Et sinon, des bonnes nouvelles ?

Publié le 30 Juin 2013

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Lecture biblique : Marc 13.1-37

C'est une remarque des disciples qui lance le discours de Jésus sur la fin des temps. Une remarque sur le temple, grande fierté pour tout Juif de l'époque. Et la réponse de Jésus est comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu : il ne restera pas une seule pierre sur une autre. Tout sera détruit. En réalité, il en reste bien encore un tout petit peu : le mur des lamentations à Jérusalem. Mais la destruction du temple a bien eu lieu en l'an 70, dans le sang, au cours d'une révolte juive très sévèrement réprimée.

Annoncer la destruction du temple, c'est annoncer un cataclysme. Ça ne peut être que la fin du monde pour un Juif du temps de Jésus. Et cela ressort bien de la réaction des disciples.

Mais dans le discours de Jésus, il n'est pas facile de démêler l'écheveau. Qu'est-ce qui concerne la destruction du temple et qu'est-ce qui concerne la fin du monde ? Car il y a visiblement des éléments qui concernent la destruction du temple, comme l'évocation de détresses et la précision du v.30 : « quand cela arrivera, les gens d'aujourd'hui ne seront pas tous morts. » Mais il y en a d'autres qui, visiblement, débordent ce cadre, comme les v.26-27 : « on verra arriver le Fils de l'homme entouré de nuages, avec toute sa puissance et toute sa gloire. Il enverra les anges et il rassemblera ceux qu'il a choisis, des quatre coins de la terre, d'un bout du monde à l'autre ».

Mais un flou subsiste et c'est probablement fait exprès. Comme l'énumération de tous les signes, tellement généraux et universels depuis la nuit des temps qu'ils rendent impossible toute précision quant au moment de la fin. D'ailleurs Jésus le dit explicitement : « Le jour et l'heure où ces choses arriveront, personne ne les connaît » (v.32)

Le but premier du discours de Jésus est de nous tenir en éveil. La fin arrivera, et de nombreuses catastrophes seront là pour le rappeler, à commencer par la destruction du temple, mais personne ne peut savoir quand tout cela arrivera. Alors tenez-vous prêt ! C'est la conclusion de tout le discours, valable pour tous et toujours : « Ce que je vous dis, je le dis à tous : restez éveillés ! » (v.37)

Evidemment, pour remonter le moral, il y a mieux comme texte ! Mais, au-delà des catastrophes, n'y a-t-il pas aussi quelques bonnes nouvelles dans ce discours de Jésus ?


Un nouveau temple

Le discours de Jésus n'est pas simplement une prédiction de ce qui va arriver. Il propose aussi une analyse théologique de l'événement de la destruction du temple. C'est un signe de la fin. Et ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle seulement. C'est aussi le signe d'une alliance nouvelle où le temple n'est plus fait de pierres.

C'est plus explicite encore dans l'évangile selon Jean où Jésus déclare :
« Détruisez ce temple, et en trois jours, je le remettrai debout. »
Ils lui disent : « On a mis 46 ans pour construire ce temple, et toi, en trois jours, tu vas le remettre debout ! »
Mais quand Jésus parlait du temple, il parlait de son corps. (Jean 2.19
-21)


La même pensée a été développée par l'apôtre Paul : le temple du Saint-Esprit, c'est vous ! Chaque croyant l'est, mais aussi vous, l’Église, ensemble.

L'idée est même reprise dans l'Apocalypse où dans la vision finale de la Nouvelle Jérusalem, il n'y a pas de temple :
Mais dans la ville, je ne vois pas de temple, parce que son temple, c'est le Seigneur, le Dieu tout-puissant, ainsi que l'Agneau. (Apocalypse 21.22)

Contrairement à certains schémas eschatologiques, l'attente de la reconstruction du temple ne me paraît pas légitime... Dans la perspective du Nouveau Testament, le temple est déjà reconstruit, et il est spirituel. Il a été inauguré par la résurrection du Christ, et d'une certaine manière il continue d'être édifié par l'action du Saint-Esprit en nous.

Désormais, c'est d'un temple spirituel que nous devons nous occuper. A savoir notre vie consacrée au Seigneur, et son Église unie dans le témoignage.


La présence du Seigneur au coeur de l'épreuve

Jésus ne cache pas les épreuves et les souffrances au-devant desquelles vont ses disciples :
Le frère livrera son frère pour qu'on le tue, le père fera la même chose avec son enfant. Les enfants deviendront les ennemis de leurs parents et ils les feront condamner à mort. Tout le monde vous détestera à cause de moi. (v.12-13a)

Mais il y a quand même un bonne nouvelle : celle de la présence et du soutien du Seigneur au milieu de l'épreuve. Il promet, au coeur même de l'épreuve, sa présence et son aide :
Et quand on vous emmènera pour vous juger, ne soyez pas inquiets d'avance en vous demandant : 'Qu'est-ce que nous allons dire ?' Vous direz les paroles que Dieu vous donnera à ce moment-là. En effet, ce n'est pas vous qui parlerez, mais c'est l'Esprit Saint. (v.11)

Plus encore, les épreuves et les persécutions seront des occasions pour que la Bonne Nouvelle de l’Évangile retentisse :
Des gens vous livreront aux tribunaux. On vous frappera dans les maisons de prière, on vous conduira devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi. Alors vous serez mes témoins devant eux. (v.9)

Le discours de Jésus traduit la réalité de la condition du chrétien ici-bas. On n'est pas retiré de la fournaise, on n'échappe pas aux épreuves et aux souffrances. Mais on bénéficie de la présence et de l'aide du Seigneur.

Et ça, c'est une bonne nouvelle. Jamais Jésus ne promet à ses disciples une vie paisible, sans difficulté ni épreuve, une vie d'abondance, de pleine santé, de prospérité et de bonheur sans ombre. Ce serait un mensonge de le prétendre. Mais il promet d'être là, particulièrement lorsque nous traversons des temps d'épreuve. Lui qui a connu aussi l'épreuve, le rejet, la haine, l'injustice...


Dieu maîtrise l'histoire : il y aura bien une fin !

Et puis il y a une dernière bonne nouvelle :
Le jour et l'heure où ces choses arriveront, personne ne les connaît: ni les anges de Dieu ni le Fils. Le Père est seul à les connaître. (v.32)

Le Père, lui, connaît le jour de la fin ! Parce qu'il est le souverain maître de l'histoire. Aussi sombre et incertain soit-il à nos yeux, l'avenir est dans les mains de Dieu. Dieu maîtrise l'histoire et il y aura bien une fin aux catastrophes, aux injustices et aux guerres.

Dans notre monde vacillant, où les guerres n'en finissent pas, où les injustices sont criantes, où les magouilles éclatent au grand jour, où les colères grondent... il y a un fondement solide sur lequel s'appuyer :
Le ciel et la terre disparaîtront, mais mes paroles ne disparaîtront jamais. (v.31)

Oui, nos épreuves prendront fin un jour. Oui, les souffrances de notre monde trouveront une fin dans un monde nouveau, racheté. Comme le dit si bien l'Apocalypse :
« Maintenant, la maison de Dieu est au milieu des êtres humains. Il va habiter avec eux. Ils seront ses peuples, Dieu lui-même sera avec eux et il sera leur Dieu. Il essuiera toutes les larmes de leurs yeux. La mort n'existera plus, il n'y aura plus ni deuil, ni cris, ni souffrance. Oui, le monde ancien a disparu. » (Ap 21.3-4)


Conclusion

Bien-sûr que la tonalité générale du discours de Jésus sur la destruction du temple et la fin du monde est sombre. Les catastrophes qui y sont annoncées, les épreuves et les persécutions qu'attendent les croyants... C'est la réalité de notre monde.

Mais s'il faut retenir une bonne nouvelle, c'est que la fin de quelque chose, c'est le commencement d'autre chose. La destruction du temple, c'est le signe qu'un temple nouveau a été édifiée depuis la résurrection du Christ, un temple spirituel. La fin du monde, c'est le début d'un monde nouveau, délivré du mal et de ses conséquences dramatiques.

Et si, dans l'attente de l'accomplissement de ces promesses il faut accepter parfois d'endurer des souffrances et des épreuves, le croyant sait qu'il peut les aborder avec l'assurance de la présence et de l'aide du Seigneur lui-même.

Et ça, c'est encore une bonne nouvelle !

Rédigé par Vincent

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