L'exemple de Néhémie

Publié le 10 Octobre 2010

Logo_Michee_court_01.jpg telecharger Ecoutez la prédication ! 

C'est la crise ! L'écart entre les plus pauvres et les plus riches s'accentue, de plus en plus de personnes ne peuvent plus faire face et les puissants, eux, profitent de leur situation privilégiée pour s'en mettre plein les poches... Mais la grogne monte !

 

C'est de la situation au temps de Néhémie que je vous parle... Et bien-sûr, toute ressemblance avec une situation contemporaine serait une pure coïncidence ! Quoique... 

 

Néhémie 5.1-19

 

1 Il s'éleva de la part des gens du peuple et de leurs femmes une grande plainte contre leurs frères judéens.

2 Les uns disaient : Nous, nos fils et nos filles, nous sommes nombreux; nous voulons recevoir du blé, afin de pouvoir manger et vivre.

3 D'autres disaient : Nous engageons nos champs, nos vignes et nos maisons, pour recevoir du blé pendant la famine.

4 D'autres disaient : Nous avons emprunté de l'argent sur nos champs et nos vignes pour le tribut du roi.

5 Pourtant notre chair est comme la chair de nos frères, nos fils sont comme leurs fils; nous réduisons à l'esclavage nos fils et nos filles; plusieurs de nos filles y sont déjà réduites, nous sommes sans ressources, nos champs et nos vignes appartiennent à d'autres.

6 Je fus très fâché lorsque j'entendis leurs cris.

7 Je résolus de faire des reproches aux notables et aux magistrats, et je leur dis : Quoi ! vous prêtez à intérêt à vos frères ! Et je convoquai, à leur sujet, une grande assemblée.

8 Je leur dis : Nous, nous avons racheté selon nos moyens nos frères judéens vendus aux nations; vous, vous vendriez vos frères, et c'est à nous qu'ils seraient vendus ! Ne trouvant rien à répondre, ils se turent.

9 Puis je dis : Vous n'agissez pas bien. Ne devriez-vous pas vivre dans la crainte de notre Dieu, pour ne pas être outragés par les nations, par nos ennemis ?

10 Moi aussi, mes frères et mes serviteurs, nous leur avons prêté de l'argent et du blé. Remettons-leur cette dette, je vous prie !

11 Je vous en prie, rendez-leur aujourd'hui même leurs champs, leurs vignes, leurs oliviers et leurs maisons, ainsi que le centième de l'argent, du blé, du vin et de l'huile que vous avez exigé d'eux comme intérêt.

12 Ils répondirent : Nous les rendrons, nous ne leur demanderons rien; nous ferons ce que tu dis. Alors j'appelai les prêtres, devant lesquels je les fis jurer de tenir parole.

13 Et je secouai la poche de mon manteau en disant : Que Dieu secoue de la même manière hors de sa maison et du produit de son travail tout homme qui n'aura pas tenu parole, et qu'ainsi cet homme soit secoué et laissé à vide ! Toute l'assemblée dit : Qu'il en soit ainsi ! et loua le SEIGNEUR. Et le peuple tint parole.

14 Dès le jour où le roi ordonna que je sois leur gouverneur dans le pays de Juda, depuis la vingtième année jusqu'à la trente-deuxième année du roi Artaxerxès, pendant douze ans, ni moi ni mes frères n'avons vécu des revenus du gouverneur.

15 Avant moi, les premiers gouverneurs accablaient le peuple et percevaient de lui du pain et du vin, ainsi que quarante sicles d'argent; leurs serviteurs eux-

mêmes dominaient en maîtres sur le peuple. Mais moi, par crainte de Dieu, je n'ai pas agi de la sorte.

16 Bien plus, j'ai travaillé à la réparation de cette muraille; nous n'avons acheté aucun champ, et tous mes serviteurs rassemblés étaient à l'ouvrage.

17 J'avais à ma table cent cinquante hommes, Judéens et magistrats, sans compter ceux qui venaient à nous des nations d'alentour.

18 On apprêtait chaque jour pour mon compte un boeuf, six moutons choisis et des volailles; et tous les dix jours on préparait en abondance tout le vin nécessaire. Malgré cela, je n'ai pas réclamé les revenus du gouverneur, parce que le service pesait sur ce peuple.

19 Souviens-toi favorablement de moi, mon Dieu, à cause de tout ce que j'ai fait pour ce peuple !

 

Nous sommes au temps du retour de l'exil à Babylone. Tout est à reconstruire. Ce n'est pas une période facile... 

 

Néhémie est un haut-fonctionnaire, nommé gouverneur à Jérusalem par l'empereur perse Artaxerxès. Il dirige les travaux pour la reconstruction des murailles de la ville. Mais tout ne se passe pas sans heurts. Des conflits externes se manifestent : les populations maintenant installées dans la région craignent d'être chassées à leur tour. Et maintenant, des dissensions internes surgissent, à cause d'une crise économique et sociale. 

 

Certains n'ont tout simplement plus assez à manger. Ils ont faim et demandent du blé pour pouvoir survivre. On peut imaginer que si tous ont participé à la reconstruction de la muraille de la ville, les champs ont dû être délaissés...

 

D'autres doivent hypothéquer leurs terre pour acheter du blé. D'autres enfin ont dû s'endetter pour payer l'impôt impérial. On en est arrivé à un tel point que certains envisagent de vendre leurs enfants comme esclave... et certains l'ont déjà fait !

 

La crise que nous vivons aujourd'hui nous ferait presque oublier les 1,4 milliards d'hommes et de femmes dans le monde qui vivent avec moins d'un euro par jour... Parmi lesquels certains sont poussés jusqu'aux mêmes extrêmités intolérables, en vendant leurs propres enfants, pour l'adoption... ou la prostitution. 

 

Le Défi Michée veut nous faire réentendre leur voix... une voix qui ce matin passe par celle de Néhémie. 

 

D'autant que si la situation propre à Néhémie était liée au contexte du retour de l'exil, les ressorts que le texte révèle ont un caractère d'universalité : les plus pauvres ne peuvent plus faire face, et les puissants profitent de la situation. Ici, ils n'interviennent pas et se moque de rétablir la justice. Et en plus ils contractent des prêts avec intérêts à leurs compatriotes... alors que la loi de Moïse l'interdisait formellement !

 

Mais Néhémie ne peut se satisfaire d'une telle situation dramatique. Qu'en est-il de nous ? 

 

L'attitude de Néhémie se caractérise par trois étapes :

  • Il est sensible aux cris des démunis
  • Il se met en colère et interpelle les notables
  • Il donne l'exemple par son attitude

 

Trois étapes d'une attitude exemplaire... alors que nous, trop souvent, on en reste à la première étape ! Et encore...

 

Entendre

 

Néhémie se met en colère parce qu'il entend la plainte des plus démunis. Et il comprend combien la situation est injuste. En tant que gouverneur, il n'entend pas la voix des notables seulement mais il est attentif à celle des petits.

 

Quelle est notre capacité à entendre la voix des petits et des démunis ? 

 

Le Défi Michée nous rend attentif à ce que le flot d'informations qui passe par nos écrans de télévision ou d'ordinateur a tendance à noyer... Parler de pauvreté n'est pas très vendeur à la télévision...

 

Et pourtant, garder intacte notre capacité d'entendre la souffrance, c'est garder intacte notre capacité d'aimer... et de s'indigner contre l'injustice. 

 

Toute la Bible nous parle d'un Dieu qui n'est pas insensible à la souffrance, qui entend le cri des petits et porte toute l'attention aux humbles. Si nous lui appartenons, nous devons être capables d'entendre la voix de ceux qui souffrent !

 

 

Interpeller

 

La première résolution de Néhémie, c'est d'interpeller les notables et de leur faire des reproches. Il était gouverneur, un personnage influent, et sa voix allait donc compter...

 

Néhémie demande deux choses : annuler les dettes (v.10) et remettre le trop perçu des champs, de l'argent et du blé (v.11). Une demande dans l'esprit de la loi du Jubilé qui proposait, tous les sept ans, de remettre les compteurs à zéro pour remettre à flots ceux qui avaient sombré dans la pauvreté.

 

L'extrême pauvreté est bibliquement intolérable. Non pas dans une perspective communiste utopique du partage égalitaire. Mais au nom de l'amour pour le prochain : laisser sombrer qqn dans l'extrême pauvreté, c'est une non assistance à personne en danger...

 

Mais que faire, nous, aujourd'hui ? Interpeller, ce n'est pas râler. Ça, on sait faire : râler contre les puissants, fustiger les politiques, décrier les riches... Un des aspect du Défi Michée est d'interpeller les responsables politiques qui se sont engagés dans les objectifs du Millénaire pour lutter contre la pauvreté.

 

Si notre voix ne porte pas, elle faut qu'elle s'unisse à celle des autres... Et si elle est encore amplifiée par la prière, alors nous pourrons avoir ensemble un pouvoir d'interpellation !

 

 

Montrer l'exemple

 

A partir du verset 14, Néhémie fait le bilan sur l'attitude qu'il a adoptée, renonçant à certains privilèges auxquels il avait droit en tant que gouverneur parce que cela aurait eu des conséquences néfaste sur le peuple. 

 

Néhémie n'était pas un donneur de leçons, il montrait l'exemple par son attitude. En cela, il est aussi un exemple pour nous. Parce qu'il est facile, pour le chrétien de devenir un donneur de leçons. 

 

Pour éviter cet écueil, la seule voie est celle d'une attitude exemplaire. Commençons chacun à notre échelle !

 

Par exemple, en adoptant un style de vie simple, avec une gestion responsable de nos biens. En intégrant dans nos budgets personnels la dimension du don, du partage.

 

Ou en saisissant les occasions qui se présentent à nous pour exercer l'hospitalité, l'accueil, l'entraide... Comme nous y invite la parabole du bon Samaritain...

 

N'oublions pas que celui qui nous a montré l'exemple d'une vie d'humilité, en renonçant à ses droits par amour pour nous, c'est bien Jésus-Christ. Il a renoncé à sa gloire pour devenir comme nous, en se faisant serviteur, jusqu'à la mort sur la croix. Y a-t-il un exemple plus frappant que celui-ci ?

 

 

Conclusion

 

C'est la crise ! Sans doute en somme-nous tous, plus ou moins, affectés. Mais est-ce une raison pour oublier ceux qui, même sans la crise, vivent dans une extrême pauvreté ? Nos épreuves et nos difficultés ne doivent pas nous rendre sourds aux cris de ceux qui souffrent, au près comme au loin. Peut-être devraient-elles même aiguiser notre ouïe...

 

A l'exemple de Néhémie, et à l'exemple suprême de notre Seigneur, demandons au Seigneur :

  • de bonnes oreilles pour entendre les cris de ceux qui souffrent
  • une langue bien pendue pour avoir le courage de dire ce qui ne va pas et d'exercer une force d'interpellation
  • des pieds et des mains solides pour montrer l'exemple par notre attitude

 

Mais tout cela ne sera possible que si le Seigneur nous donne un coeur gros comme ça, rempli de son amour pour tous les hommes !

 

 

questionPour aller plus loin...

Pour prolonger la réflexion, voici quelques questions bibliques et/ou pratiques.

 

 

Questions bibliques et théologiques

Le Défi Michée tient son nom de Michée 6.8. Relisez ce texte, dans son contexte, et comparez-le à celui de Néhémie 5. 

  • En quoi les deux textes se rejoignent-ils ? 
  • Quelles sont les exhortations et les comportements similaires ?

 

Questions pratiques

Comment l'exemple de Néhémie raisonne-t-il dans ma vie ? 

  • Ai-je gardé intact ma capacité à entendre ceux qui souffrent ? 
  • Suis-je prêt, à mon niveau, à prendre le risque de l'interpellation sans devenir un « donneur de leçons » ?

Rédigé par Vincent

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Déborah k.c. 12/10/2010 16:01


Merci pour cet enseignement très actuel.


Vincent 12/10/2010 16:06



Merci ;)