Une question de foi

Publié le 30 Septembre 2012

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Lecture biblique : Marc 2.1-12

Comme souvent, l'attitude de Jésus, et ses paroles, posent problème. Elles interrogent, interpellent ou dérangent. C'était vrai pour les gens du temps de Jésus... c'est encore vrai pour nous aujourd'hui. Mais peut-être que nous ne sommes pas dérangés par les mêmes choses que les Pharisiens... 

 

La foi des quatre amis

Ce qui est choquant pour les Pharisiens, c'est que Jésus affirme avoir le pouvoir de pardonner les péchés. Pour nous qui croyons que Jésus est le Fils de Dieu, ce n'est évidemment pas choquant. Jésus-Christ a le pouvoir de pardonner les péchés, c'est même pour cela qu'il est venu sur terre !

Par contre, ce qui est bizarre voire choquant pour nous, c'est que Jésus pardonne les péchés du paralytique, non à cause de sa foi mais à cause de celle de ses amis qui le portent !

Quand Jésus voit leur foi, il dit au paralysé : « Tes péchés sont pardonnés. » (v.5)

On peut toujours dire que la foi du paralytique est sous-entendue. C'est possible... mais le texte ne le dit pas ! Et il lie même explicitement l'annonce du pardon des péchés du paralytique à la foi manifestée par l'attitude de ses amis. 

Il ne faut pas pour autant dire que le paralytique aurait été pardonné de ses péchés malgré lui. Il est bien associé au processus. Ne serait-ce qu'en obéissant à Jésus qui lui dit de se lever et de s'en aller en portant sa natte. 

Il n'empêche : c'est bien la foi des quatre amis qui est mise en évidence dans ce récit. Pas celle du paralytique. Et c'est leur foi qui a permis à leur ami d'être non seulement guéri mais aussi pardonné. 

N'y a-t-il pas derrière ce récit une merveilleuse promesse pour nous, un encouragement pour notre foi ? Ne nous est-il pas possible de "porter" ceux que nous aimons auprès de Jésus ? N'est-ce pas le rôle de la prière ? 

 

Le pardon avant la guérison

Il y a un autre "problème" dans ce récit : on n'amenait pas le paralysé pour qu'il soit pardonné de ses péchés mais pour qu'il soit guéri de sa paralysie ! Même si c'est bien ce qui est arrivé finalement, Jésus se focalise plutôt sur le pardon des péchés.

Regardez bien les paroles de Jésus ici : 

Eh bien, vous devez le savoir : le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre. (v.10)

"Vous devez le savoir...". Cette guérison est une démonstration pour Jésus. Le signe qu'il a le pouvoir de pardonner les péchés. Il est le Fils de Dieu. Et c'est pour cela qu'il est venu. Et pour mettre tout le monde d'accord, il va accomplir le signe de la guérison miraculeuse du paralytique. Mais les péchés du paralytique sont déjà pardonnés avant la guérison...

Le paralytique a été amené à Jésus pour être guéri... Jésus répond d'abord en lui pardonnant ses péchés. Il répond d'abord à son vrai besoin, pas à son attente. Car Jésus n'est pas venu pour répondre aux attentes mais aux besoins. Ce dont ce paralysé a vraiment besoin, c'est moins d'une guérison physique que d'une guérison spirituelle. Et nous en sommes tous là !

On pourrait d'ailleurs se demander si nos frustrations, nos prières non exaucées, etc... ne seraient pas souvent lié à cela. Au fait que nous confondons nos attentes et nos besoins. On peut attendre plein de choses de la vie chrétienne, de la foi, de la prière, de Dieu lui-même... mais ces attentes correspondent-elles vraiment à nos besoins ? 

Notre besoin spirituel fondamental n'est pas différent du paralytique : c'est le pardon de nos péchés. De là découle tout le reste. Parce que le pardon des péchés libère de la culpabilité, délivre du péché et de sa condamnation, nous réconcilie avec Dieu, accorde le salut, procure une espérance éternelle... 

Mais j'ai l'impression qu'on attend plein d'autres choses de Dieu, de l'Eglise, de la vie chrétienne. Certains en attendent un épanouissement personnel, un moyen de se réaliser. Pour d'autres, c'est la santé et la prospérité. Pour d'autres encore, une solution à la solitude, ou de quoi combler un manque affectif. 

Je ne dis pas que ces attentes sont toutes illégitimes... je dis simplement que notre besoin essentiel est ailleurs. 

 

Une seule parole suffit

Il y a, certes, des paroles quelque peu dérangeantes de la part de Jésus ici. Mais il y en a aussi une qui est parfaitement rassurante : "Tes péchés sont pardonnés !" et la guérison qui y est associée.

Remarquez que la guérison a lieu par la seule vertu de la parole du Christ. Il n'y a pas d'imposition des mains ou de geste particulier, pas d'invocation, pas de délivrance d'un esprit mauvais. Juste un ordre, un commandement adressé au paralytique :

« Je te le demande, lève-toi, prends ta natte et rentre chez toi ! » (v.11)

Sans doute parce que l'essentiel avait déjà été dit, lorsque Jésus avait dit "tes péchés sont pardonnés". La guérison du paralytique n'était qu'une confirmation...

Souvenons-nous que Jésus, en guérissant cette homme, voulait démontrer qu'il avait le pouvoir de pardonner les péchés. Pour le pardon des péchés, seule sa parole suffit. Quand il dit : "tu es pardonné", c'est vrai. C'est un fait acquis sur lequel on ne revient pas. 

Un peu comme la parole que Jésus prononce sur la croix : "Tout est accompli !" Le pardon nous est acquis une fois pour toute par la mort du Christ. Et le signe éclatant de ce pardon acquis, ce sera la résurrection du Christ. 

Si la guérison du paralytique est le signe que le Fils de l'Homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés, la mort et la résurrection du Christ est le signe que son oeuvre a le pouvoir de pardonner les péchés à toute l'humanité !

Cette homme paralysée, guéri, pardonné, se lève et rentre chez lui. Il recommence une nouvelle vie. Tout comme celui qui reçoit aujourd'hui le pardon du Christ commence une vie nouvelle. 

Nous pouvons nous identifier au paralytique de notre récit. "Lève-toi, relève-toi, tu es pardonné. Prends ta natte et rentre chez toi. Le Christ t'a libéré, tu peux commencer une vie nouvelle avec lui. Lève-toi et marche ! Marche à sa suite." 

 

Conclusion

Une fois de plus, Jésus n'agit pas comme on aurait pu s'y attendre. Il nous surprend encore... Si le fait qu'il puisse pardonner les péchés n'étonnent pas les croyants que nous sommes, le fait qu'il pardonne ses péchés à un paralytique qui n'a rien demandé, et sur la base de la foi de ses amis, a de quoi nous surprendre !

Laissons-nous donc interpeler par ce récit. Et apprenons à y voir :

Un appel à la solidarité, à porter nos proches et nos amis auprès de Jésus. Le Christ y est sensible... C'est le rôle de la prière. 

Une nécessaire prise de conscience de nos besoins premiers, parfois masqués par des attentes pas toujours légitimes : spirituellement, c'est clairement le pardon de Dieu, duquel tout le reste découle. 

Une constante sur laquelle s'appuyer : la parole du Christ qui donne le pardon et appelle à la foi. C'est toujours elle qui vient nous rejoindre, nous interpeller, nous consoler, nous guérir et nous pardonner. 

 

Pour aller plus loin...

Questions bibliques et théologiques

En quoi peut-on considérer que le pardon des péchés est une guérison ? De quoi le pardon guérit-il ? 

  • Essayez d'argumenter bibliquement vos réponses.

 

Questions personnelles

Combien d'amis est-ce que je "porte" jusqu'à Jésus dans la prière ? Ai-je conscience du nombre d'amis qui font de même pour moi ?

Rédigé par Vincent

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