christ vivant dans notre quotidien, sa présence dans l'absence, sa parole dans le silence, ses promesses dans l'épreuve.
Car Jésus-Christ est vraiment ressuscité. Et si nous voulons non seulement le croire mais aussi en comprendre toute la portée, il nous faut faire l'effort de comprendre l'Ecriture. C'est elle qui nous présente le Christ mort et ressuscité. C'est elle qui l'a prédit par les prophètes. C'est elle qui nous en décrit toutes les implications théologiques et pratiques.
Le tombeau est vide : Jésus-Christ est ressuscité ! L'Ecriture en témoigne : sa résurrection est les prémices de notre résurrection, la promesse d'une vie nouvelle, dès aujourd'hui, dans la communion avec le Christ vivant.
Pour aller plus loin
Pour prolonger la réflexion, quelques questions bibliques et/ou personnelles...
Questions bibliques et théologiques
Lisez l'épisode de Jésus avec Thomas (Jn 20.24-29).
- Relevez toutes les expressions en rapport avec la vue et le toucher. Que nous apprennent-elles sur la foi et l'incrédulité ?
- Que pensez-vous de ce que Jésus dit à Thomas à la fin du verset 27 ? Et de la réponse de Thomas ?
- Comparez cet épisode avec l'apparition de Jésus aux disciples en Jn 20.19-23. Quels sont les éléments qu'on y retrouve dans les deux cas et quelles sont les différences ?
Questions personnelles
Dernièrement, dans quels détails de ma vie ai-je pu voir le Seigneur agir ?
Où en est ma soif de l'Ecriture ? Qu'ai-je découvert récemment sur Dieu, sa Parole, le contenu de ma foi ? Au besoin, quels moyens suis-je prêt à mettre en oeuvre pour retrouver cette soif ?
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