Aimer sans hypocrisie

Publié le 23 Juin 2013

››› Ecouter la prédication

››› Télécharger le texte de la prédication


Lecture biblique : Marc 12.28-44

Après les attaques de mauvaise foi contre Jésus, par les Pharisiens et les Sadducéens, voici une question honnête et sincère de la part d'un maître de la Loi. Oh, il connaissait la réponse ! Il y a bien, un peu, une dimension de test de sa part. Il veut voir si Jésus répond correctement à une question importante. Mais il ne le fait pas pour le piéger ! Sans doute juste pour avoir une meilleure connaissance du personnage. Et Jésus perçoit qu'il n'y a aucun piège. Il répond donc directement, et clairement. La réponse est classique, fondée sur l'Ecriture. Il n'y a pas un mais deux commandements les plus importants : aimer Dieu et aimer son prochain.

Dans sa réponse le maître de la Loi montre qu'il a bien compris ce que dit Jésus. Il reformule sa réponse, apporte quelques commentaires... C'est un maître de la Loi quand même ! Il n'y a qu'un seul Dieu, c'est pourquoi nous devons l'aimer de tout notre coeur, sans partage. Et aimer son prochain, c'est plus important que tous les sacrifices et tous les actes de piété. En tout cas, ce qu'il dit est juste et Jésus le reconnaît : « Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu »...

Ce maître de la Loi a compris... mais ce n'est pas le cas de tous ! Et Jésus le dit ensuite en contestant d'une part leur interprétation de l'Ecriture en ce qui concerne le Messie et d'autre part leur façon de vivre leur piété.

Concernant le Messie, les maîtres de la Loi, comme tous les Juifs croyants, attendaient un roi, descendant de David. Mais Jésus cite le Psaume 110, écrit par David, un psaume messianique dans lequel il appelle le Messie son « Maître ». Comment peut-il appeler un de ses descendants son maître, sinon parce qu'il sera plus que cela ? C'est ce que Jésus souligne. Certes, le Messie sera « fils de David » mais il sera plus que simplement humain. Les maîtres de la Loi ne sont pas aussi maîtres de la Loi que cela, puisqu'ils n'ont pas tout compris... Jésus écorne un peu leur autorité.

Concernant leur piété, la critique est plus vive. Jésus dit explicitement à tous : n'agissez pas comme eux ! Jésus dénonce clairement leur hypocrisie, leur piété ostensible. Ils n'aiment pas prier, ils aiment être vus en train de prier. Ils aiment qu'on les voie, qu'on les respecte et qu'on les salue. Ils aiment être reconnus comme importants... et à côté de cela, « ils prennent aux veuves tout ce qu'elles ont. » Littéralement, « ils dévorent les maisons des veuves ». Ce sont des ogres sans coeur. Y compris avec les veuves, les plus fragiles, celles qui, justement, auraient besoin d'être aidées...

N'est-ce pas aussi ce dont témoigne le dernier épisode de notre texte, avec l'offrande de la pauvre veuve ? C'est, bien-sûr, un exemple de générosité extraordinaire de la part de cette pauvre femme qui donne tout ce qu'elle a. Mais fallait-il qu'elle aille jusque-là ? N'y était-elle pas obligée par l'enseignement des maîtres de la Loi ? Parce qu'ils ne « dévoraient » pas les maisons des veuves en allant les cambrioler, mais bien par leur enseignement et leur incitation à une piété formelle, religieuse, légaliste. Y compris pour les plus fragiles.

Que retenir de ces épisodes ?

Que la priorité pour les croyants, c'est l'amour. L'amour pour Dieu et l'amour pour le prochain. Mais il ne faut pas que cela reste théorique, il faut que ça se concrétise dans notre quotidien. Les maîtres de la Loi apparaissent du coup comme les contre-exemples à ne surtout pas suivre. Une connaissance presque parfaite, en théorie, de la Loi. Mais une mise en pratique lamentable, hypocrite et sans coeur.


L'amour : le seul absolu

L'amour est le seul absolu pour le croyant. Les sacrifices, les offrandes, les actes religieux... tout le reste est relatif. Y compris nos Eglises, nos théologies et nos bonnes oeuvres. Le seul absolu qui demeure, c'est l'amour. Mais un absolu qui a deux faces : l'amour pour Dieu et l'amour pour le prochain.

L'amour pour Dieu doit être sans partage. Parce qu'il est le seul Dieu. Le fameux texte du Deutéronome le rappelle et insiste avec force :

Écoute, peuple d'Israël, le SEIGNEUR notre Dieu est le seul SEIGNEUR.
Tu dois aimer le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton coeur, de tout ton être et de toute ta force. (Deutéronome 6.4-5)

Mon amour pour Dieu est-il sans partage ? Il s'agit, non pas de croire mais d'aimer. Non pas un peu, au même titre que d'autres centres d'intérêts ou d'autres passions, mais de tout notre coeur.

N'est-ce pas trop exigent ? Excessif ? Trop exclusif ? Mais le seul Dieu, Créateur du ciel et de la terre, notre Créateur, peut-il attendre moins ? D'autant que lui, nous aime. Et qu'il l'a montré au plus haut point en envoyant son Fils, mourir pour nous sur la croix !

Quant au deuxième commandement, il ne vient pas après parce qu'il serait moins important mais parce qu'il découle du précédent. Il est l'autre face de la même pièce. Aimer Dieu c'est aussi aimer mon prochain, et réciproquement. Parce que mon prochain est une créature faite à l'image de Dieu. Quel qu'il soit ! Je ne peux pas prétendre aimer Dieu et ne pas aimer mon prochain...


L'hypocrisie : l'ennemi intime de l'amour

Bien-sûr que l'amour a plein d'ennemis : la haine, la violence, la jalousie... C'est évident. Trop évident... C'est pourquoi Jésus en dénonce un autre. Un ennemi plus sournois, un ennemi intime. Il s'agit de l'hypocrisie, que Jésus dénonce si souvent.

L'hypocrisie est l'ennemi intime de l'amour parce qu'elle le dénature. Et c'est vrai tant de l'amour pour Dieu que de l'amour pour le prochain.

L'hypocrisie devant Dieu ne trompe que les autres, voire nous-même. Comme les maîtres de la Loi qui prient non pour être vu et entendu par Dieu mais pour être vu et entendu par les autres. Pour qu'ils apparaissent comme de remarquables croyants. Mais le Seigneur, lui, n'est jamais dupe.

Par contre, l'hypocrisie dans l'amour du prochain est bien plus grave. Parce que mon prochain peut être trompé, et blessé.

L'hypocrisie fait semblant de s'intéresser à l'autre pour ne s'intéresser en réalité qu'à soi-même. L'hypocrisie s'enrobe de belles paroles, sur l'amour fraternel, sur la tolérance, sur l'amitié... mais calcule le meilleur moyen d'en tirer le meilleur profit.

Une relation basée sur l'hypocrisie ne peut qu'aller dans le mur... et ça fait toujours mal !


Conclusion

Aimer sans hypocrisie. Voilà à quoi nous sommes appelés. Et cela est vrai autant dans notre relation à Dieu que dans nos relations les uns avec les autres.

Mais attention, renoncer à l'hypocrisie peut vous exposer à une relation authentique ! Vous pourriez être transformés dans une relation d'amour vrai avec Dieu. Vous pourriez changer d'avis sur vos frères et vos soeurs en laissant tomber les masques Vous pourriez même découvrir qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir et qu'on est enrichi dans le service mutuel.

Mais c'est un risque qu'il vaut le peine de courir, non ?

Rédigé par Vincent

Repost 0
Commenter cet article