Théologie et émerveillement

Publié le 4 Mars 2012

 

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Avez-vous entendu parler de Klaas Hendrikse ? C'est un pasteur hollandais qui a publié l'année dernière un livre intitulé : « Croire en un Dieu qui n’existe pas. Manifeste d’un pasteur athée ». Pour lui, Dieu n'existe pas à proprement parler, mais il se produit entre nous...

Finalement, dans son optique, la foi n'est plus qu'une philosophie humaniste et Dieu n'est pas une personne mais un concept abstrait, une rencontre... il ne reste pas grand chose de l'Evangile ! Franchement, si l'apôtre Paul avait eu ce livre entre les mains, je crois qu'il en aurait fait des boutons !

Aux antipodes des thèses de Klaas Hendrikse, voici ce que dit l'apôtre :

Lecture biblique : Romains 8.31-39

L'épître aux Romains est l'épître théologique de Paul par excellence, celle dans laquelle sa théologie est développée avec le plus d'ampleur et de détail. La lecture en est parfois exigeante mais il ne s'agit pas pour autant d'un traité de théologie froid et sec. Son écrit est émaillé d'envolées lyriques, pleines d'émotion dont notre texte en est un des plus beaux exemples. 

Il faut comprendre que pour Paul, la théologie n'est pas une fin en soi mais elle nourrit une foi vivante !

 

Que dire de plus ? 

Dans le développement théologique de l'épître aux Romains, ce paragraphe n'était pas vraiment obligatoire. Paul aurait pu passer tout de suite au chapitre 9, on n'aurait probablement pas eu l'impression d'un vide, d'une pièce manquant au puzzle. 

D'un point de vue théologique, il n'y avait rien à dire de plus. Paul avait "fait le tour" de la question en présentant de façon systématique le plan de salut de Dieu accompli en Jésus-Christ. En partant de la réalité universelle du péché, en passant par la justification par grâce, au moyen de la foi, la lutte intérieure du croyant, l'oeuvre du Saint-Esprit dans le croyant... Un exposé magistral !

Alors... que dire de plus ? 

Rien de nouveau en tout cas. Ce qu'il dit ici, il l'a déjà dit d'une manière ou d'une autre dans les chapitres précédents. Mais jamais il ne l'a dit ainsi. Parce qu'ici on n'est pas dans le simple exposé théologique. On peut imaginer Paul dicter ce passage avec fougue et passion. 

Théologiquement, il ne dit rien de plus. Mais s'il n'avait pas dit ce qu'il y a dans ce paragraphe, nous serions passé à côté de quelque chose d'essentiel. Au-delà de l'exposé théologique, ici Paul exprime son adoration. Pour lui, la réflexion théologique n'est pas une fin en soi. Et il ne faut pas que ça le soit pour nous.

Car la théologie n'est pas que l'affaire des théologiens ! Quand vous lisez la Bible, vous faites un travail de théologien. Quand vous réfléchissez un peu à votre foi, vous faites un travail de théologien. Quand vous témoignez de votre foi, vous faites un travail de théologien... La théologie n'est rien d'autre que le fait d'avoir un discours sur Dieu. 

Or, notre connaissance de Dieu, de la Bible, ne doit jamais être perçu comme une fin en soi. Elles n'ont véritablement de sens que si elles nous conduisent à l'adoration et si elles nous permettent d'avoir une foi cohérente, solide et vivante. 

Comme c'était le cas pour l'apôtre Paul. Comme c'est le cas dans notre texte, où deux sentiments se dégagent : l'émerveillement et l'assurance. 

 

Emerveillement

Par un jeu de questions rhétoriques, Paul aligne plusieurs affirmations fondamentales quant au salut en Jésus-Christ. Chaque question est l'occasion d'une réponse catégorique et ferme. Qui ? Personne ! Il y a comme un crescendo tout au long du paragraphe, comme un émerveillement constant et grandissant qui s'exprime.

Qui sera contre nous ? Personne, puisque Dieu est avec nous ! Il est avec nous parce qu'il nous a réconcilié avec lui. Il est de notre côté !

Qui peut accuser ceux que Dieu a choisis ? Personne, puisque c'est Dieu qui nous a rendu juste ! Le salut offert, c'est une justification. Autrement dit, même coupables devant Dieu, le Seigneur nous considère comme justes devant lui, grâce à l'oeuvre accomplie par Jésus-Christ.

Qui peut les condamner ? Personne, puisque le salut a été pleinement accompli par Jésus, dans sa mort et sa résurrection ! Le jugement est déjà rendu. Jésus, l'innocent, a été jugé comme un coupable pour que nous, les coupables, ne soyons pas condamnés. 

Qui peut nous séparer de l'amour du Christ ? Rien ni personne. Remarquez bien la question. Ce n'est pas qui peut nous séparer du Christ mais qui peut nous séparer de l'amour du  Christ ? En réalité, la réponse est dans la question. Jésus-Christ nous aime. Il l'a prouvé en donnant sa vie pour nous. Or, il n'y a rien de plus fort que l'amour. A plus forte raison pour l'amour du Christ !

Que dire de plus après une telle démonstration ? Sinon, simplement, s'émerveiller devant la perfection de l'oeuvre de salut accomplie en Jésus-Christ !

 

Assurance

A part l'émerveillement, le sentiment qui ressort le plus de ce texte, c'est l'assurance. Avec en particulier le début du verset 38 : "Oui, j'en suis sûr, rien ne pourra nous séparer de l'amour que Dieu nous a montré dans le Christ Jésus..."

Une assurance qui n'est pas de l'orgueil, parce qu'elle ne repose pas sur soi mais sur Dieu et son amour. Ce qui donne de l'assurance à notre foi, ce ne sont pas notre expérience, notre connaissance, notre sagesse ou nos qualités... mais uniquement l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. 

Ce n'est pas nous qui sommes pour Dieu, c'est Dieu qui est pour nous ! Nous ne sommes pas justes par nous-mêmes, c'est Dieu qui nous rend justes ! Nous ne sommes pas vainqueurs par nous-mêmes, nous le sommes "par celui qui nous a aimés." Nous ne gagnons rien, nous ne méritons rien, nous recevons tout par grâce !

Une telle assurance balaye la crainte, la culpabilité, l'inquiétude. La foi en Jésus-Christ nous libère. Dieu nous aime. Il l'a prouvé en Jésus. Et nous sommes gardés dans son amour. Alors pourquoi douter de notre sort ? Pourquoi chercher encore à s'attirer les faveurs d'un Dieu qui nous est déjà favorable ? Pourquoi se placer sous un joug d'obligations et de contraintes alors que nous sommes libres d'aimer, comme Dieu nous aime ?

Une telle assurance donne une force incroyable face à l'adversité. Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? La longue liste des ennemis potentiels au verset 39 ne tient pas devant l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Nul ne vaincra, aucune puissance, humaine ou non, pas même la mort ! 

 

Conclusion

Comment le fait de croire en un Dieu qui n'existe pas pourrait provoquer un tel émerveillement et procurer une telle assurance ? De toute façon, si Dieu n'existe pas, alors Jésus n'est pas mort et ressuscité. Et toute la démonstration de Paul tombe à l'eau... 

Ne laissons pas la réflexion théologique à ceux qui réduisent la foi à une philosophie humaniste. Assumons pleinement notre foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, mort et ressuscité. Et développons une foi réfléchie, solide et vivante. Et comme Paul, nous ne cesserons pas d'être émerveillés et notre assurance ne fera que grandir !

 

 

Pour aller plus loin...

Questions bibliques et théologiques

Ephésiens 1.3-15 est un autre texte où Paul évoque l'oeuvre de salut accompli en Jésus-Christ avec émerveillement. Lisez ce texte.

  • Relevez les différentes étapes du salut mentionnées dans ce texte.
  • Quels sont les éléments qui invitent à l'émerveillement et lesquels sont source d'assurance pour notre foi ?

Questions personnelles

Quand je réfléchis à l'oeuvre de salut en Jésus-Christ, qu'est-ce qui m'émerveille le plus ? Et qu'est-ce qui me donne le plus d'assurance dans ma foi ?

 

Rédigé par Vincent

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