Faire face aux oppositions

Publié le 28 Octobre 2012

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Lecture biblique : Marc 3.20-35

L'opposition à Jésus se fait plus pressante... alors que sa popularité ne faiblit pas. Il y a toujours ses ennemis déjà déclarés : les chefs religieux, qui l'accusent maintenant de faire l’œuvre de Satan. Mais cette fois, sa propre famille s'en mêle aussi, en prétendant qu'il est devenu fou. 

C'est dans ce contexte hostile qu'on trouve deux paroles de Jésus qui ont fait couler beaucoup d'encre et créé bien des polémiques : celle qui parle du blasphème contre le Saint-Esprit et celle dans laquelle Jésus semble renier sa famille. 

 

L’œuvre du diable ? 

« Jésus a en lui Satan, le chef des esprits mauvais ! Et c'est Satan qui lui donne le pouvoir de chasser ces esprits. » (v.22)

Jésus n'a pas de mal à démonter cette accusation des chefs religieux. Elle ne tient pas debout ! Comment Jésus pourrait-il faire l’œuvre du diable ? Par ses miracles, il apporte la guérison et la délivrance, signes du Royaume de Dieu qui s'est approché. Il fait reculer Satan et ses démons. Il ne peut pas être du côté de ceux qu'il combat !

Mais du coup il met aussi en garde ceux qui l'accusent, et retourne d'une certaine manière leur accusation. Celui qui fait l’œuvre de Satan, l'accusateur, est plutôt celui qui s'oppose à l’œuvre du Saint-Esprit... Ce sont, ici, les chefs religieux !

Contre le Saint-Esprit

C'est dans ce contexte que Jésus dit cette fameuse phrase : "Si quelqu'un insulte l'Esprit Saint, il ne pourra jamais recevoir le pardon. Il reste toujours coupable." (Mc 3.29). Ici, l'insulte, ou le blasphème contre le Saint-Esprit, c'est l'attitude des chefs religieux, accusant Jésus de faire l’œuvre de Satan. 

Il ne faut pas faire dire tout et n'importe quoi à ce texte ! Il a trop souvent été utilisé pour culpabiliser abusivement des chrétiens et les fragiliser. Il ne s'agit de stigmatiser une parole maladroite, dite une fois, et qui disqualifierait pour l'éternité celui qui l'aurait prononcée... Ce que Jésus appelle insulte contre le Saint-Esprit, c'est cette folle accusation des chefs religieux, témoignage de leur opposition farouche, obstinée, contre toutes évidences ! 

Une mise en garde

C'est une parole polémique. Elle doit résonner comme une mise en garde... jusqu'à nous aujourd'hui. Attention à ne pas faire l’œuvre de Satan, l'accusateur, ou du diable, celui qui divise. Car c'est bien aussi dans l’Église qu'on peut faire son œuvre. Pas seulement dans le monde ! Quand on accuse ou qu'on divise, on fait l’œuvre du diable. On s'oppose au Saint-Esprit. On se fait ennemi de Dieu. Et c'est grave !

Le visage du diable n'est pas toujours celui d'un meurtrier, d'un ignoble débauché ou d'un persécuteur. Il a aussi parfois le visage de "bons" chrétiens qui sèment la division et distribuent les anathèmes... 

 

Quelle famille ?

L'autre attaque à laquelle Jésus doit faire face est plus insidieuse parce qu'elle provient de sa propre famille. 

On nous dit que la famille de Jésus entend parler de lui et des foules qui se rassemblent autour de lui. Visiblement, ça ne correspond pas au Jésus qu'ils connaissent... La seule conclusion qu'ils en tirent, c'est qu'il est devenu fou ! Il faut l'arrêter. Il faut aller le chercher et le ramener à la maison ! Et lorsqu'ils arrivent auprès de Jésus, ils ne vont pas à sa rencontre. Ils restent dehors et envoient quelqu'un le chercher. 

"Ta mère et tes frères sont là, dehors, ils veulent te voir..." Jésus aurait pu répondre : "Fais-les entrer !" Il aurait pu arrêter son enseignement et aller les rejoindre. Ou les faire patienter le temps qu'il termine... 

Mais rien de tout cela. Il répond, du tac au tac, que sa vraie famille, ce ne sont pas eux mais ceux qui sont autour de lui maintenant et qui veulent faire la volonté de Dieu. 

Incompris par les siens

C'est dur quand même ! Sa propre mère est là ! Certains pourraient penser qu'il renie sa famille !

Une fois encore, il ne faut pas faire dire à cette phrase de Jésus ce qu'elle ne veut pas dire. Mal comprise, elle pourrait même paraître dangereuse et sectaire. Un des dangers des sectes, aujourd'hui, est de couper intentionnellement de leur famille ses adeptes. Ce n'est pas ce que veut dire Jésus ! Ce serait en contradiction flagrante avec le 5e commandement : "Honore ton père et ta mère"... 

D'ailleurs, on ne sait même pas comment l'histoire s'est terminée. Est-ce que la famille de Jésus est restée dehors ? Est-elle entrée ? A-t-elle essayé de convaincre Jésus de les suivre ? Est-elle repartie sans voir Jésus ? 

Si on ne nous en parle pas, c'est que ce n'est pas là l'important. L'essentiel est ailleurs. Dans le constat que les plus proches de Jésus n'étaient pas forcément sa famille. Dans nos chemins de foi, nous sommes parfois lâchés par nos proches. Notre famille ne nous comprend pas toujours, et elle peut même parfois nous prendre pour des fous !

Vivre l'Eglise comme une famille

Quand nos familles, nos proches, ne comprennent pas ce que nous vivons, trouver dans l’Église une famille est d'autant plus important ! C'est peut-être là aussi l'essentiel de ce  texte : la communauté des disciples de Jésus-Christ est appelée à être une famille. C'est une belle vocation ! Mais quel genre de famille formons-nous ? 

Une famille unie ou qui se déchire ? On peut se poser la question autant au niveau de l’Église universelle qu'au niveau local...

Les histoires de famille, les secrets de famille... il y en a aussi dans l’Église ! La question que nous avons à nous poser est simple : sommes-nous vraiment le frère ou la sœur les uns des autres ? Ou sommes-nous simplement des coreligionnaires ? On partage la même foi, on se croise une fois par semaine au culte, et puis le reste du temps, on a chacun notre vie de notre côté ! Ce n'est pas une famille, ça... 

 

Conclusion

Ne pas faire l’œuvre de Satan et vivre l’Église comme une famille. Les deux exhortations peuvent sembler sans rapport à première vue. Pourtant, dans l’Évangile selon Marc, les deux récits qui ont conduit à ces exhortations sont imbriqués l'un dans l'autre...

Faire l’œuvre de Satan, c'est s'opposer à l’œuvre de Dieu. C'est accuser et diviser. Comme ça peut se passer à l'intérieur d'une famille, ou d'une Église. A l'inverse, vivre l’Église comme un famille, une famille unie, dans l'amour, la solidarité, c'est faire la volonté de Dieu. C'est donc aussi s'opposer à l’œuvre du diable !

Finalement, les deux exhortations sont liées et nous interpellent dans notre quotidien. C'est là que nous pouvons nous rendre complice de l’œuvre de Satan ou la combattre. Par deux attitudes opposées : l'une accuse et divise, l'autre unit et rassemble. 

A nous de faire le bon choix ! De faire la volonté de Dieu et non celle du diable. Et nous le ferons si nous choisissons l'amour plutôt que la haine, la solidarité plutôt que l'égoïsme, l'encouragement plutôt que la médisance, le pardon plutôt que la rancune... 

 

Pour aller plus loin...

Questions bibliques et théologiques

Identifiez les différentes métaphores (Marc 3.23-27) proposées par Jésus pour répondre à l'accusation des chefs religieux. 

  • Qu'ont-elles en commun ? Quelles sont les spécificités de chacune ?
  • Qu'est-ce qu'elles nous apprennent sur le ministère de Jésus ? 
  • En quoi éclairent-elles l'avertissement des versets 29-30 ?

Questions personnelles

Comment, concrètement, être frères et sœurs les uns des autres dans l’Église ? Comment d'autres l'ont été pour moi ? Comment l'ai-je été pour d'autres ?

Rédigé par Vincent

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