Ecouter Dieu, vraiment...

Publié le 27 Mars 2011

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Assez souvent, les Psaumes commencent mal et se terminent bien. Ils commencent avec des cris de détresse ou des doutes, et ils se terminent dans la louange et l'expression de la confiance en Dieu. 

Dans le Psaume que nous allons lire ce matin, c'est l'inverse ! Tout commence très bien... mais ça se termine mal !

Psaume 95
1 Poussons des cris de joie pour le SEIGNEUR !
 Acclamons le Rocher de notre salut !
2 Allons au-devant de lui avec reconnaissance,
avec des psaumes acclamons-le.
3 Car le SEIGNEUR (YHWH) est un grand Dieu,
c'est un grand roi au-dessus de tous les dieux.
4 Il tient dans sa main les profondeurs de la terre,
et les sommets des montagnes lui appartiennent.
5 La mer lui appartient, c'est lui qui l'a faite;
la terre ferme aussi, ses mains l'ont façonnée.
6 Venez, prosternons-nous, courbons-nous,
fléchissons le genou devant le SEIGNEUR qui nous fait.
7 Car il est notre Dieu,
et nous sommes le peuple qu'il fait paître,
le troupeau que sa main conduit.
Si aujourd'hui vous l'écoutiez !
8 Ne vous obstinez pas comme à Meriba,
comme au jour de Massa, dans le désert,
9 où vos pères m'ont provoqué
en m'éprouvant, bien qu'ils aient vu mon action.
10 Pendant quarante ans, j'ai eu cette génération en dégoût
et je dis : C'est un peuple dont le coeur est égaré;
ils ne connaissent pas mes voies.
11 Aussi j'ai juré dans ma colère :
En aucun cas ils n'entreront dans mon repos !

Si on s'était arrêté au verset 7, on aurait dit : quel beau psaume de louange ! On aurait eu envie de changer un cantique joyeux ! Mais il y a la deuxième partie du psaume...

A y regarder de près, c'est un peu comme si dans cette deuxième partie, Dieu répond aux paroles de louange du peuple. Car c'est bien le Seigneur qui parle à partir du verset 8. Et avouons qu'il casse un peu l'ambiance ! 

Le contraste est saisissant : 

  • « Nous sommes le peuple qu'il fait paître... » Euh... vraiment ? Vous en êtes sûrs ? 
  • « Nous sommes le troupeau que sa main conduit... » Tu parles ! Vous ne l'écoutez même pas !!!

C'est bien là le problème ! L'écoute... La deuxième partie de ce psaume nous interpelle sur la qualité de notre écoute du Seigneur. 


Ecouter, voilà l'essentiel !

« Si aujourd'hui vous écoutiez... » Voilà la phrase qui fait tout basculer dans ce psaume !

Les paroles qui suivent, mises dans la bouche du Seigneur, constituent une sérieuse mise en garde. 

Une belle confession de foi c'est bien... mais pas suffisant ! L'essentiel est d'écouter, de vraiment écouter. On peut entendre sans écouter, écouter sans comprendre, comprendre sans mettre en pratique. La véritable écoute de Dieu passe par toutes ces étapes.

Une écoute attentive. Elle demande de l'effort, parfois de la discipline. Elle demande en premier lieu, pour nous, de prendre le temps de la prière et d'ouvrir notre Bible...

Une compréhension sans cesse renouvelée. Pas seulement se contenter de ce qu'on sait, de ce qu'on a appris. Mais se demander ce que Dieu veut nous dire aujourd'hui, maintenant !

Une mise en pratique nécessaire. C'est le signe qu'il y a eu appropriation, réelle écoute d'une parole qui n'est pas entré dans une oreille pour ressortir par l'autre, sans rien changer dans ma vie.


Ecouter Dieu avec le coeur

Ce psaume souligne qu'il y a un problème de coeur ! C'est le coeur qui entend la voix de Dieu... pas seulement les oreilles ! 

 

Le coeur est une notion riche dans la Bible. Moins siège des sentiments que de la volonté, les dispositions intérieures... Seule l'écoute avec le coeur conduit à la mise en pratique !

Il y a dans ce psaume deux mises en garde à propos du coeur :

  • v.8 : (littéralement) « N'endurcissez pas votre coeur »
  • v.10 : « c'est un peuple dont le coeur est égaré »

Un coeur dur, endurci, c'est un coeur fermé. Qui ne laisse rien entrer, qui ne se laisse pas façonner. Un coeur enfermé dans une carapace d'orgueil, de peur, de préjugés... Il n'entend pas Dieu lui parler... mais ce n'est parce que Dieu ne parle pas. C'est parce qu'une carapace le rend imperméable à la parole de Dieu. Brisez la carapace, et vous pourrez entendre la voix de Dieu !

Un coeur égaré, c'est un coeur perdu. Incapable d'entendre ou qui entend mais ne comprend plus. Il entend bien Dieu lui parler, mais il ne comprend pas. Ou il comprend de travers, il interprète mal. Il a perdu les clés pour comprendre.

Peut-être ce matin êtes-vous dans une de ces situations... Peut-être avez-vous l'impression que Dieu ne vous parle plus, ou que vous ne comprenez plus ce qu'il vous dit. Peut-être vous êtes-vous construit petit à petit une carapace rendant votre coeur dur ? Peut-être, avec le temps, la routine, avez-vous laissé votre coeur s'égarer loin du Seigneur. 

Il est peut-être temps, aujourd'hui, de quitter cette carapace, ou de retrouver le chemin de l'intimité avec le Seigneur.. Il est peut-être temps de retrouver un coeur ouvert et confiant !

 

Le repos est pour ceux qui écoutent

Pourquoi la fin de ce psaume est-elle si noire ? N'y a-t-il donc aucun espoir ? 

C'est d'abord une référence à l'histoire du peuple d'Israël. Massa et Mériba (« épreuve » et « dispute ») font référence à un épisode où le peuple s'est révolté contre Dieu parce qu'il avait soif, dans le désert, après la sortie d'Egypte. Ils avaient vite oublié les prodiges déployés par Dieu pour les délivrer de l'esclavage... Leur incrédulité, leur manque de confiance en Dieu les ont conduit à l'errance pendant 40 ans. 

Mais cette histoire est aussi, un peu la nôtre. Notre coeur est-il vraiment différent du leur ? Ne risque-t-il pas aussi de s'endurcir et de s'égarer ? 

Il ne tient qu'à nous de changer le ton négatif de jugement à la fin de ce psaume en un ton positif de promesse dans notre vie. Car si Dieu parle d'un repos dans lequel le peuple n'est pas entré, c'est bien qu'il a un repos à proposer.

L'auteur de l'épître aux Hébreux l'a bien compris. Lui qui cite ce psaume comme une promesse : 

Hébreux 4.3-7
3 En effet, nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il a dit :
J'ai donc juré dans ma colère :
En aucun cas ils n'entreront dans mon repos !
Ses oeuvres étaient cependant faites depuis la fondation du monde;
4 en effet, il a dit quelque part, à propos du septième jour : Et Dieu se reposa de toutes ses oeuvres le septième jour.
5 Et encore dans ce passage : En aucun cas ils n'entreront dans mon repos !
6 Ainsi, puisqu'il est réservé à certains d'y entrer, et que ceux qui avaient reçu les premiers cette bonne nouvelle n'y entrèrent pas, à cause de leur refus d'obéir,
7 il institue encore un jour – « aujourd'hui » – en disant bien longtemps après, par David, comme il a été dit plus haut :
Aujourd'hui, si vous entendez sa voix,
ne vous obstinez pas.

Si, avec un coeur endurci et égaré, on n'entre pas dans le repos de Dieu, avec un coeur ouvert et confiant, le repos de Dieu nous est promis. 

Ce repos, c'est celui du salut qu'il nous offre en Jésus-Christ : un salut que l'on reçoit par la foi, la confiance que seul un coeur ouvert peut recevoir.

 

Conclusion

Finalement, ce psaume se termine mal seulement si on ne retient pas le leçon du passé. Car si on reste attentif à la voix de Dieu et qu'on prend au sérieux ses mises en garde, nous n'avons rien à craindre !

Au contraire, il offre son repos à ceux qui gardent un coeur ouvert et confiant, à ceux qui savent écouter la voix du Seigneur. Et si, aujourd'hui, vous l'écoutez, alors vous pourrez pousser des cris de joie pour le Seigneur et acclamer le Rocher de votre salut !


questionPour aller plus loin...

Pour prolonger la réflexion, voici quelques questions biblique et/ou personnelles.

 


Questions bibliques et théologiques

Relisez l'épisode de Massa et Mériba (Exode 17.1-7). En quoi dans ce texte le coeur des Israélite est-il endurci et égaré ? 

  • Quelles sont les « carapaces » qui rendent leur coeur dur ?
  • Quelles mauvaises compréhension du Seigneur témoignent d'un coeur égaré ?

Questions personnelles

 Quelles sont les « carapaces » qui « durcissent » mon coeur devant le Seigneur (habitudes, traits de caractère, peurs...) ?

  • Quel processus puis-je mettre en place pour y remédier ?

 

 

 

 

Rédigé par Vincent

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