Etre ouvert sur le monde...

Publié le 18 Mars 2012

ecouter Ecouter la prédication                        PDF Télécharger le texte de la prédication

(Cette prédication a été donnée dans le cadre d'un culte au cours d'une assemblée générale d'Eglise)

 

Suite à la dernière AG et à l'enquête effectuée à cette occasion, nous avions pu formuler une phrase résumant la vision, le projet pour notre Eglise :

« Notre communauté désire cultiver l'ouverture, à l'Esprit de Dieu et sa Parole, les uns aux autres, et sur notre monde. »

C'était en effet le mot "ouverture" qui ressortait clairement de l'enquête. Une ouverture à cultiver puisqu'elle existe sans doute déjà... Mais on ne peut pas se contenter d'en rester là : une ouverture qui ne se cultive pas, c'est une ouverture qui se perd !

Et parmi les trois dimensions de l'ouverture mentionnées, je voudrais ce matin m'arrêter sur la troisième : l'ouverture sur notre monde. En y réfléchissant, le verset sans doute le plus connu de la Bible m'est revenu à l'esprit. Un verset qui donne l'exemple de l'ouverture dont Dieu a fait preuve envers le monde :

 Oui, Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. Ainsi, tous ceux qui croient en lui ne se perdront pas loin de Dieu, mais ils vivront avec lui pour toujours. (Jean 3.16)

 

L'ouverture, c'est de l'amour !

Dieu a aimé le monde ! Il a aimé ceux qui ne l'aimaient pas. Ceux qui se sont révoltés contre lui. Ceux qui ont voulu se passer de lui, oublier qu'il était leur Créateur. Et il l'a tellement aimé qu'il a envoyé son Fils unique dans le monde. 

Il ne l'a pas envoyé seulement pour observer ou transmettre un message. Comme s'il n'avait fait que passer... Le Fils est devenu un être humain. Le Dieu tout-puissant, un petit enfant... Plus encore, il l'a envoyé en sachant qu'il serait mal reçu, et même rejeté, et même condamné et tué ! 

L'ouverture sur le monde que nous voulons vivre, n'est-elle pas un écho à cet amour immense de Dieu pour le monde ? L'ouverture telle que nous l'entendons n'est-elle pas une forme d'amour, dans l'accueil, dans l'attention portée à l'autre, dans la volonté de rejoindre les besoin de l'autre et de recevoir ce qu'il peut nous apporter ? 

S'il est évident de parler d'amour pour Dieu. Si on comprends bien qu'on parle d'amour les uns pour les autres dans l'Eglise. Qu'en est-il de l'amour pour le monde ? Dieu a tant aimé le monde... Et nous ? Car nous sommes concernés. Jésus n'est plus dans le monde... il nous a passé le flambeau. C'est ce qu'il dit, à la fin de sa vie ici-bas, dans la prière qu'il prononce en faveur de ses disciples :

Jean 17.13-20
13 « Maintenant, Père, je vais auprès de toi. Mais, je dis ces paroles dans le monde, pour qu'ils aient en eux-mêmes ma joie, une joie totale.
14 Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a détestés. En effet, ils n'appartiennent pas au monde, comme moi, je n'appartiens pas au monde.
15 Je ne te demande pas de les retirer du monde mais je te demande de les protéger du Mauvais.
16 Ils n'appartiennent pas au monde, comme moi, je n'appartiens pas au monde.
17 Fais qu'ils soient entièrement à toi par la vérité. Ta parole est la vérité.
18 Tu m'as envoyé dans le monde, de la même façon, je les envoie dans le monde.
19 Pour eux, je m'offre moi-même entièrement à toi. Alors, ils seront, eux aussi, entièrement à toi par la vérité.
20 « Je ne prie pas seulement pour mes disciples. Je prie aussi pour ceux qui croiront en moi à cause de leur parole.

 

 

Le monde n'est pas notre ennemi !

Parfois, dans la Bible, "le monde" désigne une réalité dont il faut se méfier, voire même se séparer. La séparation du monde fait d'ailleurs partie des notions développées dans les Eglises évangéliques. Mais j'ai peur que parfois on l'ait mal compris...

Car il ne faut pas se tromper d'ennemi ! Dans la prière de Jésus, notre ennemi n'est pas le monde mais le Mal, ou le Mauvais. Celui avec qui nous n'avons aucun contact à avoir, c'est le diable, pas les non-croyants !!!

« Je ne te demande pas de les retirer du monde mais je te demande de les protéger du Mauvais. » (v.15)

Quand on parle de séparation d'avec le monde, on ne parle pas des gens ! Il ne s'agit pas de se couper de nos contemporains parce qu'ils pourraient nous contaminer, nous influencer dangereusement... 

Il y a bien dans le monde, dans toute société, et de tout temps, des valeurs, des pratiques, des philosophies, qui sont contraires à l'Evangile. C'est de cela qu'il faut se séparer. Refuser de se fondre dans la masse et de suivre les opinions majoritaires lorsqu'elles entrent en contradiction avec les valeurs de l'Evangile. De tout temps, il y a ce travail de discernement à faire. 

Mais pas de se séparer des gens ! Pas de refuser par principe toute innovation, toute pensée, toute culture issues de notre société ! Au contraire, l'ouverture sur le monde, c'est aussi savoir accueillir ce qu'il y a de bon dans le monde. 

 

Vivre dans le monde

L'ouverture sur le monde implique bien plus qu'une simple adaptation de notre langage dans les prédications, l'intégration de la musique moderne dans la louange ou le fait d'avoir un site Internet. Ca, ce n'est qu'un traitement de surface... 

L'enjeu, il est dans notre quotidien ! Pas seulement dans nos cultes et dans notre évangélisation. Comment vivons-nous dans le monde ? 

Revenons encore une fois à l'exemple donné par Jésus ! Il allait voir ceux qu'on rejetait. Ceux que les chefs religieux considéraient comme impurs ou infréquentables, à cause de leur comportement ou même de leur maladie, il allait les voir. Quelle ouverture ! Et il ne se contentait pas d'aller les évangéliser pour vite repartir chez lui. Il allait chez eux. Il mangeait avec eux ! Il vivait avec eux...

Trop souvent les chrétiens ont ressemblé à des disciples des Pharisiens plus qu'à des disciples de Jésus ! Prompts à juger, à se considérer comme des purs ou milieu des impurs... et à préférer rester entre eux pour ne pas être contaminés ! 

Notre ouverture sur notre monde commence dans le regard que nous portons sur lui. Un regard de jugement ou d'amour ? Un réflexe de recul, de crainte ou une volonté de comprendre, d'accueillir ?


Conclusion

Dieu a tant aimé le monde qu'il a envoyé son Fils ! Et le Fils nous envoie à notre tour dans le monde... pour l'aimer. Pour y vivre l'Evangile, pour y être témoin en paroles et en actes de la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ. 

Mais nous ne pourrons l'être que si nous avons une réelle ouverture sur nos contemporains. Une ouverture qui renonce à juger pour accueillir. Une ouverture qui reste malgré tout vigilante, car tout n'est pas bon et utile dans le monde. 

Mais n'oublions pas que dans le commandement : "tu aimeras ton prochain comme toi-même", le prochain est celui qui croise ma route ici-bas, quel qu'il soit !

Rédigé par Vincent

Repost 0
Commenter cet article