Attendre le retour de Jésus-Christ
Publié le 13 Novembre 2011
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Lecture biblique : 1 Thessaloniciens 5.1-11
"Aujourd'hui, on ne parle plus du retour de Jésus dans les Eglises..." Vous avez peut-être entendu ça ? Ou même peut-être le pensez-vous !
Ce dont on ne parle plus, ou beaucoup moins, dans les Eglise évangéliques, c'est de calendriers et de chronologies concernant le retour du Seigneur. On se livre
beaucoup moins à des interprétations hasardeuses des événements contemporains à la lumière des prophéties bibliques, pour y voir les signes de l'imminence du retour du Seigneur...
Et je m'en réjouis ! Parce que beaucoup de bêtises ont été dites, on a fait dire à la Bible ce qu'elle ne voulait pas dire. Et surtout, c'est une façon bien
anecdotique d'aborder la question de la venue du Seigneur.
1. Attendre le retour de Jésus, ce n'est pas essayer de deviner quand et comment il reviendra !
Notre monde va mal...
Bien-sûr que notre monde va mal. C'est la crise. Les peuples sont en ébullitions. Les tensions Israélo-palestiniennes remontent. On reparle de la bombe atomique de
l'Iran. Les menaces terroristes sont toujours là. Et certains prétendent que le calendrier maya prévoit la fin du monde pour le 21 décembre 2012 !
Et alors ? Est-ce vraiment pire qu'au temps de la guerre froide où on craignait l'imminence d'un conflit nucléaire ? Est-ce pire que pendant les deux guerres
mondiales de la première moitié du XXe siècle ? Pire qu'au temps des pestes gigantesques du Moyen-Age ? Pire qu'au paroxysme de la persécution des chrétiens dans l'empire romain ? Pas
sûr...
Mais bien-sûr que notre monde va mal. Et nous croyons, c'est vrai, que seule l'intervention du Seigneur et sa venue pourra mettre fin à l'injustice, la haine et la
violence des hommes. C'est pourquoi nous attendons le retour de Jésus.
Mais ce qui doit nous préoccuper, ce n'est pas d'essayer de deviner quand et comment ça arrivera mais de comprendre quelle doit être notre attitude aujourd'hui,
dans cet attente. C'est là que se situe l'essentiel !
Une question aussi vieille que l'Eglise...
Ceci dit, nous ne sommes pas les premiers à nous poser de telles questions ! La première épître aux Thessaloniciens, une des plus anciennes de Paul, l'aborde parce
qu'elle posait vraiment problèmes aux chrétiens, à peine quelques années après la mort et la résurrection de Jésus ! Des chrétiens sont morts et Jésus n'est pas encore revenu ! Pourquoi
tarde-t-il ? Paul doit les tranquilliser.
Mais ici l'apôtre règle en deux phrases cette question :
Au sujet de la date et du moment où le Seigneur viendra, vous n'avez pas besoin qu'on vous écrive. Vous le savez très bien vous-mêmes, le jour du Seigneur arrivera
comme un voleur dans la nuit. (v. 1-2)
Comme ça, c'est réglé ! Pas besoin que je vous écrive sur le sujet, pas besoin que vous en parliez... La date, le moment, on ne peut pas les connaître. Plus encore
: c'est quand on y pensera le moins que la chose arrivera :
Quand les gens diront: « Quelle paix! Quelle sécurité! », alors tout à coup, ce sera la catastrophe. Elle tombera sur eux comme les douleurs sur la femme enceinte,
et ils ne pourront pas y échapper. (v.3)
Alors, arrêtez de vous tracasser pour ça. L'important est ailleurs !
2. Attendre le retour de Jésus, c'est se mettre au travail, pour poser des signes du Royaume qui vient
Ce qui est vraiment important
L'apôtre Paul veut recentrer ses lecteurs sur l'essentiel :
Mais vous, frères et soeurs, vous n'êtes pas dans la nuit, et ce jour-là ne peut pas vous surprendre comme un voleur. (v.4)
Ce n'est pas une question qui doit trop vous préoccuper... alors passons à autre chose ! Nous attendons le retour du Seigneur ? Oui, bien-sûr ! Nous le disons ?
Oui, bien-sûr ! Mais nous ne voulons pas perdre notre temps dans des débats stériles.
Et surtout, nous attendons le retour du Seigneur mais nous ne voulons pas l'attendre les bras croisés. Paul ici utilise l'impératif pour le souligner :
Prenons la foi et l'amour comme vêtements de combat. Mettons comme casque l'espérance d'être sauvés. (v.8)
On retrouve la foi, l'amour et l'espérance, ces trois vertus chrétiennes fondamentales que Paul louait chez les chrétiens de Thessalonique dans son introduction. Et
maintenant, il faut les mettre en oeuvre. Dans l'attente du retour du Seigneur, voilà ce dont nous avons besoin : nous mettre au travail !
Ne pas regarder le navire couler
En tant que disciples de Jésus-Christ, il n'est pas juste d'adopter la posture du spectateur d'un monde qui va mal. Etre désenchanté, détaché en disant "de toute
façon, tout est perdu, notre monde va à sa perte..." Bon... et on regarde le navire couler depuis la berge, c'est ça ?
Il ne s'agit pas de se retrancher dans son bunker mais d'enfiler les habits de combat. Pour aller là où ça va mal, et pour être porteur d'un message de foi, d'amour
et d'espérance. Ne pensez-vous pas que notre monde en a besoin ?
C'est facile de chanter l'amour de Dieu avec de beaux cantiques, de proclamer sa foi dans de belles prières... Mais ce n'est pas seulement entre ces quatre murs que
la foi, l'espérance et l'amour doivent être proclamés ! C'est là où la foi, l'espérance et l'amour ne sont pas qu'il faut aller les apporter !
Et des paroles, c'est bien joli, mais des actes c'est mieux !
On peut partir au loin au secours de populations en détresse. On peut s'engager dans des associations d'aide aux plus démunis, de soutien, d'écoute, de visite.
C'est très bien. Faisons-le ! Mais il suffit souvent d'ouvrir un peu les yeux sur nos lieux de vie, nos voisins, nos collègues de travail, notre famille et nos amis... Comment, dans tous ces
lieux, pouvons-nous être porteurs de foi, d'amour et d'espérance ?
Soyons sobres
Et ici, une exhortation de l'apôtre mérite notre attention : soyons sobres ! Qu'est-ce que ça signifie ? C'est dans le prolongement de sa métaphore sur la nuit. Il
y a ceux qui vivent la nuit, et boivent... et il y a ceux qui, même dans la nuit, doivent rester sobres.
Quand on est saoul, on parle beaucoup, on chante... mais on ne fait pas grand chose de constructif ! On peut même être dangereux pour les autres, si on prend le
volant par exemple ! Soyons sobres... réfléchissons à ce que nous disons et ce que nous faisons. Gardons la tête sur les épaules ! Ne faisons pas n'importe quoi.
C'est une réflexion nécessaire pour que nous puissions être de façon pertinente porteurs de foi, d'espérance et d'amour, même au milieu de la nuit.
Conclusion
Les chrétiens ne devraient pas jouer les oiseaux de malheurs dans le monde. Nous avons, au contraire, une bonne nouvelle à annoncer !
Plutôt que de se retirer du monde pour regarder couler le navire, il s'agit de s'équiper pour aller au front, se mettre au boulot.
C'est bien ce que Jésus a fait ! Dieu n'a pas regardé le navire du monde couler, il est venu à son secours en envoyant son Fils. Il est venu dans nos ténèbres, il
nous a rejoint dans notre condition, il s'est fait serviteur. Tous l'ont rejeté. Tous l'ont abandonné. Et il s'est retrouvé cloué sur une croix !
Mais il est ressuscité ! Et c'est dans cette puissance de la résurrection que nous pouvons puiser pour aller là où ça va mal et y apporter la foi, l'espérance et
l'amour ! Pour y poser des signes du Royaume qui vient.
Pour aller plus loin...
Questions bibliques et théologiques
Comparez notre passage à Mt 24.36-44 et Ac 1.6-8 qui parlent du même sujet.
- Relevez les liens avec notre texte.
- Quelles sont les questions inutiles dans ce domaine et quelles sont les bonnes questions à se poser ?
- Selon vous, pourquoi, malgré des mises en garde aussi claires, s'est-on toujours préoccupé des "temps et des moments" de la venue du Seigneur ?
Questions personnelles
Quels signes de foi, d'espérance ou d'amour ai-je posé sur mes lieux de vie récemment ? Quel est le prochain signe que je pourrais poser ?
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