Les béatitudes (8) « Heureux les artisans de paix... »

Publié le 25 Avril 2010

 

montagneTel père, tel fils ! Si les artisans de paix seront appelés fils de Dieu, c'est bien parce que Dieu lui-même est artisan de paix. Littéralement, un « faiseur de paix ».


Les « faiseurs de paix » sont des actifs. Il ne s'agit pas seulement d'être paisible ou non-violent. Même si l'un et l'autre sont très bien ! Il s'agit d'agir pour la paix ! Pas seulement des pacifistes mais des pacificateurs ! 


Dieu est le « faiseur de paix » par excellence. Il n'est pas simplement un Dieu paisible, le « bon Dieu » gentil... Il a pris les choses en main pour accomplir son projet de paix pour tous les hommes.


Voici un texte qui nous montre comment Dieu est « faiseur de paix » : Ephésiens 2.14-18


Il a utilisé un moyen : la croix du Christ. La paix a un prix. Celui de la croix. Il n'y a pas de conflit qui se résout sans un prix à payer...


L'objectif : la réconciliation, avec Dieu et entre les hommes. La paix avec Dieu se trouve dans la possibilité d'avoir accès par la foi auprès du Père. Parce que la solution au péché qui sépare de Dieu a été trouvée en Jésus, une relation retrouvée grâce au Christ. La réconciliation entre les hommes par l'Eglise, rassemblant en un seul peuple, Juifs et païens. Un peuple où toutes les barrières doivent tomber.


Voilà comment Dieu est « faiseur de paix » : en envoyant son Fils, qui est mort et ressuscité, pour permettre la réconciliation entre le Créateur et ses créatures, et rassembler ses enfants en un seul et même peuple réconcilié.


Comment s'en inspirer pour être, à notre tour, des « faiseurs de paix » ?



Etre en paix avec Dieu


Il faut commencer par être en paix avec Dieu ! C'est dans la paix avec Dieu que nous puiserons notre force à être des « faiseurs de paix » nous-mêmes. Une paix qui se trouve dans une démarche de foi, de repentance et d'accueil du pardon. La paix avec Dieu naît de ce pardon reçu et s'entretient dans la communion avec lui.


Il faut ensuite prendre conscience que notre paix avec Dieu ne peut se passer d'une paix avec notre prochain. Ce serait comme aimer Dieu sans aimer son prochain... Etre « faiseur de paix », c'est déjà chercher à être en paix avec tous. Etre prêt à vivre le pardon et la réconciliation avec mon prochain.


Mon prochain, c'est d'abord mes proches, mon conjoint, mes parents ou mes enfants, ma famille et mes amis. C'est sans doute là que les conflits sont les plus courants.... c'est la relation du quotidien. C'est aussi là où ils sont les plus douloureux... parce que ce sont des gens qu'on aime. C'est là où il est le plus important d'être des faiseurs de paix...


Mon prochain, c'est aussi celui que je croise sur ma route, sur mon lieu d'étude ou de travail, mes voisins, sur mes lieux de vie, de loisir... Finalement envers eux aussi je suis appelé à être artisan de paix ! Et ce n'est pas toujours facile, parce que lorsqu'il y a conflit, au travail ou entre voisins par exemple, c'est rarement simple à gérer !



Former un peuple réconcilié


Et puis il y a un prochain particulier, c'est mon frère dans la foi...


Nous devons considérer l'Eglise comme un peuple réconcilié (cf. Ephésiens 2). Entre Juifs et non-Juifs, dans le contexte de l'épître. Mais c'est aussi vrai plus largement : « Il n'y a plus ni Juifs ni Grecs, ni esclaves ni hommes libres, ni hommes ni femmes » (Galates 3)

 

Les conflits dans l'Eglise, ça existe évidemment ! Parce que c'est un lieu de relations. Pour qu'il n'y ait plus de conflit, il y a deux solutions : Soit oeuvrer pour la paix, en vue de la réconciliation qui permet la relation. Soit couper la relation. Plus de relation, plus de conflit !


Certains choisissent la deuxième solution ! J'ai même l'impression que c'est même la façon habituelle de vivre l'Eglise pour plusieurs.... On considère l'Eglise non pas comme un lieu de relation mais comme un lieu de consommation spirituelle : on consomme du culte, de la louange, de l'enseignement, de la prière. On consomme même de la « communion fraternelle »... mais une communion fraternelle "light", sans véritable relation.


Mais l'Eglise doit être un lieu de relations... et de réconciliation ! Il y aura des conflits... La seule voie, pour conserver ces relations ou pour les renouer, c'est d'oeuvrer pour la paix. Une communauté de réconciliation comme est appelée à l'être l'Eglise saura vivre le pardon.


Comment prétendre être les enfants du Dieu de paix si nous sommes incapables de former un vraie communauté de paix, où se vit le pardon et la réconciliation ?




Etre des « faiseurs de paix »


J'ai parlé de conflit, de pardon, de réconciliation... c'est l'enjeu de cette béatitude. Parce que nous sommes des êtres de relation. 


« Heureux les artisans de paix... » Nous avons besoin de connaître la paix avec Dieu, sans laquelle nous ne saurions être heureux, au sens des béatitudes ! Et nous avons besoin de vivre cette paix dans nos relations, à tous les niveaux, pour être heureux au sens des béatitudes !


Il y a comme une gradation dans la mise en pratique de cette béatitude :

- Etre en paix. Cela prend racine dans le fait d'être en paix avec Dieu.

-Procurer la paix. C'est la paix intérieure qui transpire de notre être, de notre vie, dans des relations apaisantes.

- Oeuvrer pour la paix. C'est prendre les choses en main pour apporter la paix autour de soi. C'est un oeuvre qui coûte et qui passera nécessairement par le pardon...


On ne peut être de véritables artisans de paix sans avoir préalablement reçu la paix de Dieu et sans la vivre au quotidien, dans notre relation avec lui. Parce que, en réalité, ce n'est pas nous qui faisons la paix. Notre paix, c'est le Christ.  Nous ne faisons que la recevoir, la vivre et la transmettre !



Conclusion


La paix ne se fabrique pas de manière industrielle elle se construit de façon artisanale !


« Heureux les artisans de paix... »


Un artisan a besoin de temps pour faire son travail. Du travail bâclé, c'est du travail de mauvaise qualité, et c'est un travail qui ne tiendra certainement pas longtemps.


La paix se construit dans la durée. Il a fallu des milliers d'années pour que le projet de paix de Dieu aboutisse en Jésus-Christ. Nous n'avons pas trop de toute une vie pour laisser la paix de Dieu faire son oeuvre dans notre coeur. Et instaurer la paix, rétablir la paix ou l'entretenir dans nos relations demande un effort de tous les instants, une persévérance à toute épreuve.


Soyons donc des artisans de paix dans notre quotidien, soyons ensemble une coopérative d'artisans de paix, en étant une communauté réconciliée. C'est ainsi que nous pourrons être, concrètement, les témoins du Prince de la paix !


 

questionPour aller plus loin...

Pour prolonger la réflexion sur cette béatitude, voici quelques questions bibliques et/ou personnelles.

 

 


 

Questions bibliques et théologiques

Lisez Mt 10.34. N'y a-t-il pas une contradiction entre ce texte et notre béatitude ? 

- Comment peut-on résoudre cette contradiction apparente ? (Lisez bien le contexte)

- Doit-on rechercher la paix en toutes circonstances ? 

- Cette béatitude invite-t-elle à la non-violence ?


Questions personnelles

Y a-t-il quelqu'un, dans mon entourage ou dans l'Eglise, avec qui je ne suis pas en paix ? 

- Comment, dans ce cas, pourrais-je être un « faiseur » de paix ?

- Quelle démarche pourrais-je entreprendre pour envisager une réconciliation ? 


 

Rédigé par Vincent

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