Ensemble !

Publié le 9 Mai 2010

 

ensemble.jpgRegardez autour de vous ! Qu'est-ce qu'on fait tous ici ? 

Il y a des ouvriers, des cadres d'entreprise, des enseignants, des artistes...

Il y a ceux qui n'écoutent que du hard metal et ceux qui pensent que c'est une musique limite satanique, les fans de l'OM et ceux qui détestent le foot, ceux qui ne ratent pas un épisode de « Desperate Housewives » et ceux qui n'ont même pas la télé à la maison, ceux qui aime l'art, la peinture et les expositions et ceux qui n'auraient même pas l'idée de passer la porte d'un musée... 

Combien de nationalités représentées ? Combien de cultures, d'éducations, d'arrière-plans religieux différents ?

Et je ne parle même pas des opinions politiques, y compris de ceux qui n'en ont rien à faire !


Quel mélange disparate ! Je me demande ce que vous faites tous ici ! Et pourtant nous sommes bien là. Et parce qu'on partage la même foi, on essaye de vivre ensemble. C'est cela le défi de l'Eglise...  


Dès le début de l'histoire de l'Eglise, ce défi a dû être relevé. Comment faire vivre ensemble, dans l'Eglise, les chrétiens d'origine juive et ceux d'origine païenne ? Avec leurs cultures, leurs traditions, leurs modes de pensée si différents... Et le débat s'est longtemps cristallisé sur la question de la circoncision.


Lecture : Ac 15.1-2


A leur arrivée à Jérusalem un grand débat s'est instauré. Les différents partis ont exposé leur position : des pharisiens convertis, Pierre, Paul et Barnabas, Jacques, et bien d'autres encore sans doute ! Enfin, une décision fut prise...


Lecture : Ac 15.22-29


Discerner ensemble


« Il a paru bon au Saint-Esprit et à nous-mêmes... ». La formule souligne une compréhension particulière du discernement de la volonté de Dieu, qui passe par la concertation et l'écoute communautaire.


Mais comment ont-ils procédé ? Ils ont fait une réunion de prière et ont attendu que la solution tombe du ciel ? Non... Ils se sont réunis. Ils ont discuté. Chacun donnait son point de vue et défendait sa position : Paul, des Pharisiens convertis, Pierre, Jacques... ça a dû chauffer !


Et de la discussion, de l'écoute mutuelle, est sortie une décision... qui a été attribuée autant aux personnes réunies qu'au Saint-Esprit !


L'Eglise est l'oeuvre de l'Esprit saint... mais à travers des hommes et des femmes ! C'est ensemble qu'on entend la voix de l'Esprit !


Ne faisons pas de l'écoute de la voix de l'Esprit qu'une affaire personnelle, individuelle. En réalité, nous pourrions bien sur ce point être en train de subir l'influence de notre époque individualiste ! Il nous faut retrouver cette dimension communautaire du discernement, y compris dans décision personnelles. Ne cherchons pas la volonté de Dieu seuls dans notre coin, même en prière et une Bible à la main... Demandons conseil, prions avec d'autres, partageons et discutons. 


Ensemble, on entend mieux la voix de l'Esprit !


Vivre ensemble


La décision telle qu'exprimée dans la lettre d'Actes 15 a pour but de permettre aux chrétiens d'origine païenne et ceux d'origine juive de continuer à vivre ensemble dans l'Eglise. 


La principal pierre d'achoppement tournait autour de la question de la circoncision. Fallait-il contraindre les païens à se faire circoncire ? Dans la lettre, la réponse est claire : la circoncision n'est pas exigée pour les chrétiens d'origine païenne, elle n'est pas une condition pour être sauvé ! Mais elle n'est pas pour autant abolie pour les chrétiens d'origine juive !


Il reste finalement quelques recommandations, présentées comme ce qui est « indispensable ». Il y a débat sur ce point mais je ne pense pas qu'il s'agisse ici d'interdits absolus, valables tels quels pour tous les temps. Ces recommandations sont liées au contexte de l'époque. Dans ce contexte, elles étaient « indispensables ».


Il y avait le respect de certaines règles alimentaires, essentiellement liées à la question des viandes sacrifiées aux idoles. Sujet particulièrement sensible dans le contexte romain polythéiste. Mais pas de mention des animaux purs et impurs selon la Loi de Moïse... 


Il y avait aussi le rejet de l'inconduite sexuelle. C'est une exigence éthique. Ce sujet-là étant particulièrement sensible dans le contexte de la culture romaine !


Concrètement, ça veut dire que dans l'Eglise, plusieurs pratiques allaient cohabiter. Il y aura des gens qui se feront circoncire parce qu'ils sont Juifs et d'autres non parce qu'ils sont païens. Certains mangeront du porc (les romains en mangeaient !) d'autres non. Et tout cela sans remettre en cause l'unité de l'Eglise. Parce que l'unité n'est pas l'uniformité !


Ne recherchons pas plus l'uniformité aujourd'hui ! La force de l'Eglise est dans sa diversité. C'est la seule condition pour que chacun puisse y trouver sa place, pour que l'autre puisse nous enrichir... 


Quelle est ma capacité à accepter la différence ? Jusqu'où suis-je prêts à aller sans juger mon frère qui prie différemment de moi, qui ne place pas les mêmes limites que moi dans sa vie, qui s'autorise ce que je m'interdis et s'interdit ce que je m'autorise... ?


Construire ensemble


Bref, non seulement pour vivre ensemble mais pour construire ensemble une Eglise solide et vivante, il faut arriver à instaurer un cadre souple sur un fondement ferme. 


Un cadre qui sera sans cesse à réévaluer et à adapter. L'équilibre d'une Eglise est toujours instable. Mais un fondement qui restera inamovible : Jésus-Christ. 


Tout cela implique une nécessaire hiérarchisation de la vérité, une capacité à discerner où est l'essentiel sur lequel ne pas transiger et où est le secondaire.


La capacité à hiérarchiser les valeurs est une marque de maturité spirituelle. Tout mettre sur le même plan, c'est peut-être sécurisant pour soi, mais c'est faux. C'est une attitude légaliste, culpabilisante et avilissante. De plus, elle conduit au jugement de l'autre et même, parfois, à l'orgueil. 


La capacité à discerner où est l'essentiel est aussi une marque de maturité spirituelle. Tout mettre sur le même plan, c'est avouer qu'on n'est pas au clair sur l'essentiel. Quel est selon vous l'essentiel de l'Evangile ? Le socle inamovible sans lequel tout s'écroule. Les affirmation de foi sur lesquelles on ne transige pas, où aucun compromis n'est possible ? Sans doute celles qui tournent autour de Jésus-Christ, sa mort et sa résurrection, et le salut reçu par la foi seule. 


Cette fermeté sur l'essentiel et cette souplesse d'un cadre permettant de vivre ensemble est indispensable à une vie d'Eglise. Parce que sans fermeté sur l'essentiel, ce n'est plus une Eglise mais une simple association cultuelle administrative. Et sans souplesse dans le cadre, ce n'est plus une Eglise mais une secte où on n'admet aucune marge de manoeuvre possible. 


Conclusion


Regardez autour de vous ! Considérez l'Eglise que nous formons ce matin, dans toute sa diversité. Et souvenez-vous que cette diversité est notre richesse ! Nous partageons la même foi en Jésus-Christ, sauveur et Seigneur. Mais la manière concrète dont nous vivons, chacun, cette foi, revêt une grande diversité ! 


Si nous voulons poursuivre ensemble, discerner ensemble la volonté de Dieu, vivre ensemble et construire ensemble une Eglise qui glorifie le Seigneur, il faut que nous entrions dans cette diversité. En renonçant au jugement et au légalisme. En n'espérant pas que les autres deviennent comme nous ou que nous devenions comme les autres. 


En étant simplement corps du Christ, unis mais pas uniformes, solidaires et complémentaires, pour la gloire de celui qui est la tête du corps : Jésus-Christ !

 

 

questionPour aller plus loin...

Pour prolonger la réflexion, voici quelquies question bibliques et/ou personnelles...

 

 



Question biblique et théologique

Selon vous, les restrictions mentionnées au verset 29 sont-elles valables pour tous les chrétiens de tous les temps ou liées au contexte de l'Eglise primitive (tenez bien compte de l'ensemble du chapitre 15) ? Justifier bibliquement votre réponse.


Question personnelle

Comment est-ce que je réagis lorsque je suis confronté à un croyant qui ne vit pas sa foi comme moi, qui s'autorise certaines pratiques que je ne m'autorise pas ou qui fixe certaines limites que je ne fixe pas pour moi ?

- Ma réaction dans de telles circonstances est-elle juste ?

- Qu'ai-je le plus de mal à accepter chez les autres croyants ?

 

Rédigé par Vincent

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