Jonas : un dénouement inattendu (Prédication du 23 août 2009)
Publié le 16 Septembre 2009
Jonas 4
Résumé des épisodes précédents : Au VIIIe siècle avant J-C, alors que l'Assyrie terrifie toute la région, le Seigneur envoie son prophète Jonas annoncer la
destruction de Ninive, la capitale assyrienne. Contre toute attente, Jonas refuse d'obéir à Dieu et prend un bateau pour Tarsis, aux antipodes de Ninive. Il faudra que le Seigneur déclenche une
tempête et suscite un grand poisson qui engloutira Jonas pour faire entendre raison au prophète. Une fois recraché sur la terre ferme, Jonas se voit confier à nouveau la même mission par le
Seigneur. Et cette fois il obéit. Mais il n'a pas fini de parcourir Ninive en annonçant sa destruction qu'un grand mouvement de repentance gagne toute la ville, jusqu'au roi. Et, surprise, Dieu
renonce alors à la destruction de Ninive.
Le livre de Jonas aurait pu s'arrêter là, sur un happy end... Toute une ville qui se repent grâce à la proclamation de Jonas : j'en connais des prédicateurs qui
rêveraient d'avoir un tel succès !!! Mais on n'est jamais au bout de nos surprises avec Jonas... Nous allons le voir avec ce quatrième et dernier épisode.
Lecture : Jonas 4
Jonas : un homme en colère
« Je le savais ! » Voilà la réaction de Jonas. « Je le savais et c'est pour ça que je ne voulais pas obéir ! »
Jonas est en colère. Il éclate. Ce qu'il tenait enfoui dans son coeur (et qui n'échappait pas à Dieu...) s'exprime enfin et on comprend pourquoi il a voulu
désobéir à Dieu.
Non pas parce qu'il ne comprenait pas pourquoi Dieu lui confiait cette mission. Il le comprenait trop bien !
Il sait parfaitement qui est le Seigneur. Et ce que Jonas n'accepte pas, c'est que Dieu puisse pardonner les habitants de Ninive.
Il ne supporte pas que Dieu soit bon et compatissant. Ou du moins que cette compassion s'exerce en faveur des habitants de Ninive !
Jonas voulait en quelque sorte décider qui a droit à la compassion de Dieu ou non. Et pour lui, Ninive n'y a pas droit.
Ca ne vous est jamais arrivé d'avoir envie de « donner des conseils » à Dieu ? En vous disant que là, quand même, il devrait faire quelque chose, il devrait
intervenir, il devrait répondre...
Ce n'était peut-être pas aussi expansif que Jonas, vous n'avez sans doute pas son sale caractère ! Mais quand même...
L'histoire de Jonas nous enseigne que lorsque nous ne comprenons pas le Seigneur, lorsque ce qu'il fait nous paraît injuste, le problème ne vient pas de Lui mais
de nous...
La leçon du Seigneur
Plutôt que de s'expliquer avec Jonas, d'argumenter pour se justifier, le Seigneur va lui donner une leçon. Le maître de la Création se manifeste une fois de plus.
Après la tempête et le grand poisson, il utilise une plante (un ricin), un ver et un vent d'est étouffant.
Le Seigneur veut confondre Jonas et lui montrer l'absurdité de sa colère.
Jonas est en colère parce que Dieu détruit une plante alors qu'avant il était en colère parce que Dieu n'a pas détruit Ninive !
Jonas est capable de pitié (et encore, avec des motifs tout à fait égoïstes) pour une plante et il n'accepte pas que Dieu puisse avoir pitié de 120000 hommes qui
se repentent !!!
Si Jonas trouve une raison (même égoïste) d'épargner une plante, ne peut-il pas trouver une raison d'épargner 120000 hommes ignorants et perdus ?
D'autant que Jonas s'émeut pour une plante qu'il n'a pas fait pousser. Le Seigneur le souligne : « Ce n'est pas toi qui l'a fait pousser... »
Dieu, lui, a non seulement fait pousser le ricin mais il a aussi créé les habitants de Ninive...
Si Dieu est bon avec les hommes, toujours prêts à leur pardonner, c'est qu'il nous a créé et qu'il nous aime. Tout simplement...
Ce n'est pas à nous de dire à Dieu ce qu'il convient de faire ou non. C'est Dieu qui fait pousser, c'est lui qui crée, c'est lui qui est à l'origine de toute
chose et qui seul peut dire ce qui doit être détruit ou non.
Le paradoxe de cette histoire, c'est que les hommes souvent reprochent à Dieu les malheurs et les catastrophes alors que Jonas reproche à Dieu sa bonté...
Mais qui sommes-nous pour contester avec Dieu ?
En réalité, Jonas voulait un Dieu bon pour lui (n'oublions pas qu'il lui a donné une seconde chance et qu'il l'a secouru dans le ventre du poisson) mais à la
justice implacable pour les autres...
Une fin ouverte
On aurait pu s'attendre à un cinquième chapitre qui aurait pu nous décrire la réaction de Jonas à leçon du Seigneur.
On pourrait imaginer un happy end avec Jonas qui reconnaît sa faute et devient prophète de Dieu pour Ninive en donnant de bons conseils...
On pourrait ajouter un épilogue décrivant le fait que, finalement, quelques décennies plus tard, Ninive fut bien détruite... Mais rien de tout cela.
Certains pourraient rester sur leur faim. On aimerait bien connaître la suite, savoir si Jonas a bien retenu la leçon, et connaître l'évolution du comportement
des habitants de Ninive...
Mais une fin ouverte pour l'histoire de Jonas est bien plus percutante. Parce qu'elle nous interroge.
Plus que la réaction de Jonas, et la suite de l'histoire des habitants de Ninive, c'est notre attitude qui compte
Acceptons-nous que la bonté de Dieu soit la même pour tous ? Que nous n'avons aucun privilège à faire valoir ? Ou sommes-nous comme Jonas, jaloux de la
miséricorde divine, espérant un Dieu bon pour nous et implacable pour les autres ?
Qu'avons-nous fait, aujourd'hui, de nos repentances passées ? Ont-elles changé notre vie, durablement ?
Voilà autant de question, et peut-être d'autres encore, que la fin ouverte du livre de Jonas nous laisse...
Conclusion
Nous voilà donc arrivés au terme du feuilleton de Jonas... Un livre prophétique, porteur d'un message de la part de Dieu.
Ce message se résume en quelques mots : Dieu est souverain. Mais la perception de cette souveraineté dépend de notre attitude.
Soit on agit comme Jonas qui a appris à ses dépend qu'on n'échappe pas à la volonté souveraine de Dieu, on ne conteste pas avec lui.
Soit on agit comme les habitants de Ninive qui ont appris que ce Dieu souverain n'est pas inflexible, que ce qu'il recherche avant tout c'est la restauration de
la relation et qu'il renonce à ses menaces si la relation est restaurée.
Du coup, le message prophétique du livre de Jonas est aussi polémique. Le bon exemple est donné par des païens et le mauvais exemple est donné par un prophète !
C'est une mise en garde contre l'orgueil spirituel, la prétention à vouloir un Dieu bon pour nous et à la justice implacable pour les autres.
C'est une invitation à entendre l'appel de Dieu et à comprendre que le Dieu souverain est aussi et surtout un Dieu d'amour qui pardonne et veut restaurer la
relation avec ses créatures.
Résumé des épisodes
précédents : Au VIIIe siècle avant J-C, alors que l'Assyrie terrifie toute la région, le Seigneur envoie son prophète Jonas annoncer la
destruction de Ninive, la capitale assyrienne. Contre toute attente, Jonas refuse d'obéir à Dieu et prend un bateau pour Tarsis, aux antipodes de Ninive. Il faudra que le Seigneur déclenche une
tempête et suscite un grand poisson qui engloutira Jonas pour faire entendre raison au prophète. Une fois recraché sur la terre ferme, Jonas se voit confier à nouveau la même mission par le
Seigneur. Et cette fois il obéit. Mais il n'a pas fini de parcourir Ninive en annonçant sa destruction qu'un grand mouvement de repentance gagne toute la ville, jusqu'au roi. Et, surprise, Dieu
renonce alors à la destruction de Ninive.bla
Le livre de Jonas aurait pu s'arrêter là, sur un happy end... Toute une ville qui se repent grâce à la proclamation de Jonas : j'en connais des prédicateurs qui
rêveraient d'avoir un tel succès !!! Mais on n'est jamais au bout de nos surprises avec Jonas... Nous allons le voir avec ce quatrième et dernier épisode.
bla
bla
Lecture : Jonas 4
bla
bla
Jonas : un homme en colère
bla
« Je le savais ! » Voilà la réaction de Jonas. « Je le savais et c'est pour ça que je ne voulais pas obéir ! »
« Je le savais ! » Voilà la réaction de Jonas. « Je le savais et c'est pour ça que je ne voulais pas obéir ! »
Jonas est en colère. Il éclate. Ce qu'il tenait enfoui dans son coeur (et qui n'échappait pas à Dieu...) s'exprime enfin et on comprend pourquoi il a voulu
désobéir à Dieu. Non pas parce qu'il ne comprenait pas pourquoi Dieu lui confiait cette mission. Il le comprenait trop bien ! Il sait parfaitement qui est le Seigneur. Et ce que Jonas
n'accepte pas, c'est que Dieu puisse pardonner les habitants de Ninive. Il ne supporte pas que Dieu soit bon et compatissant. Ou du moins que cette compassion s'exerce en faveur des
habitants de Ninive !
bla
bla
Jonas voulait en quelque sorte décider qui a droit à la compassion de Dieu ou non. Et pour lui, Ninive n'y a pas droit.
bla
bla
Ca ne vous est jamais arrivé d'avoir envie de « donner des conseils » à Dieu ? En vous disant que là, quand même, il devrait faire quelque chose, il devrait
intervenir, il devrait répondre... Ce n'était peut-être pas aussi expansif que Jonas, vous n'avez sans doute pas son sale caractère ! Mais quand même...
bla
bla
L'histoire de Jonas nous enseigne que lorsque nous ne comprenons pas le Seigneur, lorsque ce qu'il fait nous paraît injuste, le problème ne vient pas de Lui mais
de nous...
blabla
blabla
La leçon du Seigneur
bla
Plutôt que de s'expliquer avec Jonas, d'argumenter pour se justifier, le Seigneur va lui donner une leçon. Le maître de la Création se manifeste une fois de plus. Après la tempête et le grand poisson, il utilise une plante (un ricin), un ver et un vent d'est étouffant. Le Seigneur veut confondre Jonas et lui montrer l'absurdité de sa colère. Jonas est en colère parce que Dieu détruit une plante alors qu'avant il était en colère parce que Dieu n'a pas détruit Ninive !
Plutôt que de s'expliquer avec Jonas, d'argumenter pour se justifier, le Seigneur va lui donner une leçon. Le maître de la Création se manifeste une fois de plus. Après la tempête et le grand poisson, il utilise une plante (un ricin), un ver et un vent d'est étouffant. Le Seigneur veut confondre Jonas et lui montrer l'absurdité de sa colère. Jonas est en colère parce que Dieu détruit une plante alors qu'avant il était en colère parce que Dieu n'a pas détruit Ninive !
bla
Jonas est capable de pitié (et encore, avec des motifs tout à fait égoïstes) pour une plante et il n'accepte pas que Dieu puisse avoir pitié de 120000 hommes qui se repentent !!! Si Jonas trouve une raison (même égoïste) d'épargner une plante, ne peut-il pas trouver une raison d'épargner 120000 hommes ignorants et perdus ?
Jonas est capable de pitié (et encore, avec des motifs tout à fait égoïstes) pour une plante et il n'accepte pas que Dieu puisse avoir pitié de 120000 hommes qui se repentent !!! Si Jonas trouve une raison (même égoïste) d'épargner une plante, ne peut-il pas trouver une raison d'épargner 120000 hommes ignorants et perdus ?
D'autant que Jonas s'émeut pour une plante qu'il n'a pas fait pousser. Le Seigneur le souligne : « Ce n'est pas toi qui l'a fait pousser... » Dieu, lui, a
non seulement fait pousser le ricin mais il a aussi créé les habitants de Ninive... Si Dieu est bon avec les hommes, toujours prêts à leur pardonner, c'est qu'il nous a créé et qu'il nous
aime. Tout simplement...
bla
Ce n'est pas à nous de dire à Dieu ce qu'il convient de faire ou non. C'est Dieu qui fait pousser, c'est lui qui crée, c'est lui qui est à l'origine de toute chose et qui seul peut dire ce qui doit être détruit ou non. Le paradoxe de cette histoire, c'est que les hommes souvent reprochent à Dieu les malheurs et les catastrophes alors que Jonas reproche à Dieu sa bonté... Mais qui sommes-nous pour contester avec Dieu ?
bla
Ce n'est pas à nous de dire à Dieu ce qu'il convient de faire ou non. C'est Dieu qui fait pousser, c'est lui qui crée, c'est lui qui est à l'origine de toute chose et qui seul peut dire ce qui doit être détruit ou non. Le paradoxe de cette histoire, c'est que les hommes souvent reprochent à Dieu les malheurs et les catastrophes alors que Jonas reproche à Dieu sa bonté... Mais qui sommes-nous pour contester avec Dieu ?
bla
En réalité, Jonas voulait un Dieu bon pour lui (n'oublions pas qu'il lui a donné une seconde chance et qu'il l'a secouru dans le ventre du poisson) mais à la
justice implacable pour les autres...
bla
bla
Une fin ouverte
bla
On aurait pu s'attendre à un cinquième chapitre qui aurait pu nous décrire la réaction de Jonas à leçon du Seigneur. On pourrait imaginer un happy end avec Jonas qui reconnaît sa faute et devient prophète de Dieu pour Ninive en donnant de bons conseils... On pourrait ajouter un épilogue décrivant le fait que, finalement, quelques décennies plus tard, Ninive fut bien détruite... Mais rien de tout cela.
On aurait pu s'attendre à un cinquième chapitre qui aurait pu nous décrire la réaction de Jonas à leçon du Seigneur. On pourrait imaginer un happy end avec Jonas qui reconnaît sa faute et devient prophète de Dieu pour Ninive en donnant de bons conseils... On pourrait ajouter un épilogue décrivant le fait que, finalement, quelques décennies plus tard, Ninive fut bien détruite... Mais rien de tout cela.
bla
Certains pourraient rester sur leur faim. On aimerait bien connaître la suite, savoir si Jonas a bien retenu la leçon, et connaître l'évolution du comportement des habitants de Ninive...
Certains pourraient rester sur leur faim. On aimerait bien connaître la suite, savoir si Jonas a bien retenu la leçon, et connaître l'évolution du comportement des habitants de Ninive...
bla
Mais une fin ouverte pour l'histoire de Jonas est bien plus percutante. Parce qu'elle nous interroge.
Mais une fin ouverte pour l'histoire de Jonas est bien plus percutante. Parce qu'elle nous interroge.
Plus que la réaction de Jonas, et la suite de l'histoire des habitants de Ninive, c'est notre attitude qui compte
Acceptons-nous que la bonté de Dieu soit la même pour tous ? Que nous n'avons aucun privilège à faire valoir ? Ou sommes-nous comme Jonas, jaloux de la
miséricorde divine, espérant un Dieu bon pour nous et implacable pour les autres ?
bla
Qu'avons-nous fait, aujourd'hui, de nos repentances passées ? Ont-elles changé notre vie, durablement ?
Qu'avons-nous fait, aujourd'hui, de nos repentances passées ? Ont-elles changé notre vie, durablement ?
Voilà autant de question, et peut-être d'autres encore, que la fin ouverte du livre de Jonas nous laisse...
bla
bla
Conclusion
bla
Nous voilà donc arrivés au terme du feuilleton de Jonas... Un livre prophétique, porteur d'un message de la part de Dieu.
Nous voilà donc arrivés au terme du feuilleton de Jonas... Un livre prophétique, porteur d'un message de la part de Dieu.
bla
Ce message se résume en quelques mots : Dieu est souverain. Mais la perception de cette souveraineté dépend de notre attitude. Soit on agit comme Jonas qui a appris à ses dépend qu'on n'échappe pas à la volonté souveraine de Dieu, on ne conteste pas avec lui. Soit on agit comme les habitants de Ninive qui ont appris que ce Dieu souverain n'est pas inflexible, que ce qu'il recherche avant tout c'est la restauration de la relation et qu'il renonce à ses menaces si la relation est restaurée.
Ce message se résume en quelques mots : Dieu est souverain. Mais la perception de cette souveraineté dépend de notre attitude. Soit on agit comme Jonas qui a appris à ses dépend qu'on n'échappe pas à la volonté souveraine de Dieu, on ne conteste pas avec lui. Soit on agit comme les habitants de Ninive qui ont appris que ce Dieu souverain n'est pas inflexible, que ce qu'il recherche avant tout c'est la restauration de la relation et qu'il renonce à ses menaces si la relation est restaurée.
bla
Du coup, le message prophétique du livre de Jonas est aussi polémique. Le bon exemple est donné par des païens et le mauvais exemple est donné par un prophète ! C'est une mise en garde contre l'orgueil spirituel, la prétention à vouloir un Dieu bon pour nous et à la justice implacable pour les autres.
Du coup, le message prophétique du livre de Jonas est aussi polémique. Le bon exemple est donné par des païens et le mauvais exemple est donné par un prophète ! C'est une mise en garde contre l'orgueil spirituel, la prétention à vouloir un Dieu bon pour nous et à la justice implacable pour les autres.
bla
C'est une invitation à entendre l'appel de Dieu et à comprendre que le Dieu souverain est aussi et surtout un Dieu d'amour qui pardonne et veut restaurer la relation avec ses créatures.
C'est une invitation à entendre l'appel de Dieu et à comprendre que le Dieu souverain est aussi et surtout un Dieu d'amour qui pardonne et veut restaurer la relation avec ses créatures.
/image%2F0555578%2F201304%2Fob_131640b823e6cf5eeb22eff8e45145cc_vm-blog.jpg)