Maudit figuier !

Publié le 2 Juin 2013

››› Télécharger le texte de la prédication


Lecture biblique : Marc 11.1-33

Jésus ne laisse rien au hasard. Particulièrement dans un moment aussi important que son entrée à Jérusalem ! Et on peut dire qu'il soigne son entrée dans la ville. Avait-il tout préparé ? En tout cas, il veille à ce que son entrée soit conforme à la prophétie de Zacharie :

Zacharie 9.9
Regarde ! Ton roi vient vers toi.
Il est juste, victorieux et humble.
Il est monté sur un âne,
sur un ânon, le pet
it d'une ânesse.

A son entrée à Jérusalem, Jésus est le roi qui vient en paix, sur une ânon. Et il est acclamé comme tel. L'effet est réussi !

Mais il ne va pas en rester là. Dans la ville, il observe tout. Mais il ne dit rien, il ne fait rien. Puis il se retire. Et c'est le lendemain seulement qu'il fera un coup d'éclat, dans le temple. C'était évidemment prémédité... Il éclate, se met en colère contre les marchands dans le temple et ceux qui achètent. Il les chasse, il renverse les tables.

C'est un acte prophétique fort, associé à une parole forte : « On appellera ma maison : Maison de prière pour tous les peuples.... Mais vous, vous en avez fait un abri pour les voleurs ! » Un coup d'éclat réussi : les foules sont admiratives de l'enseignement de Jésus. Les chefs religieux, eux, veulent encore plus le faire mourir, et ils essayeront bien de le discréditer en mettant en cause son autorité... sans y parvenir !

Mais il y a un autre acte prophétique, plus étonnant celui-là, qui encadre l'épisode dans le temple. Celui du figuier maudit. L'histoire se déroule en deux temps. Jésus a faim. Il voit un figuier et va y chercher des figues. Mais il n'en trouve pas. Alors il maudit le figuier. Le lendemain matin, alors qu'ils retournent à Jérusalem, les disciples voient le figuier, complètement sec. Etonnés, ils en parlent à Jésus qui leur répond en leur donnant une leçon sur la foi : « croyez en Dieu ! »

Comment comprendre cet étrange épisode ?


Décryptage

Il faut l'avouer, au premier abord, on a l'impression que Jésus se met en colère sans raison contre un pauvre figuier qui n'a rien demandé... Mais on ne peut pas imaginer Jésus en train de faire un caprice !

S'agit-il bien d'un acte prophétique ? Marc nous laisse quelques indices dans son récit :
Il y a d'abord une précision tout à fait significative : ce n'était pas la saison des figues ! Il n'y avait donc aucune chance pour que Jésus y trouve des figues... et il le savait !
Autre indice : l'indication que les disciples entendent ce que dit Jésus... et on peut sans doute comprendre ici que Jésus s'est arrangé pour qu'ils l'entendent !
Ce n'est donc pas vraiment au figuier que Jésus s'en prend. A travers cet arbre, il veut dire quelque chose à ses disciples. C'est bien un acte prophétique...

Mais pourquoi un figuier ? Dans l'Ancien Testament, le figuier est plusieurs fois utilisé comme métaphore du peuple de Dieu. Par son acte prophétique contre le figuier, Jésus prononce en réalité une parole de jugement contre son peuple. Et ça correspond bien au contexte. La veille Jésus a observé ce qui se passait dans la ville de Jérusalem. Et aussitôt après l'épisode du figuier, il exprimera sa colère dans le temple...

La « colère » de Jésus contre le figuier exprime donc les reproches, le jugement de Dieu sur son peuple infidèle.


Il faut des fruits !

Arrêtons-nous donc sur ce figuier... Il provoque la colère de Jésus parce que c'est un arbre plein de feuilles mais sans fruit. N'est-ce pas finalement ce que Jésus a vu la veille en observant la ville ? Le temple fourmillait de monde et d'activités mais plus pour le commerce que pour honorer Dieu. Ils ont fait du temple un lieu de commerce, ils ont transformé le culte en bizness.

Le temple était toujours là. Les sacrifices y étaient toujours offerts. Mais le cœur n'y était pas... Et cela était révélateur de l'attitude générale devant Dieu, d'une perte de repères spirituels. Le peuple était devenu comme un arbre plein de feuilles mais sans fruit.

La métaphore de l'arbre est souvent utilisée dans la Bible. Dans le discours de Jésus aussi, notamment avec cette image forte : tout arbre qui ne produit pas de fruit est coupé et jeté au feu. Ces paroles dures, qui résonnent comme un avertissement, sont en fait une exhortation à ne pas oublier l'essentiel. L'arbre est fait pour porter des fruits. Les feuilles ne suffisent pas... Les feuilles de la religiosité ne peuvent remplacer les fruits de l'amour de Dieu et du prochain !

Et puis, une fois maudit, l'arbre est sec jusqu'aux racines. C'est, pour Jésus, l'état spirituel de son peuple. Un constat global qui le fera pleurer dans un autre évangile ! C'est aussi une mise en garde pour nous : se couper de Dieu, c'est se dessécher.

Tout est-il perdu ? Pas forcément ! Si on peut déplacer des montagnes, on peut bien rendre un figuier sec à nouveau sain ! Mais la seule issue est dans le retour à Dieu, la repentance et le pardon.


Croyez en Dieu !

« Croyez en Dieu ! » Voilà la vraie réponse de Jésus à ses disciples qui s'étonnent que la malédiction du figuier par Jésus ait si bien fonctionné ! Si vous voulez qu'il ne vous arrive pas la même chose que ce figuier, croyez en Dieu. Restez attachés à lui.

Et je me demande si dans la suite de sa réponse, il n'y a pas une pointe d'ironie... « Ça vous épate ce que j'ai fait avec le figuier ? Vous pouvez aussi le faire, et même mieux encore. Comme faire se jeter une montagne dans la mer ! Mais il faut que vous ayez de la foi. Beaucoup de foi ! »
Ou alors c'est juste une hyperbole. Une façon de grossir le trait pour enseigner une vérité. Comment imaginer qu'on puisse dire à une montagne de se jeter dans la mer, et qu'en plus Dieu le fasse ? En réalité, Jésus précise le sens de son hyperbole avec une leçon générale sur la prière : « quand vous priez pour demander quelque chose, croyez que vous l'avez reçu, et Dieu vous le donnera. » C'est déjà plus facile à entendre... mais quand même ! La promesse est étonnante. Mal comprise, elle pourrait faire passer la prière pour une formule magique qui nous permet d'obtenir tout ce qu'on veut, pourvu qu'on y croie !

Alors, pour qu'on ne s'y trompe pas, Jésus souligne que notre prière ne peut pas être déconnectée de notre vie quotidienne : « quand vous êtes debout pour prier, pardonnez à ceux qui vous ont fait du mal. Alors votre Père qui est dans les cieux vous pardonnera aussi vos fautes. »

Votre prière ne pourra être efficace que si elle est connectée à une vie consacrée à Dieu. Si vos paroles correspondent à vos actes. Et on revient ainsi à la première réponse de Jésus : « croyez en Dieu ». Alors, si c'est le cas, vous ne demanderez pas n'importe quoi à Dieu, juste par caprice ou pour épater la galerie. Vous lui demanderez ce dont vous aurez besoin, ou ce dont les autres auront besoin.


Conclusion

Croyez en Dieu ! Voilà finalement la principale exhortation à entendre dans cet épisode étonnant...

Les gens que Jésus a vu dans le temple ne croyaient plus en Dieu. Ils croyaient au temple, ils croyaient à leur bizness, ils croyaient peut-être en leur pratique religieuse... mais ils ne croyaient pas en Dieu.

Parce que croire en Dieu, c'est placer sa confiance en lui. C'est lui rester attaché, trouver notre sève en lui et porter du fruit pour sa gloire. C'est, selon les paroles du Psaume 1, être « Comme un arbre planté au bord de l'eau, il donne ses fruits au bon moment, et ses feuilles restent toujours vertes. » (Ps 1.3)

Rédigé par Vincent

Repost 0
Commenter cet article

Clovis Simard 18/09/2013 13:31

SEMÉ LA PAROLE.fermaton.over-blog.com