La foi, l'espérance et l'amour

Publié le 16 Octobre 2011

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Lecture biblique : 1 Thessaloniciens 1.1-7

Voilà une entrée en matière très élogieuse pour les chrétiens de Thessalonique. Ça doit faire plaisir de recevoir une lettre pareille ! Paul, et bien d'autres, les considèrent comme des modèles. Ne peuvent-ils pas l'être encore pour nous ?

D'autant que l'apôtre Paul les caractérise par les trois vertus centrales dans le Nouveau Testament : la foi, l'espérance et l'amour. Mais ici, il y associe trois autres mots : l’œuvre de la foi, le travail de l'amour, la persévérance de l'espérance.

Une occasion pour nous de revenir à l'essentiel...


L'oeuvre de la foi

L'association des deux mots peut paraître surprenante sous la plume de Paul, lui qui se fait le chantre de la justification par la foi, sans les œuvres !

Il ne faudrait pas déduire de cette expression que la foi serait une "œuvre", que c'est à nous de faire en sorte d'avoir la foi et de la faire grandir. Bref, que la foi serait "notre" œuvre, le fruit de nos efforts... Il s'agit plutôt pour Paul de dire que la foi, d'une manière ou d'une autre, se traduit concrètement en actes. Elle est nécessairement mise en œuvre. La foi est le préalable, l’œuvre de la foi est la manifestation de cette foi.

La foi ne se voit pas... mais elle transparaît dans la vie du croyant. Elle se voit indirectement dans des actes concrets, des attitudes, une façon de vivre.

Une prétendue foi qui ne serait que théorique et qui ne se traduirait pas en actes, serait-ce encore la foi ? La foi est plus qu'une croyance, elle est une relation de confiance qui change notre vie et nos relations aux autres. Finalement, Paul n'est pas si éloigné que cela de Jacques qui dit dans son épître : la foi sans les œuvres est morte.

Au-delà des paroles, même celles de prières ou de cantiques, qu'est-ce qui, dans notre vie, témoigne de notre foi ? Lorsqu'on nous voit vivre, agir au quotidien, comment notre foi se met-elle en œuvre ? Est-ce qu'on peut dire que l’œuvre de notre foi se voit dans notre vie ?

Est-ce qu'on peut dire de nous : "dans sa façon de réagir face à cette situation, dans sa façon d'être en relation avec les autres, dans sa manière d'aborder les problèmes de la vie, les épreuves, on voit l’œuvre de sa foi !"

Visiblement, c'était le cas des chrétiens de Thessalonique, une des raisons pour lesquelles ils étaient considérés comme des modèles.


Le travail de l'amour

Ici aussi, l'association peut surprendre : associer le travail et l'amour... Ce n'est pas très glamour ! Mais dans la Bible, quand on parle d'amour on est loin du sentimentalisme et du romantisme. Dans la Bible, l'amour, ça se travaille !

La pensée biblique n'est pas romantique. La preuve : au cœur des commandements bibliques se trouve l'exhortation à aimer Dieu et à aimer son prochain comme soi-même. Jésus appelle clairement ses disciples : aimez-vous les uns les autres !

Si l'amour n'était qu'une émotion, comment comprendre un commandement nous appelant à aimer ? On ne peut pas contrôler ses sentiments... on ne peut pas décider d'avoir des sentiments pour quelqu'un !

Si dans la Bible l'amour est bel et bien une affaire de cœur, c'est parce que le cœur n'y est pas compris comme le siège des sentiments mais celui de la volonté. Aimer vraiment, c'est choisir d'aimer. Pas se laisser diriger par ses émotions ! Et ça, ça se travaille !

Pour que l'amour dure, il faut y travailler continuellement. C'est un conseil qu'on donne aux jeunes mariés. Et c'est vrai. Mais n'est-ce pas aussi le cas pour notre amour pour Dieu, notre amour pour notre prochain et pour les frères et les sœurs dans la foi ?

Ne devons-nous pas choisir d'aimer en s'intéressant à l'autre, à ses besoins et ses attentes ? Choisir d'aimer en se rendant disponible, en se mettant au service de l'autre... Avons-nous fait ce choix aussi dans notre façon de vivre l’Église ? Dans notre relation à notre prochain ?


La persévérance de l'espérance

Cette fois, l'association des deux termes nous paraît plus naturelle. Si l'espérance nous invite à tourner les regard vers l'avenir, il est bien naturel que la persévérance soit requise. C'est logique... mais est-ce si évident que cela ?

Déjà au premier siècle, les chrétiens s'inquiétaient du fait que le Seigneur tardait à revenir. On en a d'ailleurs plusieurs échos dans cette épître aux Thessaloniciens. Et même à l'échelle de nos vies, n'est-on pas naturellement animé par l'impatience plutôt que la patience ?

Si l'association de la persévérance et de l'espérance est naturelle sur le papier, ça l'est beaucoup moins dans nos vies...

Le terme grec traduit par persévérance pourrait aussi l'être par "endurance". Et l'endurance, ça s'apprend, ça se travaille. Essayez de vous engager dans un marathon sans vous être entraîné avant... Vous n'irez pas bien loin !

On apprend la persévérance dans les épreuves, en encaissant les coups. On devient plus endurant... et on apprend que la patience est une qualité tellement essentielle dans notre vie.
Une espérance sans persévérance n'est plus une espérance. C'est tout au plus un vague espoir... et un vague espoir peut-il être un moteur pour notre vie ? Évidemment non ! Vivre l'espérance, c'est savoir attendre sans pour autant se résigner. Être persévérant, simplement...


Conclusion

La foi, l'espérance et l'amour. Les vertus chrétiennes par excellence ! Mais on pourrait se contenter d'en avoir une vision abstraite. L'exemple des Thessaloniciens nous rappellent qu'elles doivent toutes les trois trouver des manifestations concrètes dans notre vie...

Et ce n'est pas toujours facile. On le comprend quand on considère les trois mots que Paul leur associe ici : oeuvre, travail et persévérance !

La foi, l'espérance et l'amour sont bien les conséquences de l'oeuvre de Dieu en nous. Ils ne sont pas le fruit de nos propres efforts ! Mais il est bon de se souvenir que nous avons quand même notre part à accomplir pour vivre et mettre en pratique ce que Dieu a planté dans notre coeur. Car n'oublions pas que dans la Bible, le coeur est le siège de notre volonté !

Rédigé par Vincent

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