Jésus, Barabbas et moi

Publié le 21 Juillet 2013

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Lecture biblique : Marc 15.1-20

Dans les évangiles, bien-sûr, tout tourne autour de Jésus-Christ. Ses disciples sont aussi très présents. Mais il y a aussi toute une foule de personnages « secondaires » qui gravitent autour de lui. Certains sont bien connus, d'autres restent anonymes. Mais ils jouent un rôle essentiel pour nous parler de Jésus.

Parmi ces personnages « secondaires », rares sont ceux qui sont mentionnés dans les quatre évangiles. C'est le cas de Barabbas, qui n'apparaît qu'au moment du procès de Jésus, mais qui est bel et bien mentionné explicitement dans les quatre évangiles. C'est dire qu'il doit être d'une importance particulière...


Barabbas et Jésus : un coupable et un innocent...

Matthieu mentionne le nom complet de Barabbas : « Jésus Barabbas ». Même si plusieurs manuscrits n'ont pas cette précision, il semble bien que ce soit authentique. Des copistes ont dû juger indigne qu'un tel homme porte le même nom que Jésus... Mais en réalité, Jésus était un nom très courant (c'est l'équivalent de Josué) !

Matthieu joue d'ailleurs avec le parallèle, par ces paroles de Pilate à la foule : « Je vais vous libérer un prisonnier. Qui voulez-vous : Jésus Barabbas ou Jésus qu'on appelle Messie ? » (Mt 27.17). Bref : quel Jésus voulez-vous que je libère ?

Et pour ajouter encore au parallèle, on peut se pencher sur l'étymologie de Barabbas : « Fils d'Abba » ou « fils du père ». C'est ce que Jésus est bel et bien, d'un point de vue théologique. Fils du Père.

Barabbas apparaît donc bien comme un « autre Jésus »... Mais la similitude s'arrête là. Car si Barabbas est bel et bien coupable, Jésus-Christ est innocent. Il est traité comme un criminel coupable, lui l'innocent. Il est mis en balance avec un vrai criminel, Jésus Barabbas. Et alors qu'il ne devrait même pas être condamné, c'est l'autre Jésus, Barabbas, qui est gracié !

La condamnation est injuste. Pilate lui-même le reconnaît : « Qu'est-ce qu'il a donc fait de mal ? ». Et la réponse de la foule à cette question accentue le caractère inique du jugement : « Crucifie-le ». Sans raison.

La figure de Barabbas souligne la condamnation profondément injuste du Christ. Lui, l'innocent, est déclaré coupable. C'est le scandale de la croix du Christ. C'est aussi le mystère de notre salut qui s'y joue...


Barabbas et la foule : quel Jésus choisir ?

Jésus-Christ est donc livré à la merci de la foule, une foule manipulée par les chefs religieux. Barabbas était, semble-t-il, le leader d'une révolte contre les Romains. Une révolte au cours de laquelle quelqu'un avait été tué... Et lorsque Pilate propose de libérer Barabbas ou Jésus, il doit sans doute penser que la foule choisira Jésus. Mais il n'en est rien...

C'est grâce à la foule que Barabbas a été libéré. Une foule, certes, manipulée par les chefs religieux... mais une foule qui s'est laissée manipuler ! Et la voix du peuple s'est portée sur le brigand plutôt que sur le Messie...

Un brigand, certes, mais qui s'est révolté contre le pouvoir romain. Or, en ce temps-là, l'attente messianique était forte mais nettement teintée de politique. On attendait un Messie qui viendrait apporter une libération politique en délivrant du joug romain. Jésus Barabbas s'est révolté contre le pouvoir romain. Jésus de Nazareth, lui, reste pacifique et silencieux face à ses accusateurs, y compris Pilate.

Une déception par rapport à Jésus qui a pu sans doute être exploitée par les chefs religieux pour pousser la foule à choisir Jésus Barabbas plutôt que Jésus de Nazareth. Il n'était pas un Messie comme on l'attendait. Les gens n'étaient pas prêts à reconnaître en lui le Messie. Ils n'étaient pas prêts à accueillir un royaume spirituel plutôt que politique. Ils ont préféré faire d'un brigand un héros...

Et nous, quel Jésus choisissons-nous ? Celui qui est conforme à nos attentes ? Celui dont nous façonnons l'image à notre guise ? Ou celui qui nous surprend ou nous appelle sur un chemin différent ?


Barabbas et moi : tous deux graciés !

Enfin, Barabbas, c'est aussi d'une certaine façon vous et moi... C'est un homme coupable gracié, alors que Jésus, l'innocent, est condamné à sa place. C'est une vivante illustration du salut, de la rédemption que nous avons en Jésus-Christ. Comme le dit l'apôtre Paul, nous sommes tous coupables, des pécheurs. Mais nos sommes graciés, au bénéfice du sacrifice du Christ. Il a été condamné à notre place.

On ne va pas faire pour autant de Barabbas le premier chrétien... mais il apparaît bien comme une figure du croyant au bénéfice du sacrifice du Christ. C'est pour cette raison, sans doute, qu'il est mentionné dans les quatre évangiles.

On ne sait pas ce qu'il est advenu de Barabbas par la suite. Ça a été le sujet de romans et de films, mais la Bible ne parle plus de lui. Cette fin ouverte est là pour nous interpeler. La figure de Barabbas nous aide à prendre conscience que nous sommes des graciés ! Or celui qui est gracié sait qu'il a reçu une seconde chance. Il n'est plus considéré comme coupable. Ses fautes sont effacées.

Spirituellement graciés, que faisons-nous de cette seconde chance ? Que faisons-nous du salut que nous avons reçu en Jésus-Christ ? Comment habitons-nous notre vie nouvelle ? Est-elle bien, elle aussi, caractérisée par la grâce, le pardon, le don de soi ?


Conclusion

On ne sait pas grand chose de Barabbas mais le rôle qu'il joue dans le procès de Jésus-Christ est essentiel. Il nous rend plus proche le récit de la Passion du Christ. Il nous pousse à prendre position, à répondre à la question de Pilate : quel Jésus choisissons-nous ? Il nous permet de nous identifier à lui et d'entrer dans le récit de la Passion. Barabbas, c'est nous, coupables, mais graciés parce que Jésus est condamné à notre place.

Nous ne savons pas ce qu'est devenu Barabbas, le gracié. Mais nous savons ce que nous pouvons faire de notre vie, nous qui sommes aussi graciés devant Dieu !

Rédigé par Vincent

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Josué 02/08/2017 14:01

Le problème dans ce passage c'est , comment si Jésus ( Christ ) était innocent a t il pu être condamné alors que l'autre est manifestement coupable . On pourrait pousser plus loin la réflexion en se demandant s'il n'y avait eu en fin de compte qu'un seul Jésus ( Fils de Dieu ou Fils du Père )