Quatre repères pour l'Eglise

Publié le 23 Janvier 2011

eglise-dessin Ecoutez la prédication ici

 

 Ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, au partage du pain et aux prières. La crainte s'emparait de chacun, et beaucoup de prodiges et de signes se produisaient par l'entremise des apôtres.

Tous les croyants étaient ensemble et avaient tout en commun. Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.

Chaque jour, ils étaient assidus au temple, d'un commun accord, ils rompaient le pain dans les maisons et ils prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de coeur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à la communauté ceux qu'il sauvait.

(Actes 2.42-47)

C'est un texte narratif, pas un texte de loi ! Ce n'est donc pas une description de ce que doit être toute Eglise mais la description de ce qu'a été l'Eglise de Jérusalem à ses débuts. Un exemple duquel s'inspirer, pas un modèle à copier.

Je ne vais donc pas dire : « désormais, on va vivre comme les premiers chrétiens à Jérusalem ». Mais plutôt : « qu'est-ce que leur exemple, et la façon dont Luc le relate dans son livre des Actes, peuvent nous apprendre pour nous aujourd'hui ? »

 

Des repères qui aident

Des repères et pas des prescriptions, des bornes et pas des normes. 

L'enseignement des apôtres

L'essentiel ce ne sont pas les apôtres mais leur enseignement, aujourd'hui accessible par l'Ecriture. Il nous faut considérer l'Eglise comme un lieu d'enseignement. Non pas simplement par la transmission d'un savoir mais en étant un lieu d'apprentissage pour vivre l'Evangile.

La communion fraternelle 

Nous en avons une illustration concrète dans ce récit : les disciples vendaient leurs biens et en partageaient le produit entre tous. Nous aurions tort de limiter la communion fraternelle au sentiment d'être bien ensemble et d'appartenir à la grande famille de l'Eglise... Il faut des implications concrètes ! Même s'il ne s'agit pas forcément de copier exactement ce que faisaient les premiers chrétiens à Jérusalem. 

Le partage du pain

Il y a une référence à la Cène mais pas seulement... Au temps de l'Eglise primitive, il s'agissait de repas en commun, au cours desquels la Cène était célébrée. Il nous faut donc intégrer pleinement la dimension communautaire dans la célébration de la Cène... et dans la vie d'Eglise.

Les prières

Vous noterez le pluriel ! Elles accompagnent toutes les dimensions de la vie de l'Eglise, par la louange, l'intercession, la repentance, la reconnaissance... Une Eglise où on ne prie pas... est-ce vraiment encore une Eglise ? 

Il s'agit de sans cesse réinventer l'Eglise à l'aide de ces repères. La Bible ne dit pas que dans une Eglise il doit y avoir un culte le dimanche matin, des réunions de prières et d'études bibliques et des groupes de maison. Mais elle souligne que dès son origine, l'Eglise a rassemblé les chrétiens pour qu'ils soient enseignés, pour y vivre le partage, y célébrer le Repas du Seigneur et prier ensemble. A chaque Eglise, en son temps et dans son contexte, de trouver comment l'exprimer !


Des détails qui fâchent

Il y a surtout deux « détails » du texte... mais qui apparaissent plusieurs fois !

L'assiduité chaque jour !

C'est déjà assez difficile de venir (presque) tous les dimanches au culte !!! En tout cas, parler d'assiduité n'est peut-être pas très à la mode dans les Églises aujourd'hui où on préfère un engagement « à la carte ». 

Mais ce texte le dit bien :chaque jour et d'un commun accord, ils se réunissaient... au temple et dans les maisons. Chaque jour le Seigneur ajoutait à la communauté ceux qu'il sauvait.  

Aujourd'hui, et dans le milieu évangélique, on insiste sur la piété personnelle, le fait de prier et lire sa Bible tous les jours, etc... OK c'est très bien. Mais ici il n'est pas question de piété personnelle mais de vie d'Eglise. C'est une dimension essentielle dans la vie chrétienne.

Je ne dis pas qu'il nous faut prévoir chaque jour un culte ou une réunion d'Eglise. La société a changé, le contexte est différent, on ne peut se soustraire à sa famille, ses obligations professionnelles, etc...

Mais ne devrions-nous pas inscrire la vie d'Eglise comme une dimension essentielle de notre vie ? Au même titre que la famille, le travail ou l'engagement associatif. Quelle place la vie d'Eglise occupe-t-elle dans votre emploi du temps, dans vos projets, dans vos prières ?

 

Des fruits qui encouragent

Il y a d'abord la faveur de tout le peuple, un accueil favorable (TOB). Notamment sans doute dans leurs actions d'évangélisation, la suite le laisse entendre. Il y avait un rayonnement auprès du peuple, des gens qui voyaient ce qui se passait dans l'Eglise et qui du coup réservaient un accueil favorable au message de la grâce...

C'est un autre fruit : une croissance, qui est l'œuvre du Seigneur. C'est lui qui ajoute à la communauté sont qu'il sauve (littéralement : « qui sont en train d'être sauvés »).

Les fruits viennent naturellement mais ils ne sont pas une fin en soi. On ne bâtit pas une Eglise pour qu'elle grandisse. L'objectif n'est pas, en lui-même, d'être plus nombreux. Il s'agit plutôt d'accueillir ceux que le Seigneur sauve. 

Soyons donc des jardiniers dans l'Eglise, qui plantent et qui arrosent... mais c'est Dieu qui fait croître. Les fruits sont le résultat de son oeuvre, pas de la nôtre. 

 

Conclusion

 

Si l'Eglise est sans cesse à réinventer, pour qu'elle reste pertinente dans un monde qui change, il y a une donnée qui ne change pas : c'est le Seigneur qui construit son Eglise, et il le fait avec nous... 

On retrouve ici une des leçons principale du texte qui faisait l'objet de notre précédente prédication, lorsque Jésus disait : « je bâtirai mon Eglise » : l'Eglise est l'œuvre de Dieu pas la nôtre... mais il ne fera rien sans nous !

Dans ce récit, on voit comment le Seigneur a commencé de construire son Eglise... et on voit quelle part les disciples y ont pris. Aujourd'hui comme hier, ce qui est de notre ressort, c'est l'assiduité. Ce qui relève de l'œuvre de Dieu c'est la croissance de l'Eglise. 

C'est dans cette « collaboration » que nous pourrons voir éclore les fruits de l'action de Dieu ! Et nous pourrons dire, à Avignon en 2011 comme à Jérusalem il y a 2 millénaires : « le Seigneur ajoutait à la communauté ceux qu'il sauvait. »

 

questionPour aller plus loin...

Pour aller plus loin, quelques questions bibliques et/ou personnelles...

 


Questions bibliques et théologiques

Plusieurs « tableaux » de la première Église jalonnent les premiers chapitres du livre des Actes, chaque fois après une crise. Lisez ces textes (Ac 4.32-35, 5.12-15 et 6.7) et comparez-le à celui d'Ac 2.42-47.

  • Qu'ont-ils en commun et quelles sont les différences ?
  • Peut-on voir une évolution entre ces différentes descriptions ?
  • Quels sont les liens avec chacune des crises qui les précèdent ?

Questions personnelles

Est-ce que ma vie d'Église est caractérisée par l'assiduité ? Quelle place la vie d'Église occupe-t-elle dans ma vie ?

  • Dans mon emploi du temps ?
  • Dans mes projets ?
  • Dans mes prières ?

 

Rédigé par Vincent

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