« Je viens bientôt ! »

Publié le 4 Septembre 2011

Lecture biblique : Apocalypse 22.16-21

 

ecouter Ecouter la prédication                                         PDF Télécharger le texte de la prédication

 

Dimanche dernier, nous avions relevés trois affirmations bizarres du dernier chapitre de l'Apocalypse. Trois affirmations déconcertantes qui, pourtant, se sont révélées être stimulantes une fois décryptées. Mais il y en a encore une qu'on n'a pas relevée, qui en plus réapparaît dans les versets lus ce matin. C'est cette affirmation, si simple et si claire de Jésus lui-même : « Je viens bientôt ».

Pourquoi bizarre ? Parce que ça fait près de 2000 ans qu'elle a été écrite ! 2000 ans, c'est beaucoup pour « je viens bientôt », non ? Comment faut-il le comprendre ?


Une réponse

L'affirmation « je viens bientôt » encadre la conclusion de l'Apocalypse (au v. 7 et au v.20) mais on y fait référence tout au long du chapitre. A commencer par le verset 17 où plusieurs appels y font écho.

Mais comme souvent dans ce chapitre, il n'est pas toujours facile de discerner qui parle...

Premier appel : « L'Esprit et la mariée disent : Viens ! ».
Ici, c'est clair. L'Esprit, c'est le Saint-Esprit. La mariée, c'est l'Eglise. Cet appel exprime l'attente des croyants, entretenue par l'Esprit saint qui habite en eux.

Deuxième appel : « Que celui qui entend dise : Viens ! »
Là, on ne sait pas trop qui parle (Jésus, l'ange ?) mais on comprend qui est visé : celui qui entend, c'est le croyant, celui qui prête attention à la prophétie. Autrement dit, si on comprend le message de l'Apocalypse, on demandera au Seigneur : « Viens ! » La venue du Seigneur est bien au cours de la révélation.

Troisième appel : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne de l'eau de la vie, gratuitement ! »
Là encore, qui parle ? L'ange ou Jésus ? Remarquez qu'il ne s'agit plus de dire « viens » mais de répondre à l'appel et de venir. Comme si, ici, c'était Jésus qui parlait. Et c'est lui qui dit : « viens ! » En fait, il disait pratiquement la même chose en Jn 7.37 : « Jésus, debout, s'écria : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive ! »

Quelle conclusion tirer de tout cela ?
Qu'il est normal et légitime que les croyants attendent le retour du Seigneur et espèrent son retour. C'est le Saint-Esprit qui alimente cette attente, légitimée par le message de l'Apocalypse lui-même.
Mais aussi, dans une certaine mesure, que Jésus est déjà « venu » puisqu'il nous appelle déjà aujourd'hui à venir vers lui.


Voilà qui illustre parfaitement la tension dans laquelle se trouve le croyant, entre ce qui est déjà accompli et ce qui ne l'est pas encore. On ne peut pas parler du retour de Jésus seulement comme un événement à venir en oubliant sa présence, déjà réelle, par son Esprit aujourd'hui. Entrer dans l'espérance c'est aussi vivre la communion avec le Christ aujourd'hui !

Mais on ne peut pas se limiter non plus à cette « venue » en Esprit et oublier qu'il doit encore venir en gloire pour parachever son oeuvre. Sinon notre espérance aurait un goût d'inachevé !

Voilà ce qui se cache derrière ce « je viens bientôt ». L'expression est ambiguë à cause de cette tension : il est déjà là mais en même temps il n'est pas encore revenu.


Un dialogue

La deuxième fois que Jésus dit « Je viens bientôt » dans ce passage, c'est tout à la fin, avec une certaine solennité, introduite par « Moi, je l'atteste... », et en lien avec plusieurs mises en garde soulignant l'importance et le sérieux de la révélation reçue par Jean.

« Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » (v.20)

Mais à quelle partie de phrase doit-on rattacher le « Amen ! » ? Doit-on comprendre : « Oui, je viens bientôt. Amen ! » ou « Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! » ?
Dans le premier cas, Amen appuie le « oui, je viens bientôt ». Il signifie alors : « oui, c'est vrai, c'est sûr : je viens bientôt !»
Dans le deuxième, Amen introduit la réponse du croyant. Il signifie alors : « oui, s'il te plaît, enfin ! Viens !».

Les deux sont possibles mais ce qui est sûr, c'est qu'ici l'affirmation du retour du Seigneur n'est pas un simple exposé théologique froid. C'est un dialogue entre Jésus qui doit venir et les croyants qui attendent sa venue. Presque un dialogue amoureux entre le Christ et l'Eglise, entre l'époux et sa mariée, encore séparés dans l'attente du jour du mariage.

Un dialogue qui exprime l'attente, presque la frustration liée à la situation un peu précaire ou du moins incomplète du temps présent.  Mais lorsque Jésus dit « je viens bientôt », il invite le croyant à la patience et la persévérance.

S'il avait dit « je reviendrai un jour... », ça aurait créé soit la crainte (« je me vengerai »), soit la perplexité (« un jour... »).

Mais s'il dit « je viens bientôt », c'est pour susciter en nous l'espérance, l'attente, l'envie de voir revenir celui qu'on aime et qui nous aime.

Ça signifie aussi que la meilleure façon de se préparer à la venue du Seigneur, c'est d'entretenir le dialogue avec lui ! Car Celui qui doit venir bientôt est aussi déjà là, par son Esprit.



Conclusion

Dans notre texte, le retour du Seigneur n'apparaît pas comme une simple affirmation théologique mais comme l'expression d'une espérance vivante. Une espérance qui se vit certes dans une certaine frustration mais aussi dans la joie de l'attente.

Une espérance qui s'entretient dans un dialogue, une communion, certes encore partielle, mais bien réelle.

Bref, c'est une chose de dire : « le Seigneur va revenir », de façon assez impersonnelle. C'en est une autre que lui-même dise : « Je viens bientôt » ! Et c'en est encore une autre de dire : « Viens, Seigneur Jésus ! »


Pour aller plus loin

Questions bibliques et théologiques
Plusieurs textes de l'évangile de Jean peuvent entrer en écho avec notre texte. Lisez par exemple Jean 14.18-23.

  • Quelles affirmations de Jésus rappellent certains éléments de notre texte ? Apportent-elles des éléments nouveaux ?
  • Lisez l'ensemble de Jean 14-16 et relevez les affirmations qui peuvent être mises en lien avec notre texte.

Questions personnelles
Quels sentiments la perspective du retour du Seigneur suscite-t-elle en moi ?

  • Quelle place cette perspective a-t-elle dans mes prières ?

Rédigé par Vincent

Commenter cet article