« Je suis la porte »

Publié le 15 Mai 2011

ecouter Ecouter la prédication

PDF Télécharger le texte au format PDF


Jean 10.1-10
1 Amen, amen, je vous le dis, celui qui n'entre pas dans l'enclos à moutons par la porte, mais qui l'escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un bandit.
2 Mais celui qui entre par la porte est le berger des moutons.
3 C'est pour lui que le gardien ouvre la porte; les moutons entendent sa voix; il appelle ses propres moutons par leur nom et les mène dehors.
4 Lorsqu'il les a tous fait sortir, il marche devant eux; et les moutons le suivent, parce qu'ils connaissent sa voix.
5 Ils ne suivront jamais un étranger; ils le fuiront, parce qu'ils ne connaissent pas la voix des étrangers.
6 Jésus leur tint ce discours figuré, mais eux ne surent pas ce qu'il leur disait.
7 Jésus leur dit encore : Amen, amen, je vous le dis, c'est moi qui suis la porte des moutons.
8 Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits; mais les moutons ne les ont pas écoutés.
9 C'est moi qui suis la porte; si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira et trouvera des pâturages.
10 Le voleur ne vient que pour voler, abattre et détruire; moi, je suis venu pour qu'ils aient la vie et l'aient en abondance.

Quand on évoque Jean 10, on pense en général à Jésus comme le bon berger... Un berger qui aime ses moutons, dont le troupeau connaît la voix, un bon berger prêt à donner sa vie pour ses moutons. Mais on oublie parfois que Jésus n'est pas seulement le bon berger de la parabole : il est aussi la porte de l'enclos !

« Je suis la porte... » Mais quel genre de porte ? Si Jésus est une porte, quel genre de porte est-il pour vous ?

Une porte de prison ? Une porte qui se referme sur nous et qu'on ne peut plus ouvrir. Jésus représenterait alors un maître tyrannique, qui nous tient prisonnier d'une religion, de contraintes et d'interdits...

Une porte fermée ? Cadenassée, on essaye en vain de l'ouvrir parce qu'on ne possède pas la clé. Jésus, ce qu'il a dit, ce qu'il a fait, tout cela resterait un mystère incompréhensible...

Une vieille porte qui ne sert plus à rien ? On se demande comment elle tient encore debout... Jésus ne serait qu'un homme qui a vécu il y a 2000 ans et qui n'a plus rien à nous dire aujourd'hui...

Mais c'est une autre porte à laquelle Jésus s'identifie dans cette parabole. La porte de l'enclos des brebis :

« C'est moi qui suis la porte ; si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira et trouvera des pâturages. » (v.9)

 

Jésus est la porte 

Au temps de Jésus, on mettait les troupeaux à l'abri pour la nuit, dans des enclos en pierre. Ils étaient ainsi protégés des bêtes sauvages... mais pas forcément de voleurs ou de brigands mal intentionnés qui pouvaient entrer par effraction en escaladant l'enclos. Il fallait que le berger garde le troupeau la nuit. 

C'est bien ce que Jésus décrit dans cette parabole. La porte est l'entrée normale, légitime de l'enclos. C'est par elle que le berger entre alors que les voleurs passent par un autre chemin. 

En disant qu'il est la porte, Jésus affirme qu'il est l'entrée légitime de l'enclos. La métaphore souligne la légitimité de Jésus contre ceux qui sont des voleurs. Il est le Messie légitime. En tant que Fils de Dieu devenu homme, il est la porte légitime. Celui qui entre par lui sera sauvé !

Et il souligne du coup qu'il y a aussi des usurpateurs qui n'entrent pas dans l'enclos de manière légitime. Ils sont comparés à des voleurs et des bandits, car leurs intentions sont douteuses. Dans le contexte immédiat, les voleurs pourraient bien être les chefs religieux... alors qu'ils devraient être des bergers pour le peuple, ils l'asservissent par une religion faite de contraintes et profitent de leur influence pour asseoir leur pouvoir au détriment du peuple. 

Il n'y a qu'un berger comme il n'y a qu'une porte. Le seul à entrer par la porte, le seul berger légitime, c'est Jésus. Et tous ceux qui, au temps de Jésus, ou aujourd'hui dans l'Eglise, voudraient prendre sa place, sont des voleurs et des brigands.

 

Entrer par la porte

Si les voleurs pouvaient escalader le mur, la seule entrée pour les moutons était de passer par la porte. C'était le seul moyen de se retrouver en sécurité, d'être sauvé. 

Mais il ne faudrait pas se tromper. Etre sauvé, dans cette parabole, c'est moins être dans l'enclos que faire partie du troupeau qui passe par la porte. 

Car Jésus n'est pas l'enclos, il est la porte de l'enclos ! Il ne s'agit pas seulement d'entrer et de rester dans l'enclos mais bien d'entrer et de sortir. Entrer pour trouver une protection dans l'enclos. Sortir pour trouver des pâturages. 

Le salut, ce n'est pas d'être enfermé dans l'enclos, c'est d'être avec le berger et passer par la porte avec lui. La parabole souligne d'ailleurs l'intimité avec un berger dont on connaît la voix, un berger qui nous connaît chacun par notre nom. On pourrait se dire qu'un mouton, c'est un mouton. Ils sont tous pareils... Eh bien non, le berger appelle chaque brebis par son nom ! 

Le salut, c'est ça ! Connaître le berger et être connu par lui. Retrouver l'intimité avec le Seigneur, en le suivant comme notre berger, en ayant accès à l'enclos et aux pâturages par la porte, parce que nous faisons partie de son troupeau. 

Trop souvent on considère le salut comme une mise à l'écart du monde. Et on attend, tant bien que mal, que le Seigneur revienne ou qu'il nous rappelle à lui... Et on se plaint que la vie chrétienne est difficile, que les contraintes sont lourdes, que Satan se déchaîne contre nous, que le monde nous persécute... Si bien que finalement on a l'impression que le salut, c'est pour plus tard, quand on sera délivré de cette vie ici-bas. Et on s'étonne qu'on ne donne pas envie d'être chrétien... 

Mais nous avons notre berger, qui nous mène par la porte pour nous mettre à l'abri ou pour nous conduire dans les pâturages. Etre sauvé, c'est être conduit par le berger et recevoir de lui la vie, dès aujourd'hui, et la vie en abondance.

Je ne dis pas que tout est rose et merveilleux dans la vie chrétienne ! Il y a des voleurs et des brigands qui ont de mauvaises intentions et il faut rester vigilant. Mais le salut n'est pas pour demain seulement. Il se reçoit et se vit dès aujourd'hui, dans l'intimité avec notre Berger et dans l'appartenance à un même troupeau. 

 

Entrer et sortir !

Un mouton n'est pas fait pour rester dans un enclos mais pour aller dans les pâturages. Ce n'est que la nuit que les moutons sont dans l'enclos, pour être protégé des dangers... La journée, leur place est dans les pâturages !

C'est pourquoi Jésus dit qu'il est la porte et parle d'entrer ET de sortir ! La précision n'est pas anodine. Il ne s'agit pas de rester enfermés dans l'enclos, sous prétexte que dehors c'est dangereux ! Une porte, c'est fait pour entrer et pour sortir.  

Et des enclos, il y en a aussi dans un jardin zoologique. Mais là on n'utilise pas de porte pour sortir... Un mouton dans un jardin zoologique, on lui apporte sa nourriture et il ne sort jamais de son enclos. Et il y a des chrétiens qui sont comme ça. Ils restent dans leur bulle, leur Eglise, on les nourrit, on s'occupe d'eux... et ils ne mettent jamais le nez dehors, dans les pâturages de notre monde !

L'Eglise pourrait être comparée à un enclos mais pas à un enclos d'un jardin zoologique. Il faut bien rentrer dans l'enclos pour la nuit, pour se reposer en paix. L'Eglise pourrait être cet enclos, lieu de ressourcement et de paix. Mais notre place est aussi dans les pâturages de notre monde. N'attendons pas que les visiteurs viennent nous voir dans notre enclos... allons les retrouver dans les pâturages !

La vie en abondance promise dans cette parabole, elle n'est pas pour ceux qui restent enfermés dans l'enclos. Elle est pour ceux qui entrent et qui sortent par la porte !

 

Conclusion

« C'est moi qui suis la porte ; si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira et trouvera des pâturages. » (v.9)

C'est une belle image du salut que le Seigneur nous offre. 

  • Ce n'est pas une porte de prison, parce que nous avons la liberté d'entrer et de sortir. 
  • Ce n'est pas une porte cadenassée, parce que le berger l'ouvre pour nous.
  • Ce n'est pas une vieille porte inutile, parce que le salut et pour nous aujourd'hui, si nous entendons la voix du berger qui nous appelle par notre nom.

Jésus est la porte, il est aussi le berger. Nous sommes des brebis et notre place est dans l'enclos et dans les pâturages, avec le reste du troupeau, à la suite de notre berger.

 

questionPour aller plus loin...

Pour prolonger la réflexion, voici quelques questions bibliques et/ou personnelles...


 

Questions bibliques et théologiques

En plus de se comparer à une porte, Jésus se compare à un berger. Lisez le texte jusqu'au verset 18. 

  • A quels personnages, le berger Jésus se compare-t-il ? De quel genre de comparaison s'agit-il ?
  • Que nous apprennent ces comparaisons sur Jésus-Christ et son oeuvre ?
  • Quel lien peut-il y a avoir entre « Jésus-la-porte » et « Jésus-le-berger » ?

Questions personnelles

Dans cette parabole, Jésus se comparait à la porte d'un enclos. Essayez de trouver d'autres portes qui pourraient illustrer ce que Jésus est pour vous !

  • Sur quoi ces portes ouvrent-elles ?

Rédigé par Vincent

Repost 0
Commenter cet article